Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Croatie

Croatie

Population 4,1 millions
PIB par habitant 13,271 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,5 2,8 2,8 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,1 1,1 1,6 1,6
Solde public / PIB (%) -0,8 0,8 0,2 0,0
Solde courant / PIB (%) 2,6 3,9 2,8 2,5
Dette publique / PIB (%) 82,3 77,8 74,0 71,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

 

  • 50% de l’électricité produite par des barrages ; 20 % importée
  • Attractivité touristique et longue façade maritime
  • Potentiel pétrolier et gazier
  • Ancrage de la kuna à l’euro (60 % des dépôts bancaires en euros), en vue de la participation au MCE II
  • Qualité des infrastructures

POINTS FAIBLES

 

  • Endettement privé et public élevé
  • Administration et justice manquant d’efficacité, réglementation déficiente
  • Faible développement industriel ; manque de compétitivité
  • Importance du chômage de longue durée et parmi les jeunes
  • Émigration soustrayant de la main-d’œuvre qualifiée

Appréciation du risque

Activité soutenue par la demande domestique

L’économie devrait enregistrer une quatrième année faste en 2019, portée par la demande domestique. Avec la rareté de la main-d’œuvre, la consommation des ménages (58 % du PIB) profitera encore de la progression des salaires, des retombées du tourisme (25 % du PIB, un emploi sur 10), des remises des expatriés, ainsi que de la baisse au 1er janvier de la TVA de 25 à 13 % sur des produits alimentaires. De plus, l’inflation resterait faible, avec une stabilisation du prix de l’énergie et l’arrivée d’un discounter dans la distribution alimentaire. Ajouté à la stabilité de la kuna, cela devrait permettre à la banque centrale de conserver une politique accommodante. Par ailleurs, les investisseurs seront confortés par la résolution de l’affaire Agrokor et le développement du crédit, notamment pour les PME. Les travaux du pont de Peljesac, devant assurer une continuité routière entre le nord et le sud du littoral croate en enjambant l’accès maritime de la Bosnie, ont repris à l’été 2018. Enfin, la mise en œuvre des fonds européens va s’accroître, bénéficiant aussi à la construction. Les exportations profiteront encore de gains de part de marché dans l’UE, notamment dans les secteurs pétrolier, alimentaire, médical, la lingerie, ainsi que les instruments de contrôle. Les recettes touristiques devraient rester bien orientées, même si la concurrence de la Turquie, de l’Égypte et de la Tunisie risque de faire un peu d’ombre. Cependant, comme dans le même temps les importations seront dopées par la demande intérieure, la contribution des échanges à la croissance resterait légèrement négative.

Une consolidation budgétaire à poursuivre

Les comptes publics devraient être à l’équilibre en 2019, même excédentaires si l’on exclut les intérêts de la dette. L’amélioration repose beaucoup sur l’effet bénéfique de la croissance sur les recettes, notamment de la consommation via la TVA et de l’emploi à travers les cotisations sociales. La réduction du service de la dette liée aux bas taux d’intérêt et la meilleure absorption des fonds européens y contribuent aussi. Le poids de la conjoncture dans la performance relativise le bon résultat, ce qui est corroboré par la persistance du déficit structurel qui fait abstraction de cet aspect. La facture des salaires et des achats reste élevée pour la collectivité (18 % du PIB à eux deux). De même, les transferts sociaux, pas assez ciblés, les pensions, les dépenses de défense et de santé continueront de peser. Cependant, l’excédent primaire, la croissance et le faible niveau des taux suffisent pour entraîner un allègement de la dette libellée pour 70 % en euros et en grande partie détenue par les banques domestiques à 90 % filiales de groupes autrichiens et italiens. Les autorités devront compter avec le devenir des chantiers navals Uljanik, en mauvaise posture, pour lesquels les garanties fournies par l’État représentent plus de 1 % du PIB et dont les 4 500 emplois pourraient justifier une intervention. Les entreprises publiques, aux actifs représentant 80 % du PIB et employant 5 % de la population active, sont souvent peu ou pas rentables, avec des recettes équivalant à 15 % du PIB.

Indispensable tourisme

La balance courante dégage un excédent depuis 2013. Celui-ci recouvre un large déficit (18 % du PIB en 2018) des échanges de biens compensé par les recettes touristiques (19 %). Par ailleurs, la somme des transferts des expatriés et des fonds européens (environ 4 % du PIB) excède les sorties nettes de dividendes et d’intérêts. Toutefois, la baisse de l’excédent courant amorcée en 2018 devrait continuer en 2019. Le dynamisme des exportations et du tourisme est surpassé par la vigueur des importations liée à la difficulté pour l’industrie locale de répondre à la demande et au contenu élevé en importations des exportations. Les IDE (3 % du PIB en 2018) répondent aux besoins de développement du tourisme et des ressources en énergie. Ils compensent le désendettement extérieur. Surtout libellée en euro, la dette extérieure (75 % du PIB fin 2018) représente un risque pour les entreprises non financières (51 % de l’encours, dont un tiers au titre de prêts intragroupes dans le cadre d’IDE), l’État (39 %), ainsi que pour les banques (10 %). Toutefois, le risque est minoré par l’étroit pilotage de la parité entre la kuna et l’euro par la banque centrale. Ses interventions destinées à contrer l’appréciation de la kuna ont amené les réserves de change à plus d’un an d’importations.

Fragilité gouvernementale et opposition aux réformes

Moins d’un an après les précédentes, les élections anticipées de septembre 2016 ont ramené au pouvoir la coalition formée par l’Union démocratique (HDZ) de centre droit et le parti réformiste MOST (« le Pont »). Cette coalition s’est rapidement disloquée sur le programme de réformes. Le Premier ministre et chef du HDZ Andrej Plenkovic est parvenu à en former une nouvelle avec les libéraux du Parti populaire (HNS). Disposant de 78 sièges (dont 61 pour HDZ) sur 151, elle est fragilisée par l’opposition entre le Premier ministre et l’aile nationaliste du HDZ. Le programme de réformes soulève l’opposition, non seulement du principal parti d’opposition social-démocrate (SDP), mais aussi au sein de HDZ. Au niveau international, on note les relations tendues avec la Serbie, ainsi que le refus de la Croatie de la sentence de la Cour permanente d’arbitrage accordant un accès à la mer à la Slovénie à travers la baie de Piran.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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