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Angola

Angola

Population 30,1 millions
PIB par habitant 2 968 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -2,0 -0,9 -4,0 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 19,6 17,2 21,0 19,0
Solde public / PIB (%) 2,2 0,8 -2,5 -0,3
Solde courant / PIB (%) 7,0 5,7 -1,7 0,1
Dette publique / PIB (%) 89,0 110,0 125,0 115,0

(e) : estimation (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importante production pétrolière et producteur de gaz naturel liquéfié
  • Potentiel économique considérable : diamant, fer, or, cuir, agriculture, pêche, ressources hydroélectriques
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Très lourd endettement public (à 55% commercial, avec intérêts absorbant un tiers des recettes)
  • Vulnérabilité au retournement des cours pétroliers
  • Chômage élevé, fortes inégalités sociales, pauvreté (56% en 2020) et disparités régionales
  • Déficience des infrastructures (transport, adduction et assainissement d’eau, éducation…)
  • Faible qualification de la main d’œuvre
  • Fragilité du secteur bancaire
  • Conflit avec les séparatistes de l’enclave de Cabinda

appréciation du risque

Reprise principalement liée aux hydrocarbures, malgré les efforts de diversification

L’économie angolaise a été, pour la sixième année consécutive, en récession en 2020 suite à la crise de la COVID-19. Très dépendant du secteur des hydrocarbures (40% du PIB et 96% des exportations), le pays a été confronté à l’effondrement des cours du pétrole et aux contraintes de l’accord OPEP+ en matière de production. En 2021, la croissance économique de l’Angola devrait progressivement reprendre en lien avec le redressement de la demande pétrolière et la modeste augmentation de ses quotas de production. Cependant, la production continuera d’être brider en raison du manque d’investissements depuis plusieurs années et des contraintes de l’OPEP+. Le gouvernement tente de diversifier son économie en développant d’autres secteurs comme l’agriculture (11% du PIB, mais 50% de la population active). Ce secteur dispose d’un fort potentiel et a été sous développé pendant des années (sur 53 millions d’hectares de terres arables, seulement 5 sont utilisés). Aussi, il pourrait attirer de nombreux investissements étrangers.
La consommation des ménages (58% du PIB) a fortement reculé en conséquence d’une forte inflation poussée par la dépréciation du kwanza et le manque de devises, de la baisse des revenus et de la hausse du chômage (plus de 30% en 2020 contre 20% en 2018). Afin de limiter l’impact sur la population le gouvernement a mis en place des aides sociales inclues à un plan de relance, comprenant également des dépenses sanitaires (s’élevant à 120 millions de dollars). Ce dernier, mais aussi la réduction des pressions inflationnistes et l’augmentation des revenus agricoles liée à la bonne récolte de 2020, permettront à la demande intérieure de se redresser en 2021. Les investissements étrangers, négatifs depuis plusieurs années, en raison du manque de diversification de l’économie, de la corruption endémique et du climat des affaires difficile, le sont restés en 2020. En 2021, ils ne devraient pas reprendre, car les privatisations sont repoussées au regard du contexte économique. Cependant, le gouvernement a mis en place en 2018 un programme de privatisations, qui concerne un grand nombre d’entreprises pétrolières et diamantaires comme par exemple Sonangol et Endiama, qui vise à attirer les IDE. Les investissements publics continueront d’être bridés, en raison de la reprise de la consolidation budgétaire.

 

Redressement des soldes courant et public

Le solde courant, excédentaire depuis 2018, est devenu déficitaire en 2020 en conséquence de la chute des exportations pétrolières. La baisse des importations, en lien avec le déclin de la demande intérieure, n’a pas permis de compenser celle des exportations pétrolières. Les déficits des services et des revenus, largement liés à l’activité pétrolière, se sont réduits en lien avec l’importante baisse d’activité du secteur. En 2021, il devrait revenir légèrement au-dessus de l’équilibre en raison de la modeste reprise des exportations pétrolières. Cependant, comme les importations se redresseront, il ne retrouvera pas son niveau d’avant crise.
Le solde public est, lui aussi, devenu déficitaire en 2020 en raison de la baisse des recettes, minorée par l’introduction de la TVA en octobre 2019, et de l’augmentation des dépenses face à la pandémie. Toutefois, le gouvernement a drastiquement réduit ses dépenses non essentielles, et a ainsi, limité le déficit. En 2021, il devrait reculer en raison de la reprise des recettes publiques et du maintien des coupes budgétaires. De plus, le pays est, jusqu’à fin 2021, sous un programme du FMI, grâce auquel il a obtenu, dans le cadre de sa facilité élargie de crédit, un prêt de 3,7 milliards d’USD, porté en septembre à 4,5 milliards de dollars, afin que le pays puisse faire face à la pandémie et financer une partie déficit conséquent auquel il fait face. Après s’être envolée en 2020, la dette publique, libellée à plus de 80 % en devises étrangères, devrait baisser en 2021. Néanmoins, le risque de défaut reste substantiel, la dette étant très vulnérable à la dépréciation de la monnaie et aux variations du prix du pétrole. Pour sa fraction extérieure, le pays a bénéficié de l’Initiative de suspension du service de la dette du G20 (2% du PIB), ainsi que d’une restructuration de la part due à la Chine (45%). Enfin, le kwanza s’est fortement déprécié en 2020 : 33% sur 11ers mois par rapport au dollar. En 2021, le kwanza les pressions baisseront du fait de la reprise partielle des exportations.

 

Malgré les réformes, les défis socio-économiques exacerbés par la COVID-19

Depuis sa prise de fonction en 2017, le président João Lourenço a enclenché de nombreuses réformes (Programme national de développement 2018-2022) visant à effacer la marque de son prédécesseur. Néanmoins, les défis socio-économiques restent importants, et les sources de tensions multiples, pour une population souffrant de la pauvreté, d’inégalités persistantes et du faible accès au logement, à l’éducation et aux services de santé. Les tensions se sont cristallisées en octobre 2020 conduisant à des manifestations contre le gouvernement en raison de son incapacité à se débarrasser de la corruption et à relancer l’économie. Ces manifestations ont été très violemment réprimées par le gouvernement, ce qui augmentera l’instabilité sociale et politique en 2021. Sur le plan extérieur, le président cherche à maintenir la position de l’Angola en tant que puissance régionale et à renforcer ses liens avec ses pays voisins via la Zone de libre-échange continentale africaine, accord qui devait entrer en vigueur en juillet 2020, mais qui a été reporté en raison de la crise sanitaire et de la politique protectionniste de nombreux états signataires. En outre, les relations avec la Chine resteront fortes.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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