Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Royaume-Uni

Royaume-Uni

Population 67,1 millions
PIB par habitant 40 394 $US
A3
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,3 - 9,8 7,5 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 0,9 2,6 7,0
Solde public / PIB (%) -2,3 -15,0 -5,4 -4,3
Solde courant / PIB (%) -2,7 -2,5 -2,6 -4,6
Dette publique / PIB (%) 83,8 94,0 95,6 95,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale d’avril à mars

POINTS FORTS

  • Production d’hydrocarbures couvrant les trois-quarts des besoins énergétiques
  • Secteurs de pointe (aéronautique, pharmacie, automobile)
  • Services financiers
  • Régime fiscal compétitif et attractif

POINTS FAIBLES

  • Dettes publique et des ménages (115 % du revenu disponible brut) élevées
  • Faible productivité et déficit de formation ne favorisant pas l’innovation
  • Disparités régionales entre le Sud-Est (en particulier Londres) et le reste du pays, notamment en matière d’infrastructures de transport et d’énergie

APPRÉCIATION du risque

L’inflation, exacerbée par la guerre en Ukraine, entrave la reprise

Parmi les pays les plus affectés sur le plan sanitaire et économique, le Royaume-Uni a également été parmi les premières économies de la région à rebondir, grâce à l’une des campagnes de vaccination les plus précoces au monde, si bien que fin 2021, le PIB avait retrouvé son niveau d’avant-crise. Toutefois, en 2022, la reprise sera entravée par les conséquences économiques de la guerre en Ukraine. L’envolée des cours des matières premières, qui a notamment amené l'autorité britannique de l'énergie (Ofgem) à relever de 54% le plafond des prix annuels de l’énergie en avril 2022, attisera les pressions inflationnistes apparues au second semestre 2021. Si celles-ci avaient déjà poussé la Banque d’Angleterre (BoE) à être la première, parmi les économies avancées, à remonter son taux directeur - de 0,1 % à 0,25 % - en décembre 2021, l’autorité monétaire a ensuite procédé à une troisième hausse consécutive en mars (portant son taux à 0,75%), en anticipation du renforcement de ces pressions, et sera très probablement contrainte de poursuivre dans cette direction tout au long de l’année. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des ménages, relativement épargné pendant la crise, grâce au substantiel dispositif de chômage partiel (69 milliards GBP, soit 3,1 % du PIB, le double des principales économies de la région), diminuera nettement, malgré les mesures prises par le gouvernement pour en limiter l’ampleur. Le taux d’épargne étant retombé à son niveau d’avant-crise fin 2021, après avoir dépassé 20 % au pic de la pandémie, la consommation des ménages sera particulièrement affectée, malgré la hausse du salaire minimum (National Living Wage) de 6,6 % en avril 2022, et, d’une façon générale, des rémunérations face au nombre record de postes vacants (1,3 million en janvier 2022, contre 800 000 avant la crise). Par ailleurs, en dépit du prolongement jusqu’en mars 2023 du dispositif de suramortissement des investissements en capital (“super deduction”), l’investissement des entreprises, reparti lentement en 2021, sera freiné à la fois par l’incertitude économique et par la diminution des bénéfices - résultant de l’envolée des coûts de production et des problèmes d’approvisionnement. Par ailleurs, malgré des échanges commerciaux limités avec la Russie - qui représentait 0,8% des exportations et 1,5% des importations (or exclu) en 2021 -, l’économie britannique sera affecté par le net ralentissement de ses voisins, dans la mesure où plus de 40% de ses exportations sont à destination de l’Union Européenne (UE). Cela, dans un environnement déjà défavorable, suite à la sortie du pays de l’UE, pour les exportations britanniques qui, contrairement aux autres économies avancées, n’avaient toujours pas retrouvé leur niveau d’avant-crise fin 2021 (-12% par rapport à 2019). Après être resté très faible tout au long de la crise, le nombre de défaillances est reparti à la hausse en août 2021, du fait de l’arrêt des mesures de soutien. En 2022, face à l’accumulation de vents contraires, les défaillances devraient continuer sur cette tendance. 

 

Politique budgétaire prudente face au renchérissement du financement de la dette

Après s’être considérablement creusé lors de la pandémie, du fait des mesures d’urgence successives entre 2020 et 2021 pour un total de 19 % du PIB, le déficit public devrait continuer de se réduire progressivement en 2022, malgré la mise en place de mesures pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages (réduction du prix des carburants, rabais de 150 GBP sur la taxe d’habitation et de 200 GBP sur la facture énergétique). Le léger assainissement des comptes publics sera permis par la hausse des recettes, tirées notamment par la hausse de 1,25 point des cotisations sociales (+15 milliards GBP, 0,7 % du PIB) – malgré l’annonce, en mars 2022, du relèvement du seuil d’exonération qui en réduira les recettes de 6 milliards GBP - et le gel pendant quatre ans de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu (+3 mds GBP en 2022). La dette publique restera toutefois très élevée, et son coût de financement progressera nettement, en raison du changement d’orientation de la BoE qui, après avoir acheté massivement des obligations d’Etat sur les marchés financiers pendant la pandémie (pour un total de 895 mds GBP), a commencé à réduire le montant de ses actifs en février 2022.

 
La balance courante, constamment déficitaire, se creusera davantage en 2022, en raison du renchérissement de la facture énergétique. Bien que le pays affiche un large excédent structurel de la balance des services (5,5 % du PIB en 2021), grâce aux services financiers et d’assurance (deux tiers de l’excédent), celui-ci ne permet pas de totalement compenser le déficit de la balance des biens (6,7 % du PIB). Place centrale du système financier international, le pays finance confortablement son déficit courant par des investissements étrangers de portefeuille.

 

Boris Johnson fragilisé par les scandales

Le Premier ministre, Boris Johnson, au pouvoir depuis son élection à la tête du parti Conservateur en juillet 2019, avait réussi son pari de dissoudre le Parlement et renforcer sa majorité lors des élections de décembre 2019, avec 365 sièges sur 650 (+50 par rapport à 2017). Après avoir vu sa popularité fluctuer selon sa gestion sanitaire - le succès de la campagne de vaccination avait propulsé sa cote de popularité à 48 % en mai 2021 -, Boris Johnson était nettement derrière le leader du Labour, Keir Starmer, selon les sondages réalisés en janvier 2022 (28% contre 38%), après qu'il a admis avoir participé à une fête pendant le premier confinement en mai 2020. Dans ce contexte, bien que sa cote de popularité soit légèrement remontée en mars à la faveur du contexte géopolitique, un vote de défiance de la part du parti Conservateur, en vue de le remplacer à la tête de la majorité en 2022, ne peut être écarté.

 

Dernière mise à jour : Mars 2022

Paiement

Les chèques sont fréquemment utilisés pour effectuer des paiements commerciaux nationaux et internationaux, bien que les lettres de change et les lettres de crédit soient préférées dans les transactions internationales. Considérés comme un moyen de paiement rapide et fiable, les virements bancaires — notamment les virements SWIFT — sont très prisés. Les débits directs et les ordres permanents sont également perçus comme des solutions pratiques pour effectuer des paiements réguliers ou anticipés. Ils sont particulièrement fréquents dans le cadre des transactions nationales. Les factures peuvent être émises avant ou après la fourniture des biens ou des services.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Le processus de recouvrement de créances commence généralement par l’envoi d’une demande de paiement au débiteur, suivie de plusieurs courriers, d’appels téléphoniques et (si la valeur de la créance l’autorise) de visites sur place et d’entretiens avec le débiteur. Le processus de recouvrement comporte une succession d’étapes et commence par une phase de recouvrement amiable (préalable aux poursuites judiciaires) pour finir par un recours contentieux si le débiteur ne respecte pas ses obligations.

 

Procédure judiciaire

Le tribunal de comté est compétent en matière civile uniquement. Les juges traitent les cas de recouvrement de créances, de dommages à la personne, les ruptures de contrats impliquant des biens meubles ou immeubles, la récupération de biens fonciers et les affaires familiales (telles que le divorce et l’adoption). Pour les affaires se rapportant à une somme inférieure à 25 000 GBP (ou 50 000 GBP pour les affaires de dommages à la personne), la première audience se déroule au tribunal de comté.

La Haute Cour de justice se situe à Londres, mais compte également plusieurs bureaux appelés « greffes de circonscription » en Angleterre et au Pays de Galles. Elle comprend trois divisions : la chambre du Banc de la Reine, la chambre de la Chancellerie et la chambre de la famille.

La Cour d’appel comporte deux divisions — la division civile et la division criminelle.

La Cour suprême se compose d’un président, d’un président adjoint et de douze juges professionnels.

 

Procédure accélérée (les référés)

Pour formuler une demande en référé, le plaignant doit obtenir un formulaire de demande auprès du tribunal. Celui-ci doit être accompagné d’une déclaration dans laquelle le plaignant expose les raisons de sa demande en référé − soit le défendeur ne dispose pas d’arguments suffisants pour avoir gain de cause, soit rien ne justifie d’organiser un procès intégral.

Une copie de cette déclaration est remise au défendeur sept jours avant l’audience en référé. Ce dernier peut également présenter une déclaration au plus tard trois jours avant l’audience. Le plaignant ne peut demander de référé avant que le débiteur ait accusé réception de la signification ou notification ou avant qu’il ait produit une défense. Si le tribunal est d’accord avec les arguments du plaignant, il rend une décision favorable. À l’inverse, la demande est rejetée si le tribunal s’oppose aux arguments du plaignant.

 

Procédure ordinaire

Désormais, le tribunal de comté et la Haute Cour présentent des procédures et des juridictions identiques. Un certain nombre de voies de procédure contentieuse ont été créées, chacune disposant de son propre calendrier procédural. Un juge de procédure associe chaque affaire à une voie procédurale en fonction de sa valeur pécuniaire. Des processus opérationnels doivent être mis en œuvre avant d’intenter une action en justice. Ceux-ci ont été conçus pour encourager les parties concernées à régler leurs différends sans recours judiciaire, afin de minimiser les coûts et la durée.

L’instance est officiellement ouverte lorsque le plaignant soumet un formulaire de demande au tribunal de comté ou à la Haute Cour. Tous les détails relatifs à la demande sont présentés dans les Éléments de la demande. Il s’agit d’un document généralement distinct à joindre au formulaire de demande. Le formulaire de demande doit être signifié ou notifié au défendeur par le tribunal ou par le plaignant. Le défendeur peut répondre à ce formulaire de demande dans un délai de 14 jours à compter de la signification ou notification. Un délai supplémentaire de 28 jours peut être accordé pour permettre au débiteur de produire une défense et/ou une demande reconventionnelle. Après l’échange de ces documents officiels, le tribunal ordonne aux parties de remplir un questionnaire d’affectation.

 

Injonction conservatoire (anciennement, Mareva)

Une injonction conservatoire est une mesure conservatoire spéciale qui empêche le défendeur de disposer de ces actifs ou de les transférer hors du pays. Une telle décision implique généralement que le demandeur rembourse l’intégralité des coûts supportés par la personne à qui la mesure s’applique si cette dernière obtient gain de cause. Un litige commercial nécessite généralement 18 à 24 mois entre la date d’ouverture de l’instance et le verdict.

Exécution d’une décision de justice

Plusieurs mécanismes d’exécution sont disponibles. Parmi ceux-ci figurent le mandat d’exécution (qui permet à l’huissier du tribunal de comté de mettre le débiteur en demeure de payer) et le bref d’exécution pour les créances supérieures à 600 GBP, en vertu duquel un huissier de justice peut prélever une partie du prix de vente des biens égale à la valeur de la créance en question (après une vente aux enchères et en compensation du montant dû).

En tant que membre de l’UE, le Royaume-Uni a adopté un certain nombre de mécanismes d’exécution applicables aux décisions rendues dans les autres pays de l’UE. Ces mécanismes comprennent l’injonction de payer européenne, ayant directement force exécutoire dans les tribunaux nationaux, et le titre exécutoire européen pour les créances non contestées. Les décisions rendues dans les pays hors UE sont reconnues et exécutées sous réserve que le pays émetteur ait conclu un accord avec le Royaume-Uni. À défaut d’un tel accord, le droit international privé anglais prévoit une procédure d’exequatur.

Procédure d’insolvabilité

Administration judiciaire

L’administration judiciaire a pour but de permettre aux entreprises (dans la mesure du possible) de poursuivre leur activité. Cette procédure peut être ouverte en formulant une demande d’ordonnance d’administration auprès du tribunal ou en lui remettant des documents concernant la désignation d’un administrateur extrajudiciaire.

 

Company Voluntary Arrangement (CVA)

La procédure de CVA repose sur un accord informel, mais contraignant, entre une société et ses créanciers non garantis, qui lui permet de renégocier ses créances. Cette procédure peut compléter ou se substituer à d’autres procédures d’insolvabilité, telles que l’administration judiciaire ou la liquidation. Elle donne lieu à un plan de restructuration qui nécessite le soutien des créanciers opposants.

 

Plan d’arrangement avec les créanciers

Le Creditor’s Scheme of Arrangement est un compromis autorisé par le juge entre la société débitrice et l’ensemble de ses créanciers, quel que soit leur rang, visant à réorganiser ou rééchelonner ses créances. Il ne s’agit pas d’une procédure d’insolvabilité et l’action des créanciers n’est pas suspendue. Sa mise en œuvre peut toutefois intervenir parallèlement à une procédure d’insolvabilité (administration judiciaire ou liquidation). Elle peut également être mise en œuvre indépendamment par la société débitrice elle-même.

 

Mise sous séquestre

Il existe trois types de séquestres. Le premier type dispose de compétences statutaires. Le deuxième type de séquestre est désigné aux termes d’une charge spécifique ou d’un acte de fiducie-sûreté. Le troisième type de séquestre est un administrateur désigné aux termes d’une sûreté flottante grevant tout, ou une grande partie, des biens de la société débitrice.

 

Liquidation judiciaire

Une société peut volontairement entrer en liquidation ou y être contrainte juridiquement. Dans le cas de la liquidation volontaire, il peut s’agir d’une members’ voluntary liquidation (la société est solvable) ou d’une creditors’ voluntary liquidation (la société est insolvable). Ces deux procédures sont ouvertes à la demande du débiteur suite à une résolution adoptée lors d’une assemblée des actionnaires. La société débitrice cesse son activité et un liquidateur saisit ses actifs et distribue les bénéfices aux créanciers afin de rembourser les dettes de la société, dans la mesure du possible.

Défaillances d'entreprises au Royaume-Uni
Haut de page