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Kazakhstan

Kazakhstan

Population 18,2 millions
PIB par habitant 8 762 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,1 4,1 3,9 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 14,6 7,4 6,5 6,5
Solde public * / PIB (%) -5,4 -6,5 -1,6 -1,0
Solde courant / PIB (%) -6,5 -3,3 -1,0 -2,0
Dette publique / PIB (%) 19,7 20,0 19,0 18,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Y compris transferts du Fonds souverain pétrolier (NFRK) et recapitalisation de banques.

POINTS FORTS

  • Potentiel pétrolier et minier
  • Abondance des investissements directs étrangers
  • Position créditrice nette de l’État
  • Flexibilité du taux de change
  • Positionnement stratégique entre la Chine et l’Europe
  • Augmentation de la population active (67 % du total) grâce à une démographie dynamique

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante des matières premières (pétrole, gaz, uranium et fer), de la Russie et de la Chine
  • Fragilité du système bancaire
  • Lacunes institutionnelles : corruption, lenteurs administratives et obstacles aux échanges commerciaux
  • Insuffisance des infrastructures routières, portuaires et électriques
  • Incertitude sur la succession du Président Nazarbaïev
  • Enclavement et faible densité de population, notamment dans les régions septentrionales

Appréciation du risque

Croissance modérée  et fragilité bancaire

En 2019, l’économie conservera une croissance modérée. L’investissement (21 % du PIB) continuera de profiter du développement des infrastructures, notamment routières, ferroviaires et gazières dans le cadre du programme Nurly Zhol 2015/19, éventuellement dans celui du One Belt, One Road, soutenant le secteur de la construction. Le développement du champ pétrolier de Tengiz se poursuit pour, à terme, fournir un relais de croissance à la production pétrolière qui se stabilise avec l’arrivée à maturité du champ de Kashagan. La consommation des ménages (51 % du PIB) devrait accélérer, tirée par la progression des salaires réels, qui profiteront de la manne pétrolière et de nouvelles prestations sociales. Par ses « Cinq initiatives sociales » adoptées en mars 2018, le gouvernement entend faciliter l’achat de logements, réduire l’imposition sur les bas revenus de 10 à 1 % à partir du 1er janvier 2019, abaisser le coût de l’éducation et développer le micro-crédit. Un nouveau système public de retraite a permis d’augmenter les pensions entre 15 et 20 % en juillet 2018. Les services (60 % du PIB), notamment le commerce, profiteront pleinement du dynamisme de la demande domestique. Les exportations, composées pour 57 % de pétrole et pour 16 % de métaux (acier, fer, cuivre, uranium), ne devraient pas renouveler leur excellente performance de 2018, due largement à la modernisation de trois raffineries, à l’achèvement d’une usine de nickel et à l’augmentation des ventes de pétrole, tant en volume qu’en valeur. Comme dans le même temps, les importations seront tirées par la demande interne, la contribution des échanges à la croissance devrait être légèrement négative. Depuis l’abandon de l’ancrage du tenge au dollar (août 2015) et son flottement, la banque centrale se concentre sur la maîtrise de l’inflation. Celle-ci n’en demeure pas moins élevée du fait de l’impact de la dépréciation du tenge sur les prix des produits importés, de la lenteur de la modernisation de la filière agroalimentaire et de l’impact de l’augmentation de la TVA en Russie dont proviennent 40 % des importations. De plus, si la politique monétaire a gagné en crédibilité, son efficacité est minorée par la faible place du crédit (25 % du PIB) et son fréquent subventionnement. Par ailleurs, malgré les retraits de licences, les fusions, les coûteuses recapitalisations et rachats de créances douteuses par l’État et la banque centrale, le système bancaire demeure fragile. Le pourcentage de prêts douteux, officiellement de 8,8 % (juillet 2018), est certainement supérieur. De plus, le système est à la fois éparpillé (une trentaine d’établissements, souvent de petite taille) et concentré, avec un établissement réunissant plus du tiers des dépôts. De nombreux établissements sont la propriété de personnalités influentes qui ne se laissent pas imposer facilement la remise en ordre et parviennent à obtenir des fonds publics pour éviter la liquidation. Enfin, le système pâtit d’un marché petit et dominé par le crédit à la consommation, les autres secteurs s’autofinançant ou se tournant vers l’étranger.

 

Faibles déficits et riche fonds souverain grâce au pétrole

Avec la remontée des prix du pétrole et l’augmentation de sa production, la fin des aides au secteur bancaire et la dépréciation du tenge, le déficit public a nettement diminué depuis 2018. Cependant, compte tenu du poids des recettes pétrolières (40 % du total), le déficit non pétrolier s’élève à 6 % du PIB. Malgré les déficits élevés des années passées, la dette publique est restée faible. Cela s’explique par le recours au fonds souverain (NFRK). Un nouveau sauvetage bancaire, toujours possible, ne devrait pas poser de difficultés. Des marges d’amélioration existent compte tenu de la mauvaise collecte fiscale et des nombreuses exemptions. Elles permettraient de réduire la dépendance aux revenus pétroliers, tout en accroissant les dépenses en capital. Des ressources supplémentaires sont attendues de privatisations et d’un recours accru au partenariat avec le privé.

L’augmentation des recettes pétrolières a aussi entraîné un recul du déficit courant. L’excédent commercial est monté à 16 % du PIB (2018), tandis que le déficit des revenus, généré par l’important stock d’investissements étrangers dans les hydrocarbures, atteint 13 % du PIB. La dette extérieure représente près de 100 % du PIB (août 2018). Cependant, 63 % du total est constitué de prêts intragroupes liés à des IDE. La part de l’État ne s’élève qu’à 7 %. En face, le montant des réserves de change de la banque centrale représente 8 mois d’importations, hors or, 12 mois d’importations et 18 % du PIB avec, et les actifs étrangers du fonds souverain (56,5 milliards USD en août 2018) 34 % du PIB.

 

Succession présidentielle incertaine

N. Nazarbaïev à la tête du pays depuis 1989 et réélu pour un cinquième mandat en avril 2015 avec 98 % des voix a démissionné en mars 2019. Cependant, en plus des pouvoirs d’arbitre conférés par ses titres de « Premier président » et « Père de la Nation », il continue de présider le puissant Conseil de sécurité et son parti (Nur Otan) qui a confortablement remporté les élections législatives de mars 2016 (plus de 80 % des suffrages). Les réformes constitutionnelles de 2017 accroissant les pouvoirs du parlement et du gouvernement restent théoriques. Le président du sénat Kassym-Jomart Tokaïev est devenu président par intérim jusqu’à la prochaine élection et a été remplacé par la fille de l’ancien président. La stabilité politique du pays reste source d’incertitude en raison du risque de mésentente entre les différents clans au pouvoir. De plus, si les protestations de masse sont rares, du fait de l’environnement sécuritaire renforcé par la crainte du terrorisme et du fondamentalisme musulman, un certain mécontentement de la population lié à la modestie des résultats économiques demeure malgré les récentes initiatives sociales.

 

Dernière mise à jour : Mars 2019

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