TIC

Asie-Pacifique
Risque moyen
Europe centrale et de l'est
Risque faible
Amérique Latine
Risque élevé
Moyen-orient et Turquie
Risque moyen
Amérique du Nord
Risque moyen
Europe de l'Ouest
Risque moyen

Résumé

Points forts

  • Secteur innovant capable de créer de nouveaux relais de croissance (Internet des objets, big data, intelligence artificielle…).
  • Croissance de la demande soutenue et durable grâce à la numérisation des activités économiques et des modes de vie (segments des semiconducteurs, services et logiciels informatiques).
  • Biens et services en TIC souvent à forte valeur ajoutée et générant des marges élevées (segments des semiconducteurs, services et logiciels informatiques).
  • Marchés de produits souvent concentrés du fait de barrières à l’entrée élevées (recherche et développement, infrastructures de réseaux, usines…), en particulier dans les semiconducteurs et télécoms.

Points faibles

  • Environnement réglementaire de plus en plus contraignant au niveau national ou régional (protection des données, anti-trust…) du fait de l’importance économique et stratégique croissante du secteur.
  • Vulnérabilité croissante aux risques géopolitiques (conflits commerciaux, sanctions internationales, risque cyber).
  • Semi-conducteurs : activité particulièrement cyclique avec une récession tous les quatre à cinq ans en moyenne.
  • Télécommunications : niveaux d’endettement élevés et coûts du service de la dette en hausse.
  • Produits électroniques et télécoms : segments matures en proie à une forte concurrence sur les prix.

Evaluation des risques sectoriels

La croissance des ventes du secteur est restée solide en 2025 malgré la détérioration de l’environnement commercial mondial. L’investissement dans l’intelligence artificielle a été le moteur du segment des semi-conducteurs (+22?%), où la forte demande pour les puces graphique et mémoire masque la récession prolongée des ventes de puces destinées au secteur industriel (automobile…). Les investissements liés à l’IA ont également stimulé les ventes de serveurs (+5?%, dont +20?% pour les serveurs IA) ainsi que les dépenses en services informatiques et logiciels (+9?%). Tandis que les ventes d’ordinateurs bénéficient d’achats de remplacement liés à la fin du support de Windows 10, les segments plus matures des télécommunications et de la fabrication électronique enregistrent une croissance plus faible.

L’ampleur du cycle technologique actuel suscite toutefois des inquiétudes. Si l’IA ne parvient pas à générer des applications rentables pour ses utilisateurs, les investissements massifs réalisés dans la chaîne de valeur IT, des semi-conducteurs aux centres de données, pourraient se défaire rapidement et provoquer une récession profonde et durable. À l’inverse, si l’IA tient ses promesses et que la demande finale explose, les capacités de production pourraient être saturées et des pénuries dans des goulots d’étranglement comme la fabrication de semi-conducteurs perturberaient de nombreux secteurs. Dans les deux cas, la volatilité et l’ampleur des investissements liés à l’IA rendent ce cycle particulièrement instable pour les chaînes d’approvisionnement mondiales et la stabilité économique.

Malgré une trêve apparente entre les États-Unis et la Chine dans leurs rivalités commerciales et technologiques, nous estimons que ces tensions demeurent structurelles et alimentent une fragmentation accrue des chaînes d’approvisionnement, des standards et des écosystèmes d’innovation.

Perspectives économiques du secteur

Matériel électronique : une réelle reprise malgré un environnement douanier incertain

La plupart des segments du marché des équipements électroniques ont affiché des résultats positifs en 2025, les expéditions mondiales de smartphones, de serveurs et d'ordinateurs personnels ayant augmenté respectivement de 2 %, 5 % et 7 %. Les téléviseurs (-1 %) ont été la seule catégorie de produits à afficher des résultats négatifs. La demande a été plus forte que prévu dans la plupart des régions, en lien avec une reprise plus générale des dépenses de consommation. Aux États-Unis, les efforts déployés par les fabricants pour diversifier leur sourcing et les exemptions de droits de douane supplémentaires pour certaines catégories de produits (smartphones et ordinateurs, notamment) ont permis d’atténuer l’impact d’un environnement de tarifs douaniers volatil.

En dépit de cette amélioration cyclique des ventes, la plupart des marchés de produits du segment sont désormais très matures, les ventes mondiales de téléviseurs, d’ordinateurs et de smartphones ayant atteint leur pic respectivement en 2011, 2013 et 2016. Les ventes sont principalement tirées par les achats de remplacement d’équipements existants, et dans une moindre mesure, par les premiers achats dans les économies émergentes. La faiblesse de la croissance des volumes s’est traduite par une concurrence féroce pour les parts de marché au cours de la dernière décennie, les challengers chinois ayant souvent évincé les anciens leaders japonais, européens et américains.

Pour échapper à la concurrence par les prix et pouvoir justifier de prix plus élevés, les entreprises continuent d’innover en lançant de nouveaux appareils plus performants (connectivité, résolution d’écran, puissance de traitement, efficacité énergétique…), intégrant des services complémentaires (comme les abonnements à du contenu) ou au logiciel et à l’interface utilisateur améliorés. Les nouveaux appareils intégrant l’intelligence artificielle n’ont, jusqu’à présent, eu aucun impact significatif sur les cycles de remplacement du matériel, les consommateurs restant peu convaincus par les fonctionnalités supplémentaires offertes par cette technologie.

Semiconducteurs : un cycle dynamique mais inégal

Selon la fédération professionnelle du secteur des semiconducteurs (WSTS), les ventes mondiales ont dépassé pour la première fois la barre des 700 milliards de dollars en 2025 (+22 %). Les ventes sont principalement tirées par la hausse des prix dans des segments critiques (puces mémoire et graphique) qui reflète un équilibre tendu entre l'offre et la demande et une amélioration de la gamme de produits, avec l'arrivée sur le marché d'un plus grand nombre de puces utilisant les dernières technologies de TSMC et Samsung. Le cycle actuel est largement tiré par la forte demande de puces à haute valeur ajoutée qui alimentent l'essor des infrastructures d'IA, les ventes dans les régions Amériques (+29 % en 2025) et Asie-Pacifique (+25 %) captant l'essentiel de la croissance. Le Japon (-4 %) et l'Europe (+6 %) sont loin derrière, car ils dépendent davantage de la demande de puces à haut volume et à bas prix, typiques des marchés finaux tels que l'industrie et l'automobile. Symptôme de cette évolution à deux vitesses dans l'industrie, de nombreuses entreprises de semi-conducteurs ne sont sorties de la récession de 2022-2023 qu'à la fin de 2025. Une tendance émergente dans la fabrication de semi-conducteurs est la compétitivité croissante des entreprises basées en Chine s’agissant des technologies les plus matures.

Ce cycle des semi-conducteurs alimenté par la demande en puces pour l’intelligence artificielle comporte toutefois ses propres vulnérabilités : les hausses de capacités reposent sur des hypothèses de demande future encore incertaines. Tout écart important entre offre et demande, qu’il s’agisse d’un excès d’offre ou de nouveaux goulets d’étranglement, pourrait rapidement déstabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales et l’économie au sens large.

Les risques géopolitiques constituent un autre facteur de plus en plus préoccupant, la rivalité technologique croissante entre les États-Unis et la Chine redéfinissant progressivement les flux commerciaux mondiaux. La mise en place de contrôles à l’exportation, de listes noires et de systèmes d’autorisations a créé de nouveaux goulets d’étranglement dans des domaines critiques comme les puces pour l’intelligence artificielles et les équipements de fabrication de puces, augmentant la probabilité de perturbations des chaînes d’approvisionnement. Parallèlement, les entreprises américaines de semi-conducteurs voient leurs débouchés se réduire, alors que certaines générent jusqu’à la moitié de leurs chiffres d’affaires sur le marché chinois. La pression croissante pour se conformer aux réglementations géopolitiques expose également les petites entreprises à des risques financiers et opérationnels importants. En outre, la divergence des normes et des politiques commerciales entre les États-Unis et la Chine — et même au sein du bloc aligné sur les États-Unis — ajoute de la complexité et des coûts, pouvant entraîner une fragmentation et une réorganisation stratégique parmi les acteurs clés comme Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et l’Europe.

Services et logiciels informatiques : les contraintes de main d’œuvre grèvent la croissance et tirent les coûts à la hausse

Le secteur des services et logiciels informatiques comprend les sous-segments du conseil, de la programmation, du traitement de données, des services gérés et du logiciel générant collectivement un chiffre d’affaires mondial de 2 600 milliards d’USD. Affichant une croissance annuelle moyenne de près de 9% au cours de la dernière décennie, il tire son dynamisme de l’usage par les entreprises et les administrations des technologies de l’information et de la communication pour améliorer leur efficacité.

Essentiellement constitué de marchés nationaux ou régionaux comme la plupart des activités de services, le secteur connaît toutefois une internationalisation croissante dans les segments du logiciel, des services gérés, de la programmation et du traitement de données. Au cours de la dernière décennie, les exportations de services IT par l’Inde et les Etats-Unis ont par exemple plus que doublé et représentent désormais plus de 150 milliards d’USD par an. Après le big data, le cloud computing et la cybersécurité, les entreprises du secteur misent désormais sur le déploiement des technologies d’intelligence artificielle pour accélérer encore leur croissance.

Répondre à la croissance de la demande constitue le défi principal des entreprises de ce secteur où la main d’œuvre constitue à la fois le premier poste de coût (entre 50% et 75% du chiffre d’affaires selon les segments) et la source principale de compétitivité. Ces dernières années, une pénurie de profils qualifiés a pesé sur la capacité des entreprises à répondre à la demande et tiré à la hausse les coûts salariaux. Le secteur doit également composer avec des exigences croissantes des autorités de régulation en matière notamment de collecte, d’hébergement et de sécurité des données (Réglementation Générale pour la Protection des données dans l’Union européenne) ou de contrôle des contenus illicites ou mensongers (Règlement sur les Services Numériques).

Télécommunications : les usages explosent, le chiffre d’affaires stagne

Le secteur des télécommunications génère un chiffre d’affaires annuel mondial de l’ordre de 1 400 milliards d’USD. Les marchés des télécommunications sont nationaux, oligopolistiques et le plus souvent dominés par un ancien monopole d’Etat. Les groupes internationaux y sont l’exception et ont pour la plupart, faute d’économies d’échelle ou de synergies suffisantes, sensiblement réduit leurs activités en dehors de leurs pays ou régions d’origine ces dernières années.

Porté par le développement rapide des réseaux fixes et mobiles dans les économies développées de 1995 à 2015, le secteur y est désormais largement mature et sa rentabilité fonction de la taille et du degré de concentration des marchés domestiques. A cet égard, les opérateurs américains bénéficient d’un marché à la fois vaste (330 millions d’habitants) et concentré (Verizon, AT&T et T-Mobile détiennent plus de 90% du marché) permettant des marges élevées. A l’inverse, les marchés européens restent nationaux et plus fragmentés et donc comparativement moins rentables.

Dans les pays émergents, le déploiement des télécommunications mobiles continue de soutenir une croissance peu rémunératrice du fait de revenus moyens par utilisateur (average revenue per user, ARPU) comparativement faibles. Le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile et au haut-débit fixe dans le monde devrait croitre de 1% et 3% par an respectivement dans les cinq prochaines années. Après une décennie de croissance quasi-nulle, le chiffre d’affaires du secteur ne devrait progresser qu’à la marge sur la même période.

L’usage des télécommunications, pourtant, continue de croître à un rythme soutenu grâce au déploiement de réseaux fixes (fibre optique) et mobiles (5G) plus rapides et plus étendus. Les volumes de données échangés sur les réseaux mobiles et fixes dans le monde devraient ainsi progresser respectivement de 20% et 12% par an dans les cinq prochaines années. Le défi, pour les opérateurs télécoms, est de monétiser cette amélioration de la qualité du service auprès de consommateurs opportunistes et attentifs aux prix (pays développés) ou aux budgets contraints (pays émergents).

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