Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Ouzbékistan

Ouzbékistan

Population 32,1 millions
PIB par habitant 1 520 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 7,8 5,3 4,9 4,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,0 12,5 18,0 14,0
Solde public / PIB (%) 0,4 -1,7 -1,6 -2,8
Solde courant / PIB (%) 0,6 3,5 -0,5 -1,5
Dette publique / PIB (%) 10,5 24,3 19,0 21,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes et diversifiées (gaz, or, coton, potentiel hydroélectrique)
  • Faible endettement public et confortables réserves de change
  • Programme d’investissements publics ambitieux
  • Population de 32 millions d’habitants dont la part active croît
  • Position stratégique entre la Chine et l’Europe (nouvelle route de la soie)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification économique et dépendance à l’égard des cours des matières premières et à la pluviométrie
  • Manque d’emplois et informalité encore largement répandue
  • Faible compétitivité liée au manque de concurrence
  • Secteur bancaire peu développé et pratique du crédit dirigé
  • Interventionnisme étatique (crédit, prix, tracasseries administratives et douanières)

Appréciation du risque

Croissance soutenue par l’investissement (33 % du PIB)

L’Ouzbékistan devrait rester en 2019 l’une des économies les plus dynamiques de la CEI, même si les chiffres de croissance officiels sont probablement surestimés. Les investissements publics, destinés à améliorer l’outil industriel et les infrastructures, en particulier dans les domaines gazier, hydroélectrique, routier, ainsi que dans le logement, devraient continuer à soutenir l’activité, notamment la construction. L’État pourrait être appuyé par les bailleurs multilatéraux et les investisseurs privés étrangers mis en confiance par les mesures d’ouverture de l’économie prises en septembre 2017, notamment la libéralisation du change et la diminution de moitié des droits de douane. L’industrie manufacturière (machines, équipements automobiles, industrie agro-alimentaire) et les services devraient également rester porteurs. Les exportations (près de 20 % du PIB) devraient décélérer avec la stabilisation du prix de l’or, premier produit d’exportation, et leur faible progression pour le gaz, le cuivre et le coton. De plus, la demande extérieure pourrait être affectée par les différends commerciaux entre la Chine et les États-Unis. Comme, dans le même temps, les importations de biens d’équipement et de métaux destinés aux infrastructures et aux installations industrielles conserveront leur dynamisme, la contribution des échanges pourrait être légèrement négative. La consommation des ménages (plus de 50 % du PIB) pourrait aussi être moins porteuse, la poursuite de la reprise des transferts des expatriés en Russie et au Kazakhstan (ils seraient près de 2 millions) étant compensée par l’impact négatif de la hausse des prix sur les revenus réels. L’inflation devrait demeurer élevée, alimentée par l’augmentation périodique des prix des services publics (eau, gaz, électricité) visant à les aligner sur les prix du marché, ainsi que par la hausse des prix alimentaires entretenue par la défaillance du négoce et de la distribution. Toutefois, elle devrait se replier en fin d’année avec la dissipation des effets de la dévaluation de 50 % du som en septembre 2017.

 

La réforme de l’économie s’accompagne de légers déficits

Les autorités se sont lancées dans une profonde réforme des finances publiques, dont le coût pour 2019 est estimé à 2,5 % du PIB. Seules 8 000 des 350 000 entreprises du pays payent des impôts (2017). Généralement, elles n’y parviennent qu’en raison de leur situation de monopole et de leur accès privilégié au crédit. Parmi les contributrices, les entreprises publiques s’acquittent de la moitié de l’impôt. Ces dernières sont au nombre de 1 800, emploient 800 000 personnes (18 % de la population active) et se voient imposées des prix peu en rapport avec leurs coûts, contrepartie des avantages dont elles jouissent par ailleurs. La dépréciation du som a fragilisé nombre d’entre elles qui étaient endettées en devises. Les autorités visent à élargir l’assiette fiscale, tout en abaissant le taux d’imposition pour réduire l’informalité, pour éviter une chute des recettes. Avec une dette publique réduite et un Fonds souverain détenant des réserves équivalentes à 40 % du PIB, des marges de manœuvre existent.

Le système bancaire, peu développé, est étroitement contrôlé par l’État, notamment pour sa politique de prêts dont 60 % sont liés à des entreprises publiques. Les trois plus grosses banques, publiques, concentrent la moitié des actifs. La libéralisation du change et une amélioration du pilotage de l’inflation par la banque centrale devraient inciter les agents à convertir progressivement leurs avoirs en devises étrangères, qui ne peuvent plus servir de moyen de paiement domestique, participant à la dédollarisation de l’économie.

La libéralisation des échanges s’accompagne d’un creusement du déficit de biens et de services. Les transferts des expatriés ne suffisent plus à le compenser, ce qui se traduit par l’apparition d’un léger déficit courant. Celui-ci est aisément financé par les prêts concessionnels des bailleurs étrangers et quelques IDE. La dette extérieure est réduite et les réserves représentent plus de 20 mois d’importations, mais dont la moitié est détenue par le Fonds souverain.

 

Un pouvoir fort, mais soucieux d’attirer les investisseurs étrangers

Le décès d’Islam Karimov, président depuis l’indépendance du pays en 1991, a conduit son premier ministre Shavkat Mirziyoyev à la tête de l’État après sa confortable élection (89 % des voix) en décembre 2016. À l‘image de son prédécesseur, il devrait maintenir un État fort. Néanmoins, mettant fin à une décennie d’isolationnisme, il se rapproche des pays voisins, notamment du Kirghizstan et du Tadjikistan, avec lesquels des accords sur la gestion de l’eau, les voies de communication, le réseau électrique et les litiges frontaliers ont été conclus ou sont en cours de négociation. De même, un rapprochement avec la Russie est intervenu, mais qui ne devrait pas faire ombrage à celui avec l’Occident et aux bonnes relations avec la Chine. Son plan stratégique 2017-2021 prévoit de réformer l’administration, d’instaurer l’État de droit, de libéraliser et d’ouvrir l’économie et de développer l’éducation, la santé et les infrastructures. Il s’agit de donner confiance aux investisseurs et de réduire le chômage et la pauvreté, alors que les restrictions aux libertés offrent un terreau favorable à la contestation d’une population très jeune, que le pouvoir fera tout pour contrôler. La prochaine échéance électorale est les législatives fin 2019 ou début 2020. Elles devraient être remportées par les partis proches du pouvoir.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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