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Ouzbékistan

Ouzbékistan

Population 32,6 millions
PIB par habitant 1 550 $US
B
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 5,1 5,6 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,9 17,5 16,0 14,0
Solde public * / PIB (%) -1,9 -2,1 -1,6 -1,8
Solde courant ** / PIB (%) 3,2 -5,6 -6,5 -6,0
Dette publique / PIB (%) 20,0 20,6 22,0 23,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Solde incluant les dépenses publiques hors budget financées par l’emprunt. **Solde tenant compte de la part de l’or acheté auprès des producteurs domestiques et exporté par la banque centrale.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes et diversifiées (gaz, or, coton, cuivre, fruits et légumes, potentiel hydroélectrique)
  • Faible endettement public et extérieur, confortables réserves de change officielles et privées
  • Programme de réformes économiques et d’investissements publics ambitieux
  • Population de 34 millions d’habitants dont la moitié à moins de 30 ans
  • Position stratégique entre la Chine et l’Europe (Nouvelle route de la soie)

POINTS FAIBLES

  • Activité manufacturière limitée
  • Dépendance à l’égard des cours des matières premières, à la pluviométrie et aux transferts des expatriés
  • Chômage élevé, manque d’emplois / croissance forte de la population active, faible niveau de vie et informalité encore largement répandue (41 % des emplois en 2018)
  • Faible compétitivité liée au manque de concurrence
  • Faible productivité des nombreuses entreprises publiques
  • Interventionnisme étatique (crédit, prix, tracasseries administratives et douanières)
  • Lenteur des progrès institutionnels : faiblesse du parlement et absence de réelle opposition

Appréciation du risque

Croissance soutenue par la demande intérieure

L’Ouzbékistan devrait conserver une économie dynamique en 2020. L’investissement (31 % du PIB) dans les domaines gazier, hydroélectrique et routier, ainsi que dans le logement, continuera de porter l’activité. L’État pourra compter sur les investisseurs étrangers mis en confiance par les mesures d’ouverture de l’économie prises depuis septembre 2017, notamment la libéralisation du change, l’assouplissement du contrôle des prix et la diminution des droits de douane. La consommation des ménages (plus de 50 % du PIB) progressera aussi, mais moins vite, l’effet positif des transferts des expatriés en Russie et au Kazakhstan (près de 2 millions) étant compensé par celui négatif de la hausse des prix sur les revenus réels. L’inflation devrait demeurer élevée, alimentée par la dépréciation lente mais continue du som, ainsi que par la hausse des prix alimentaires entretenue par les insuffisances du négoce et de la distribution. Toutefois, elle pourrait fléchir en fin d’année avec la dissipation des effets de la dévaluation de 50 % du som en septembre 2017 et le ralentissement de l’augmentation des prix des services publics (eau, gaz, électricité) visant à les aligner sur les prix du marché. La politique monétaire, même libérée de la gestion du change, a une efficacité limitée par la pratique du crédit dirigé et subventionné par l’État à travers les banques publiques. Ceci explique que, malgré un taux directeur de 16 % et un taux de prêt moyen de 22 %, la progression du crédit devrait rester vive (20 % contre 40 % en 2019). Les services (45 % du PIB) avec le transport et le commerce, l’industrie manufacturière (16 %) avec les machines, les équipements automobiles et l’industrie agro-alimentaire, la construction (9 %) et l’extraction minière (4 %) devraient tous profiter. L’agriculture (27 %) serait le secteur le moins dynamique. Par ailleurs, avec un prix de l’or à la hausse, mais ceux du gaz, du cuivre et du coton sous pression, les exportations (20 %) devraient décélérer. D’autant que la demande extérieure pourrait être affectée par la décélération chinoise. Mais, comme les importations ralentiront encore plus, en lien avec le ralentissement de la construction d’infrastructures et d’installations industrielles, la contribution des échanges à la croissance pourrait de négative devenir neutre.

 

L’ouverture de l’économie s’accompagne d’un déficit courant

En 2019, les autorités se sont lancées dans une profonde réforme de l’imposition. Le nombre d’entreprises soumises à l’impôt est passé de 7 000 à 35 000. En face, le taux de TVA a été réduit de 20 à 15 % et l’imposition basée sur le travail a été abaissée afin de lutter contre l’informalité. Le coût estimé à 2,5 % du PIB a été plus que compensé par le surplus de recettes généré par la croissance et le déficit, déjà faible, s’est réduit. La dette, entièrement extérieure et contractée pour l’essentiel auprès de créanciers publics, est légère, témoignant d’une gestion prudente. Le pays a procédé à une première émission obligataire en février 2019 au taux de 5,4 %. Cette bonne situation budgétaire pourrait se révéler utile pour la modernisation des entreprises publiques au nombre de 1 800 et employant 800 000 personnes (18 % de la population active). De plus, le système bancaire, dont les établissements publics concentrent 85 % des actifs (la moitié pour les trois plus gros) est étroitement contrôlé par l’État, notamment pour sa politique de prêts dont 60 % sont liés à des entreprises publiques. Or la dépréciation du som a fragilisé certaines d’entre elles.

 

Le décollage de la demande intérieure induite par l’ouverture de l’économie et le boom du crédit ont entraîné une forte augmentation du déficit de biens et de services (18 % du PIB en 2018) et l’apparition d’un déficit courant que les transferts d’expatriés (15 %) ne permettent pas d’annuler. Il est largement financé par les prêts publics concessionnels, les IDE et les émissions obligataires, permettant de maintenir les réserves à un bon niveau, équivalent à 12 mois d’importations, dont la moitié conservée par le Fonds de reconstruction et de développement. De plus, le déficit devrait cesser de croître du fait du ralentissement des importations liées aux investissements et de l’augmentation des exportations résultant de ces derniers. La dette extérieure a beaucoup augmenté depuis 2017 pour atteindre 38 % du PIB (2019), mais présente un risque faible. Elle est le fait, pour 64 %, de l’État.

 

Un pouvoir fort, mais soucieux d’attirer les investisseurs étrangers

Le décès d’Islam Karimov, président depuis l’indépendance du pays en 1991, a conduit son Premier ministre Shavkat Mirziyoyev à la tête de l’État après sa confortable élection (89 % des voix) en décembre 2016. Comme son prédécesseur, il maintient un État fort. Les élections législatives de décembre 2019, sans surprise, ont été remportées par les partis proches du pouvoir. Cependant, son plan stratégique 2017/2021 prévoit de réformer l’administration, d’instaurer l’État de droit, de libéraliser et d’ouvrir l’économie et de développer l’éducation, la santé et les infrastructures. Il s’agit de donner confiance aux investisseurs et de réduire le chômage et la pauvreté, alors que les restrictions aux libertés offrent un terreau favorable à la contestation d’une population très jeune, que le pouvoir fera tout pour contrôler. Mettant fin à une décennie d’isolationnisme, il s’est rapproché des pays voisins, notamment du Kirghizstan et du Tadjikistan, avec lesquels des accords sur la gestion de l’eau, les voies de communication, le réseau électrique et les litiges frontaliers ont été conclus ou sont en cours de négociation. Un rapprochement avec la Russie est intervenu, avec à la clef une possible adhésion à l’Union économique eurasiatique, qui ne devrait pas faire ombrage aux bonnes relations avec la Chine et l’Occident.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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