Panama

Amérique du Nord

PIB / Habitant ($)
17409,6 $
Population (en 2021)
4,4 Millions

Evaluation

Risque Pays
B
Climat des affaires
A4
Précédemment :
B
Précédemment :
A4

suggestions

Résumé

Points forts

  • Canal interocéanique et infrastructures connexes (ports, aéroports, routes, chemins de fer) (10% du trafic maritime mondial, 16% de la capacité de transport mondial)
  • Zone franche de Colón, deuxième plus grande plate-forme d'import-export au monde
  • Système monétaire et financier dollarisé, facilitant l’accès aux marchés de capitaux
  • Centre bancaire et financier régional desservi par un excellent réseau de télécommunications
  • Potentiel touristique

Points faibles

  • Fortement exposé à la conjoncture économique nord et sud-américaine
  • Faibles recettes fiscales (13% du PIB)
  • Lacunes en matière d'éducation et de formation professionnelle
  • Grandes disparités socio-économiques entre la zone du canal et le reste du pays (coefficient de GINI de 49,8)
  • En l’absence de banque centrale domestique, politique monétaire tributaire de la Réserve Fédérale américaine
  • Opération du Canal de Panama fortement exposée aux effets du changement climatique (sécheresse, hausse du niveau de la mer)
  • Corruption, favoritisme et clientélisme
  • Majorité d’emplois informels

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Chine
39%
Europe
15%
Japon
15%
Corée du Sud
6%
Inde
4%

Import des biens en % du total

États-Unis d'Amérique 24 %
24%
Chine 11 %
11%
Europe 7 %
7%
Mexique 4 %
4%
Costa Rica 3 %
3%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

L’économie devrait conserver une croissance résiliente

En 2022, l’économie a poursuivi sa reprise consécutive à la profonde récession provoquée par la pandémie de la COVID-19, permettant au PIB d’excéder son niveau d’avant-crise. La reprise du commerce extérieur (83% du PIB), des exportations de biens et services (trafic du Canal, réexportation, services financiers, cuivre et or, tourisme) ont soutenu une croissance robuste. Pour 2023, même si elle restera relativement robuste, la croissance décélèrera. Si la consommation des ménages continuera de soutenir l’activité, l’inflation la pénalisera. Les mesures de soutien en réponse aux mouvements sociaux de l’été 2022, et plus particulièrement la probable poursuite des subventions visant les produits de base (carburants et certains produits alimentaires), contiendront la hausse des prix et son impact sur la dépense. De plus, cette dernière devrait aussi être appuyée par la baisse du chômage qui se poursuivra, alors que la reprise de l’emploi post-pandémie est encore incomplète. La hausse des taux d’intérêt américains, et donc panaméens, freinera les nouveaux investissements privés. Toutefois, ils devraient rester porteurs pour la croissance, car le rôle du pays en tant que carrefour logistique et les zones franches restent propices à l’investissement. Les avantages et incitations pour les entreprises multinationales mis en place par les autorités pour établir le pays en centre de « nearshoring » en Amérique Latine pourraient encourager les investissements dans le secteur manufacturier. De plus, le gouvernement poursuivra ses investissements dans les infrastructures (8% du budget pour 2023) avec, par exemple, les projets de quatrième pont au-dessus du canal et de troisième ligne de métro à Panama City qui soutiendront le secteur du bâtiment (4 milliards d’USD). Le ralentissement du commerce mondial, réduira les revenus tirés de la réexportation. Les services de logistique en pâtiront. Cependant, ces recettes resteront soutenues par la montée en puissance des exportations minières, à mesure que les capacités de production de la mine de Cobre (cuivre et or) augmentent.

Consolidation budgétaire soutenue, légère amélioration du compte courant

En 2022, la réduction du déficit budgétaire s’est poursuivie. Le doublement en 2016 des capacités du canal de Panama (environ 20% des recettes publiques), un programme de consolidation budgétaire et la réduction progressive des aides liées à la COVID-19 y ont contribué. Pour 2023, malgré la charge croissante de la dette publique (17 % du budget pour 2023) dans un contexte de hausse des taux (18 % des titres publics sont émis à taux flottant), la trajectoire du déficit devrait rester descendante. Le gouvernement continuera les efforts de consolidation budgétaire dans l’objectif d’atteindre un déficit fiscal de 1,5% du PIB en 2025. La réduction des dépenses publiques se concentrera sur celles de fonctionnement (49% du budget 2023), avec notamment une baisse prévue de 10 % des effectifs de la fonction publique. Parallèlement, la dépense d’investissement en capital dans les infrastructures restera une priorité. Toutefois, les concessions des autorités, suite aux importants mouvements sociaux de l’été 2022, tempèreront la réduction de la dépense. Les services sociaux se voient attribuer 42 % du budget 2023, les services de santé, l’éducation et la protection sociale recevant, respectivement, 17 %, 11 % et 7 % du budget général. L’effort de consolidation budgétaire sera accompagné par l’augmentation des recettes publiques, grâce au renouvellement du contrat entre le gouvernement et First Quantum Minerals, qui exploite la mine de Cobre, qui s’accompagnera d’une hausse des redevances minières perçues (désormais de 16% contre 2% auparavant). De plus, les autorités se sont engagées à relever les péages du Canal. Le déficit restera essentiellement financé par des sources extérieures. La dette publique extérieure, 84% du stock, demeure importante, mais le risque de surendettement demeure tempéré. Les actifs financiers et le fonds souverain contribuent à une dette nette plus faible (53,8% en 2022). Les conditions d’accès aux marchés internationaux resteront avantageuses, malgré la fin, en janvier 2023, de l’accord avec le FMI sur « la ligne de précaution et de liquidité » (2,7 milliards de USD). Le ratio de dette sur PIB poursuivra sa diminution.

En 2023, le déficit courant devrait se réduire, après que la hausse de la facture d’importations (particulièrement énergétiques) a contribué à son aggravation en 2022. Si le déficit de la balance commerciale restera large, il devrait s’alléger, principalement grâce aux exportations minières. Celui du compte des revenus continuera de peser, grevé par le rapatriement des revenus des investissements étrangers. L’amélioration de l’ample excédent du compte des services contribuera à la réduction du déficit courant, bénéficiant de la reprise du tourisme qui compensera une légère diminution des recettes associés aux services logistiques. Les larges flux d’IDE, dont les bénéfices réinvestis, financeront le déficit courant. Sous l’effet de la reprise post-pandémique, la réduction de l’endettement des banques ne diminuera que légèrement la dette extérieure privée. Les réserves de change couvriront environ 4 mois d’importations.

Lutte contre le blanchiment d'argent et gestion des conflits sociaux

L’actuel président Laurentino Cortizo du Parti révolutionnaire démocratique (PRD) de centre-gauche, a été élu en mai 2019 pour un mandat de cinq ans. Avec son partenaire de coalition de centre-droite, Movimiento Liberal Republicanista, le PRD détient 40 des 71 sièges jusqu’aux prochaines élections générales du 5 mai 2024. La coalition a pour priorité l’assainissement budgétaire, la lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption. Le gouvernement doit faire face au mécontentement de la population, alimenté notamment par les lents progrès en matière de lutte contre le clientélisme et dans les réformes constitutionnelles promises par la coalition. L’insatisfaction a été intensifiée par les hausses des prix du carburant, qui ont contribué à l’éclatement de mouvements sociaux d’envergure à l’été 2022. Si les manifestations et grèves se sont calmées, la confiance vis-à-vis du gouvernement ne s’est pas améliorée (72,2% de défiance à la fin de l’été 2022). Malgré les concessions du budget général pour 2023 et les subventions des produits énergétiques et alimentaires jusqu'en octobre 2022, les tensions sociales demeurent fortes, faisant planer le risque de nouveaux mouvements sociaux.

Si le pays demeure un partenaire privilégié des Etats-Unis, il s’est rapproché de Pékin à des fins commerciales. En 2017, il a rompu ses liens diplomatiques avec Taïwan. Toutefois, son ouverture vis-à-vis de la Chine demeure précautionneuse pour ne pas froisser Washington. Le président Cortizo freine depuis son élection les investissements chinois dans le canal de Panama. Le Canal de Panama conserve sa neutralité dans le conflit russo-ukrainien. Le refus de fermeture du Canal aux navires russes est motivé par des considérations commerciales.

Dernière mise à jour :avril 2023

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