Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Malte

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Population 0,5 million
PIB par habitant 27 327 $US
A2
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 5,2 6,7 5,4 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 1,3 1,8 1,9
Solde public / PIB (%) 0,9 3,5 1,3 1,2
Solde courant / PIB (%) 7,0 13,8 12,0 11,0
Dette publique / PIB (%) 56,3 50,9 48,0 45,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Carrefour entre Méditerranée orientale et occidentale
  • Appartenance à la zone euro
  • Comptes publics et extérieurs excédentaires, dette publique détenue par les résidents
  • Activités touristiques (2 millions de visiteurs annuels pour 430 000 habitants) et portuaires
  • Main-d’œuvre productive, anglophone, croissante et à haut revenu, faible taxation

POINTS FAIBLES

  • Petite taille et insularité induisant une proximité entre pouvoirs publics et affaires
  • Importance des flux financiers entrant et sortant (finance offshore, industrie des jeux en ligne, programme d’acquisition de la nationalité contre investissement)
  • Infrastructures routières encore déficientes
  • Insuffisance de l’enseignement supérieur, de main-d’œuvre très qualifiée, de la R&D et de l’innovation
  • Lenteur de la justice, favoritisme, corruption

Appréciation du risque

Une croissance encore élevée, mais fléchissant vers son potentiel

Comme en 2018, la croissance en 2019 sera soutenue par la demande intérieure. L’investissement (21 % du PIB) en sera l’élément le plus dynamique. Sa part privée devrait profiter du démarrage de l’activité de la Banque maltaise de développement, qui, à côté du financement d’infrastructures lourdes, doit financer les PME. La santé, le tourisme et l’immobilier restent les secteurs de prédilection, grâce notamment aux fonds étrangers utilisant le canal de l’Individual Investor Programme (IIP) permettant à toute personne étrangère ayant plus d’un an de résidence de prétendre à la nationalité maltaise, moyennant une contribution de 675 000 EUR et la possession d’une résidence de 350 000 EUR depuis cinq ans. L’investissement public se poursuivra dans les travaux routiers, la construction de structures à vocation touristique ou éducative et le logement social. La consommation privée (45 % du PIB) bénéficiera du dynamisme de l’emploi, mais aussi des hausses salariales induites par la raréfaction de la main-d’œuvre, en dépit de la participation croissante des femmes et de la présence accrue de travailleurs étrangers. De plus, le revenu des ménages profitera de l’indexation des salaires sur l’inflation (Cost of Living Allowance ou COLA). Les exportations de composants électroniques, électriques et optiques, principale production manufacturière, mais aussi de médicaments génériques et de produits de la mer pourraient ralentir avec l’économie européenne. L’activité touristique (12 % des exportations, 16,6 % de la valeur ajoutée, 27 % du PIB et de l’emploi en 2017, avec les activités liées) jouira encore de la compétitivité maltaise par rapport à d’autres destinations méditerranéennes, mais pourrait pâtir d’une désaffection de la clientèle britannique (24 % des dépenses). Les recettes de jeux et paris électroniques en ligne (1/4 des exportations et 14 % de la valeur ajoutée), tout comme la gestion de bases de données, progressent. Enfin, l’activité portuaire profite pleinement de la position optimale aux carrefours des routes méditerranéennes, notamment de sa situation à mi-chemin entre le canal de Suez et Gibraltar. Cependant, les importations progressant plus rapidement en lien avec le dynamisme de l’investissement, la contribution des échanges de biens et de services (250 % du PIB) à la croissance devrait, au mieux, devenir nulle.

 

Des comptes publics consolidés profitant de la conjoncture

La consolidation budgétaire n’était pas, a priori, une priorité des travaillistes, de retour au pouvoir sous la direction du Premier ministre Joseph Muscat depuis 2013 (reconduits avec 37 sièges sur 67 lors des élections anticipées de juin 2017, provoquées par des allégations de corruption contre le Premier ministre) après quinze ans de règne du Parti national de centre droit. Pourtant, une loi de responsabilité budgétaire a été adoptée en 2014 et les comptes publics sont devenus excédentaires dès 2016. L’amélioration tient beaucoup à la forte croissance, même si des progrès ont été réalisés dans la collecte fiscale et la gestion des entreprises publiques. Malgré un possible baisse des revenus tirés de l’IIP (2 % du PIB et 5,4 % des recettes en 2017), le solde primaire, c.-à-d. hors intérêts, devrait être de 3 % du PIB en 2019. L’excédent primaire, le faible niveau des taux d’intérêt et la forte croissance permettent une réduction de l’importante dette publique (à laquelle il faut ajouter la garantie de l’État sur la dette des entreprises publiques représentant 10 % du PIB), mais qui est détenue par les résidents, notamment les banques locales.

 

Le déficit commercial est largement compensé par l’excédent des services

Malgré un solde des échanges de biens très déficitaire (à hauteur de 12 % du PIB en 2017), dû au manque de ressources énergétiques, à la faible diversification de la production manufacturière et au fort contenu en importations de la consommation et de l’investissement, le pays dégage un massif excédent courant. Celui-ci s’explique par le solde positif des services lié au tourisme, aux jeux électroniques en ligne, ainsi qu’au port franc de Marsaxlokk. Ce port sert à transborder les cargaisons de navires à fort tonnage sur des navires adaptés aux moindres capacités de ports méditerranéens, et vice versa.

 

Baisse du crédit bancaire aux entreprises mais permanence du centre financier offshore

Le secteur bancaire gère des actifs équivalents à 430 % du PIB (à fin 2017, contre 468 % un an plus tôt). Les véritables banques locales, essentiellement Bank of Valletta, HSBC et Mediterranean Bank gèrent des actifs représentant 226 % du PIB. Elles détiennent un tiers de la dette souveraine et sont très impliquées dans le crédit hypothécaire aux ménages (60 % de leurs encours) au détriment du crédit aux entreprises qui ne représente plus que 31 % du PIB et 35 % de leurs encours, obligeant ces dernières à privilégier le crédit interentreprises. La faible concurrence leur assure une bonne rentabilité, même si les prêts non performants comptent encore pour 9 % de leurs engagements. L’autre partie des actifs (205 % du PIB, en baisse) est détenue par des filiales de groupes étrangers, notamment britanniques, allemands et turcs à la recherche d’une fiscalité avantageuse. Elles fonctionnent avec les ressources de non-résidents, investissent uniquement à l’étranger et emploient peu de personnel local. Leurs services, mais aussi les jeux en ligne, la gestion de données et le programme d’acquisition de la citoyenneté font l’objet d’une surveillance européenne accrue depuis le meurtre de la journaliste Caruana Galizia (2017) et la fermeture de Pilatus Bank (2018).

 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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