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Kazakhstan

Kazakhstan

Population 18,6 millions
PIB par habitant 9 750 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,1 4,5 -3,5 2,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,0 5,2 6,9 6,2
Solde public / PIB (%)* 2,6 -0,6 -5,3 -3,3
Solde courant / PIB (%) -0,1 -3,6 -3,3 -2,8
Dette publique / PIB (%) 20,3 19,9 23,4 24,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Incluant les transferts du fonds souverain NFRK

POINTS FORTS

  • Potentiel pétrolier, gazier et minier important
  • Position créditrice nette de l’État et fonds souverain bien doté grâce à la production d’hydrocarbures
  • Abondance des IDE
  • Flexibilité du taux de change
  • Membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA) et de l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine
  • Position stratégique entre l’Europe, la Russie et la Chine

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance à la Russie (principal partenaire en matière de diplomatie et de sécurité) et à la Chine
  • Forte dépendance aux matières premières (pétrole, gaz, uranium, fer, acier, cuivre) et faible diversification de l’économie
  • Insuffisance des infrastructures routières, portuaires et électriques
  • Structures de marché faiblement concurrentielles (concentration élevée dans les secteurs clés et présence importante de l’État)
  • Système bancaire fragile et dollarisation importante (40% des dépôts et 16% des crédits)
  • Gouvernance défaillante (corruption, politisation du système judiciaire, procédures collectives lacunaires)
  • Enclavement, faible densité de population, relatif éloignement des marchés mondiaux et barrières non tarifaires importantes malgré l’adhésion à l’OMC

Appréciation du risque

Une reprise dépendante de la pandémie et des hydrocarbures

Après avoir plongé dans sa première récession depuis 1998, le Kazakhstan devrait renouer avec la croissance en 2021. Les mesures strictes de confinement de mi-mars à mi-mai 2020, puis de mi-juillet à fin août 2020, ont fortement impacté une des sources clés de la croissance, la demande interne, via le secteur des services (59% du PIB) et la consommation privée (56,5% du PIB). La baisse des salaires réels, la hausse du chômage (7,8% projeté pour 2020 selon le FMI) et la confiance morose des consommateurs ont fait chuter la consommation privée. Même si l’ampleur de la reprise dépendra de la pandémie, elle pourrait être portée par la légère croissance des salaires réels en 2021 et les mesures de soutien à l’emploi, comme l’exécution de la « Feuille de route pour l’emploi », adoptée en mars 2020 et visant à créer 255.000 emplois d’ici 2021 dans des projets d'infrastructure. La reprise pourrait aussi être tirée par l’investissement (25% du PIB), bénéficiant des mesures de soutien mises en place depuis mars 2020, comme le programme de bonification des prêts pour les PME, prolongé jusqu’à mars 2021. Cette dynamique sera complétée par l’investissement public, notamment via le développement des infrastructures rurales et numériques dans la perspective du déploiement de la 5G en 2021 et de l’intégration croissante à l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine.

Avec une économie dépendante des hydrocarbures qui représentent deux-tiers des exportations, la récession s’est accentuée en 2020 avec la chute des exportations de pétrole en valeur et en volume. Membre de l’OPEC+, le Kazakhstan a consenti à baisser sa production d’avril 2020 à avril 2022. La reprise en 2021 devrait être portée par la hausse de la demande de pétrole, de son prix, ainsi que par l’assouplissement des restrictions. Le gouvernement, dans son plan pour 2021, a prévu de produire légèrement plus que les restrictions imposées, notamment pour répondre à l’augmentation de ses capacités productives. Les investissements dans l'expansion du champ de Tengiz (45 milliards USD, soit 25% du PIB) se poursuivent pour fournir un relais de croissance. L’agenda de diversification portant sur les secteur manufacturier et agroalimentaire, engagé en 2015 et présentant peu d’avancée, sera de nouveau retardé.

Le gouvernement a encouragé la banque centrale à stimuler le crédit, principalement destiné aux ménages, quitte à laisser de côté son objectif d’inflation de 4% à 6% pour 2021-2022. Mais dans les faits, le taux directeur (9% en septembre 2020) devrait rester inchangé pour contenir l’inflation déjà élevée et poussée, entre autres, par la tendance à la dépréciation du tenge. Les contraintes pesant sur les banques ont été assouplies en 2020 et certaines, comme l’abaissement du niveau de capital réglementaire, sont étendues jusqu’à mi-2021. Si les fondamentaux se sont consolidés depuis la crise de 2015 qui avait entraîné des sauvetages en masse, les banques restent fragiles et la qualité des actifs pourrait vite se détériorer.

 

Des finances publiques soutenues par le fonds souverain, mais un risque accru de contrôles de capitaux

Le plan de soutien (9% du PIB) et la baisse des revenus pétroliers (un tiers des recettes fiscales) ont creusé le déficit public en 2020. Il devrait se réduire en 2021, du fait de la reprise et de la hausse des recettes liées aux hydrocarbures. Il sera principalement financé par la vente d’actifs du fonds souverain NFRK, permettant de garder le ratio dette publique/PIB bas. Le poids potentiel sur les finances publiques des banques et des entreprises publiques n’est pas négligeable. La crise a de nouveau retardé à 2021-2023 la privatisation de ces dernières, initialement prévue pour 2016-2020.

Le déficit courant ne devrait pas se creuser significativement. La baisse des exportations de pétrole a réduit l’excédent commercial, mais aussi le déficit des revenus primaires avec la baisse des revenus des IDE. Le déficit devrait même légèrement se réduire en 2021 avec la hausse des exportations de pétrole. Il sera largement financé par les actifs et les réserves de la banque centrale et du NFRK (valorisés à 93 milliards USD fin juillet 2020, soit 51% du PIB). Contrairement à la crise de 2015, la flexibilité du tenge a protégé les réserves de change hors or (10,7 milliards USD, 3,1 mois de couverture d’importation) qui contrebalanceront la baisse des flux d’IDE entrants dirigés vers les hydrocarbures. Des restrictions de retrait de devises par les entreprises ont été mises en place sur le deuxième semestre 2020, laissant peser un risque d’autres restrictions ou de contrôles de capitaux en 2021.

 

Consolidation de la succession présidentielle

En juin 2019, Tokaïev, le président du Sénat a succédé sans surprise à Nazarbaïev, à la tête du pays depuis 1989. Tokaïev doit encore consolider son autorité. Il bénéficie de la protection politique de Nazarbaïev qui reste un acteur clé en présidant le puissant Conseil de sécurité et le parti dominant Nur Otan. Relativement âgé, son décès pourrait entraîner une lutte de pouvoir entre les élites. D’un autre côté, Tokaïev est apprécié des élites politiques, à qui il a donné plus de liberté. En revanche, la confiance de la population s’érode. Les élections de la chambre basse du Parlement en janvier 2021, sans doute ni libres ni équitables avec une opposition quasiment inexistante, devraient de nouveau être largement remportées par Nur Otan. Le résultat pourrait être un catalyseur de manifestations, tout comme la crise économique ou la présence économique chinoise, qui devrait se renforcer. Elles devraient rester petites et contenues, notamment dans le cadre d’une sécurité renforcée par la crainte du terrorisme.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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