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Agroalimentaire

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie
Moy-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Forte demande des pays émergents (notamment la Chine et l’Inde)
  • Développement du marché bio dans les économies avancées

Faiblesses

  • Secteur très dépendant des aléas climatiques
  • Forte incertitude autour de la guerre commerciale en cours

Evaluation des risques

Les faits marquants
ÉVOLUTION DES INDICES DES PRIX ALIMENTAIRES DE LA FAO (BASE 100 = JANVIER 2018)

ÉVOLUTION DES INDICES DES PRIX ALIMENTAIRES DE LA FAO (BASE 100 = JANVIER 2018)

L’indice de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des prix alimentaires a diminué d’environ 6 % entre septembre 2017 et septembre 2018. Cette baisse s’explique principalement par la chute des indices des prix des huiles et du sucre de 21 % et 20 % respectivement sur la même période, principalement en raison d’une production de sucre élevée et des tarifs douaniers imposés par la Chine sur les importations de soja américain. L’indice du prix des céréales est le seul ayant augmenté (+9 %), cette hausse s’expliquant par la baisse des précipitations (et donc de la production) en Australie et au Canada, qui sont des acteurs leaders en la matière au niveau mondial (ils réalisaient 22 % des exportations mondiales de blé en 2017). Notons cependant que le soja de référence utilisé dans l’indice des prix de la FAO est le soja américain, dont le prix diminue en raison de la guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine. Le prix du soja américain suit donc une tendance contraire au prix du soja brésilien, qui est en hausse à cause de la demande croissante exercée par la Chine, suite aux tensions avec les États-Unis.

Le secteur devrait être affecté par la baisse de la croissance dans les économies avancées, principalement en Europe. De plus, il devrait continuer à pâtir aux États-Unis de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, cette dernière ayant imposé, en représailles de diverses mesures protectionnistes américaines à son encontre, des taxes à l’importation de 25 % sur le soja américain. Le soja étant utilisé pour nourrir le bétail, la guerre commerciale affectera également les acteurs de ce marché de manière indirecte, en plus des taxes aux importations imposées par la Chine et le Mexique sur les importations de porcs des États-Unis à hauteur de 62 % et 20 % respectivement. Le marché du porc sera d’autant plus affecté que des cas de fièvre porcine africaine déclarés en 2018 ont été découverts en Chine (50 cas entre août et novembre) et en Europe (plus de 1 200 cas entre juillet et novembre, la plupart en Roumanie).

Le marché bio connait un important développement, notamment dans les économies avancées : alors que la part des terres cultivables utilisées pour l’agriculture biologique était de 0,3 % en 2000, elle a atteint 1,2 % en 2016. Ce développement devrait se poursuivre dans les années à venir.

Demande

La croissance de l’économie mondiale, tous secteurs confondus, devrait légèrement diminuer en 2019 (3 % d’après Coface).

En Asie émergente, la croissance de l’activité devrait rester légèrement décroître en 2019 à 5,7 % après 6 % en 2018. Les droits de douane imposés par la Chine sur les importations de soja américains devraient faire diminuer la demande extérieure chinoise de soja pour la saison* 2018/19 de 11 % par rapport à 2017/18. La Chine se fournira en soja essentiellement au Brésil et en Argentine en 2019, alors que ses importations en provenance des États-Unis comptaient pour 62 % des exportations américaines en 2017 et ont diminué de 95 % entre septembre 2017 et septembre 2018.

Le marché du porc souffre des récents cas de fièvre porcine africaine : la contagion rapide et le taux de mortalité très élevé de la maladie ont contraint les éleveurs chinois à abattre une large part de leurs cheptels. Dans l’éventualité où cette épidémie ne serait pas rapidement maîtrisée, la Chine pourrait être contrainte d’augmenter ses importations de porc, ce qui causerait une pression inflationniste pour ce segment au niveau mondial.

En Amérique du Nord, la croissance dynamique malgré un léger tassement, attendu en 2019 portera la demande régionale dans le secteur. Cependant, le secteur agroalimentaire aux États-Unis devrait souffrir de la guerre commerciale avec la Chine : les produits agricoles américains sont parmi les plus ciblés par les mesures de rétorsion chinoises. La Chine, se fournissant désormais quasiment exclusivement au Brésil et en Argentine, les États-Unis tentent de trouver d’autres acheteurs pour compenser le manque à gagner. L’Europe qui a ainsi accepté de se fournir en soja majoritairement chez le géant nord-américain ne pourra pas compenser la diminution de la demande chinoise pour les producteurs américains.

La demande du secteur en Europe de l’Ouest devrait être négativement impactée par les faibles perspectives de croissances en 2018 et 2019 alors qu’en Europe de l’Est, la demande extérieure, de viande notamment, profitera au secteur.

En Amérique latine, la forte dépréciation du peso argentin en 2018 et l’augmentation des exportations de soja vers la Chine vont favoriser les exportations de produits agricoles argentins, mais les faibles perspectives de croissance pour 2018 et 2019 devraient négativement impacter le secteur agroalimentaire. L’augmentation de la demande chinoise de soja brésilien, bien qu’étant une aubaine pour les producteurs, constitue une difficulté pour les consommateurs nationaux : la hausse des prix liée à l’accroissement de la demande pénalise en effet les consommateurs locaux ainsi que les producteurs de bétails.

Offre

La production céréalière mondiale devrait baisser pour les récoltes 2017/18 et 2018/19 de 2 % par rapport à 2016/17 notamment à cause des conditions climatiques défavorables et du phénomène El-Niño qui a débuté fin 2018 et qui devrait notamment toucher les pays d’Amérique latine, tels que le Pérou, le Brésil et l’Argentine ainsi que l’Océanie. Les prévisions du département américain de l’agriculture anticipent une augmentation des productions mondiales de porc, de volaille et de bœuf de respectivement 2 %, 4 % et 3 % en 2018 par rapport à 2017 et de 1 %, 2 % et 1 % en 2019 comparativement à 2018.

Aux États-Unis, la croissance de la production des biens alimentaires a légèrement diminué au deuxième trimestre 2018 par rapport au premier. Les producteurs de soja, déjà en difficulté à cause des tarifs douaniers imposés par la Chine en représailles dans le cadre de la guerre commerciale initiée par l’administration Trump, doivent de surcroît faire face à des mauvaises récoltes au début de 2018/19 : les précipitations et les ouragans sont responsables d’une production de mauvaise qualité.

En Europe, le secteur dans son ensemble a continué d’être affaibli par l’embargo russe sur les produits alimentaires en provenance des États-Unis et de l’UE qui devrait perdurer jusqu’à la fin de l’année 2019.

Concernant l’Amérique latine, les sécheresses en Argentine ont pénalisé le secteur : la production de soja en 2017/18 est inférieure de 31 % à celle de la saison précédente, celle-ci pourrait en plus pâtir du phénomène El-Niño qui se traduit en Argentine par des précipitations plus abondantes que la normale. Les récoltes brésiliennes de soja ont été 5 % plus élevées en 2017/18 qu’en 2016/17. Les producteurs ont bénéficié de la hausse des prix liée à l’accroissement de la demande. En effet, les prix du soja sur le marché brésilien devraient augmenter en raison d'une forte demande émanant de la Chine suite à la guerre commerciale. En outre, les éleveurs de porcs brésiliens souffrent de la hausse des prix du soja, ce dernier étant utilisé comme source de protéine pour le bétail.

 

Dernière mise à jour : février 2019

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