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Kazakhstan

Kazakhstan

Population 18,4 millions
PIB par habitant 9 401 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,1 4,1 4,0 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,4 6,2 5,3 5,3
Solde public * / PIB (%) -4,4 2,7 0,5 0,2
Solde courant / PIB (%) -3,1 0,0 -1,4 -1,1
Dette publique / PIB (%) 20,3 20,7 19,0 19,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Y compris transferts du Fonds souverain pétrolier (NFRK) et recapitalisation de banques.

POINTS FORTS

  • Potentiel pétrolier et minier
  • Abondance des investissements directs étrangers
  • Position créditrice nette de l’État, important fonds souverain
  • Flexibilité du taux de change
  • Positionnement stratégique entre la Chine et l’Europe
  • Membre de l’Union économique eurasiatique
  • Augmentation de la population active (67 % du total) grâce à une démographie dynamique

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante des matières premières (pétrole, gaz, uranium et fer), de la Russie et de la Chine
  • Fragilité du système bancaire
  • Lacunes institutionnelles : corruption, lenteurs administratives, procédures collectives lacunaires et obstacles aux échanges commerciaux
  • Insuffisance des infrastructures routières, portuaires et électriques
  • Faible développement du tissu manufacturier (11 % du PIB)
  • Enclavement et faible densité de population, notamment dans les régions septentrionales

Appréciation du risque

Croissance portée par la demande intérieure

En 2020, l’activité, toujours portée par la demande intérieure, devrait de nouveau quelque peu ralentir sous l’influence de la demande extérieure. En effet, celle-ci pâtira de la méforme de l’économie de ses partenaires commerciaux. Les exportations, composées pour 70 % d’hydrocarbures et pour 21 % de métaux (acier, fer, cuivre, uranium…), risquent de s’effriter en valeur du fait d’une tendance généralement baissière des cours qui s’ajoutera au maintien de la contrainte de production contenue dans l’accord OPEP+. Comme dans le même temps, les importations seront tirées par la demande interne, la contribution des échanges à la croissance devrait rester légèrement négative. Inversement, la consommation des ménages (55 % du PIB) devrait conserver une bonne progression grâce à un nouveau desserrage budgétaire. Les salaires, notamment dans le secteur public, devraient connaître une nouvelle hausse, dans le sillage de celle du salaire minimum. Les ménages modestes ou à handicap bénéficieront d’un allègement de leur dette pouvant aller jusqu’à 7 772 USD au titre du capital et de 772 USD d’intérêts. Cela concernerait 500 000 personnes. Le crédit devrait conserver sa forte progression, notamment pour l’immobilier (+ 31 % sur un an en juin 2019). Enfin, l’impôt sur le revenu devrait être encore abaissé. Les services (58 % du PIB), notamment le commerce, profiteront pleinement du dynamisme de la demande domestique. L’investissement (22 % du PIB) continuera de profiter du développement des infrastructures, notamment routières, ferroviaires, gazières et connectives dans le cadre du programme Nurly Zhol, éventuellement dans celui du One Belt, One Road, soutenant le secteur de la construction (10 % du PIB). Le développement du champ pétrolier de Tengiz continue pour, à terme, fournir un relais de croissance à la production pétrolière qui se stabilise avec l’arrivée à maturité du champ de Kashagan. Enfin, la construction de logements sociaux se poursuivra dans le cadre du programme Nurly Zher. Depuis l’abandon de l’ancrage du tenge au dollar (2015) et son flottement, la banque centrale se concentre sur la maîtrise de l’inflation. Celle-ci n’en demeurera pas moins élevée du fait des tensions inflationnistes générées par l’augmentation des rémunérations non compensée par la stabilité des prix des produits importés à 40 % de Russie. De plus, l’efficacité de la politique monétaire est minorée par la faible place du crédit (18 % du PIB) et son fréquent subventionnement, ainsi que la dollarisation (43 % des dépôts et 18 % du crédit). Par ailleurs, le système bancaire demeure fragile. Le pourcentage de prêts douteux, officiellement 9,4 % (juin 2019), devrait être actualisé suite à la récente revue des actifs. Le système est à la fois éparpillé (une trentaine d’établissements, souvent de petite taille) et concentré, avec un établissement réunissant plus du tiers des dépôts. De nombreux établissements sont la propriété de personnalités influentes qui ne se laissent pas imposer facilement la remise en ordre et parviennent à obtenir des fonds publics pour éviter la liquidation. Enfin, le système pâtit d’un marché petit et dominé par le crédit aux ménages, les autres secteurs s’autofinançant ou se tournant vers l’étranger.

 

Des comptes publics et extérieurs aidés par le pétrole

En dépit des mesures sociales, du lancement de nouvelles infrastructures et d’une exonération fiscale pour les micros et petites entreprises, l’excédent budgétaire ne devrait pas disparaître. En plus de l’amélioration de la collecte, les recettes (22 % du PIB) sont alimentées par les revenus pétroliers (un tiers) et le Fonds souverain devrait être de nouveau sollicité à hauteur de 4 % du PIB. Ce faisant, l’engagement de réduire le déficit hors hydrocarbures (7,4 %) à 5,4 % d’ici 2022 est compromis. La dette publique, dont la part extérieure (45 %) est détenue par des créanciers très majoritairement publics, est faible. Cela s’explique par le recours au fonds souverain (NFRK), tandis que la banque centrale est sollicitée pour le subventionnement du crédit et l’annulation de dettes. Un nouveau sauvetage bancaire, toujours possible, ne poserait pas de difficultés.

Le déficit courant devrait rester faible en 2020. L’excédent commercial (12 % du PIB), même diminué de l’érosion des revenus pétroliers, compensera le déficit des revenus (10 %) généré par l’important stock d’investissements étrangers dans les hydrocarbures et celui des services (2 %). Les remises des travailleurs étrangers représentent moins de 1 % du PIB.

La dette extérieure (93 % du PIB fin 2019) devrait encore s’alléger. 64 % du total est constitué de prêts intragroupes liés à des IDE. La part de l’État ne s’élève qu’à 8 %. En face, le montant des réserves de change de la banque centrale représente 7,1 mois d’importations et 18 % du PIB (juillet 2019), 4,4 mois et 11 % hors or, et les actifs étrangers du fonds souverain (60 milliards USD) 15 mois et 33 % du PIB.

 

Succession présidentielle fragile

Nursultan Nazarbaïev, à la tête du pays depuis 1989, a démissionné en mars 2019. Cependant, en plus des pouvoirs d’arbitre conférés par ses titres de « Premier président » et « Père de la Nation », il continue de présider le puissant Conseil de sécurité et son parti (Nur Otan) qui a confortablement remporté les élections législatives de mars 2016 (plus de 80 % des suffrages). Le président du sénat Kassym-Jomart Tokaïev a été élu, sans surprise, président en juin 2019 avec 71 % des suffrages. Il va devoir asseoir son autorité face à son prédécesseur qui a obtenu un droit de véto sur les nominations. Par ailleurs, si les protestations de masse sont rares, du fait de l’environnement sécuritaire renforcé par la crainte du terrorisme et du fondamentalisme musulman, un mécontentement de la population lié à la modestie des résultats économiques et la présence économique chinoise existe malgré les initiatives sociales.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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