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Angola

Angola

Population 29,3 millions
PIB par habitant 3621 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -0,2 -1,2 -1,5 -0,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 29,8 19,6 17,2 16,9
Solde public / PIB (%) -5,8 -0,5 -1,5 -1,4
Solde courant / PIB (%) -0,5 6,1 0,9 -0,7
Dette publique / PIB (%) 69,3 89,0 95,0 89,9

(e) : estimation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importante production pétrolière et producteur de gaz naturel liquéfié
  • Potentiel économique considérable : diamant, fer, or, cuir, agriculture, pêche, ressources hydroélectriques
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité au retournement des cours pétroliers
  • Chômage élevé, fortes inégalités sociales et disparités régionales
  • Déficience des infrastructures
  • Fragilité du secteur bancaire
  • Conflit avec les séparatistes de l’enclave de Cabinda

appréciation du risque

Le déclin du secteur pétrolier pèse sur l’activité

Après quatre années de contraction du PIB, précipitée par la baisse des cours du pétrole et entretenue par le déclin de la production dans les champs arrivés à maturité, l’activité continuerait à pâtir des mauvaises perspectives pour ce secteur, qui représente 40 % du PIB. La baisse de la production de brut, consécutive à l’insuffisance des investissements dans les activités de prospection ces dernières années, ne serait pas enrayée par la montée en puissance des deux unités de production et de stockage du projet Kaombo (mises en service en 2018 et 2019). Le repli du cours du pétrole attendu en 2020 pèsera un peu plus sur les recettes pétrolières, dont le pays est extrêmement dépendant en raison de l’absence de diversification de l’économie, limitant l’investissement public, notamment dans les projets d’infrastructures. La consommation privée souffrirait d’une inflation encore élevée et d’une charge fiscale importante, pesant sur le pouvoir d’achat des ménages. L’appui du FMI ainsi que les mesures menées pour améliorer la transparence dans la gestion des ressources attireraient les investisseurs privés étrangers, même si le déficit infrastructurel, la lenteur et l’inefficacité des institutions et la corruption endémique demeurent des obstacles déterminants. Le 177e rang (sur 190) occupé par le pays dans le classement Doing Business 2020 (perte de quatre places par rapport à 2019) témoigne ainsi d’un environnement des affaires très défavorable pour les entreprises.

 

Risque de surendettement encore important

Sous programme FMI depuis décembre 2018, condition nécessaire à l’obtention d’une Facilité élargie de crédit de 3,7 milliards USD (3,6 % du PIB), le pays devrait poursuivre une gestion budgétaire prudente. L’introduction d’accises sur de nombreux produits générerait une hausse des recettes, tandis que la réduction des subventions aux carburants et des transferts aux entreprises nationales réduirait les dépenses. Ces dernières sont dominées par le service de la dette, absorbant près de la moitié des recettes. Les dépenses sociales sont un autre poste d’importance. Le déclin des recettes pétrolières (60 % des recettes totales) empêcherait la réduction du déficit budgétaire, financé par des sources bilatérales (Chine principalement) et multilatérales, ainsi que par des émissions obligataires (Eurobonds). Le Programme de privatisation 2019/2022 (supervisé par la Banque Mondiale), incluant notamment la société pétrolière Sonangol, pourrait également participer au financement. Après avoir culminé en 2019, principalement en raison de la dépréciation du kwanza, la dette publique, libellée à plus de 80 % en devises étrangères, devrait baisser en 2020. Néanmoins, le risque de surendettement reste substantiel, la dette étant très vulnérable aux dépréciations de la monnaie et aux variations du prix du pétrole. La santé du secteur bancaire est précaire : la qualité des actifs s’est détériorée après les années de faible activité (les créances douteuses représentent 30 % du total des crédits).

Après le large excédent de 2018, dû à la reprise des cours pétroliers, le compte courant est revenu proche de l’équilibre, pénalisé par la diminution de l’excédent commercial. La faiblesse des prix et de la production de pétrole réduit les recettes d’exportation, là où les exportations pétrolières représentent plus de 92 % du total. L’augmentation des importations, en lien avec les investissements pétroliers, associée à la dépréciation du kwanza, pèse aussi. Les déficits des services et des revenus, largement liés à l’activité pétrolière, pourraient légèrement se réduire, en lien avec l’activité modérée du secteur. Les envois de fonds des travailleurs étrangers installés en Angola continuent d’alimenter le déficit de la balance des transferts. Les financements bilatéraux et multilatéraux, ainsi que les IDE, couvriront largement le faible déficit courant. Les réserves de change sont suffisantes pour couvrir environ cinq mois d’importations (bien que divisées par deux entre 2013 et 2018). La libération totale du change, opérée en octobre 2019 avec la suppression de la bande de fluctuation de 2 %, et la dépréciation consécutive de 20 % du kwanza ont permis d’alléger la pression sur les comptes extérieurs, mais pas de réduire l’écart entre le taux officiel et celui du marché parallèle, annonciateur d’une poursuite de la dépréciation.

 

Malgré les réformes, les défis socio-économiques demeurent

Depuis sa prise de fonction en 2017, le président João Lourenço a enclenché de nombreuses mesures visant à réduire l’influence de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos (au pouvoir pendant 38 ans), et de sa famille sur l’économie du pays. Néanmoins, si les enquêtes judiciaires visant les enfants du président dos Santos, Isabel et José Filomeno, ont envoyé un signal fort en matière de lutte contre la corruption, le pays peinera à se défaire de leur empreinte. Plus généralement, les défis socio-économiques restent importants, et les sources de tensions sociales multiples, pour une population souffrant de la pauvreté, d’inégalités persistantes et du faible accès au logement, à l’éducation et aux services de santé. Sur le plan extérieur, les relations avec la Chine resteront fortes. Le président chercherait aussi à renforcer les liens avec les pays voisins, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine, ratifiée en mai 2019 par le Parlement angolais. Les relations avec la République démocratique du Congo devraient s’apaiser sous l’effet de nouvelles présidences dans les deux pays et leur volonté de créer une relation de partenariat.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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