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Albanie

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Population 2,9 millions
PIB par habitant 5239 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 4,1 3,0 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 2,0 1,7 2,0
Solde public / PIB (%) -1,4 -1,6 -2,2 -1,8
Solde courant / PIB (%) -7,5 -6,8 -6,6 -6,6
Dette publique / PIB (%) 71,9 69,9 66,0 64,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Candidate à l’adhésion à l’Union européenne, Accord de stabilisation et d’association
  • Potentiel minéral (pétrole, chrome, cuivre, fer-nickel, silicates, charbon), hydroélectrique et touristique
  • Longue façade maritime
  • Main-d’œuvre abondante et peu onéreuse
  • Flexibilité du change allant de pair avec fermeté du lek face à l’euro et des réserves conséquentes-Laborieuse ouverture des négociations d’adhésion à l’UE

POINTS FAIBLES

Petite économie ouverte et faiblement diversifiée

Démographie défavorable : vieillissement et immigration

  • Économie informelle importante (un tiers) rognant les recettes publiques, mais en diminution
  • Pauvreté (PIB par tête = 30 % de la moyenne européenne), place réduite de l’éducation (3 % du PIB), faible qualification de la main-d’œuvre
  • Dépendance à la pluviométrie : agriculture (1/5 du PIB pour 42 % des emplois) et hydroélectricité (98 % de l’électricité) et exposition au risque sismique
  • Manque d’efficacité et politisation de la justice et de l’administration
  • Corruption et crime organisé, parfois lié au trafic de drogue

appréciation du risque

Croissance soutenue par la demande intérieure

La croissance pourrait augmenter en 2020 et se rapprocher de son potentiel (4 %). La consommation des ménages, de nouveau principale contributrice, continuera de profiter de la baisse du chômage, y compris parmi les jeunes (de 34 à 21 % depuis 2015), ainsi que de la progression du taux de participation liée à la diminution de l’économie informelle. Dans ce contexte, les salaires devraient encore progresser. Avec l’achèvement du TAP destiné à transporter le gaz azéri jusqu’en Italie, ainsi que celui de la seconde usine du complexe hydroélectrique sur la rivière Devolli, l’investissement étranger a ralenti. Néanmoins, il reste la composante majeure de l’investissement, avec une prédilection non démentie pour l’énergie et l’extraction minérale, et, de plus en plus, pour la construction touristique. À l’inverse, l’investissement local reste peu dynamique. Sa part privée est entravée par le manque de main-d’œuvre qualifiée et d’entreprenariat, ainsi que la faible qualité des services publics, tandis que la construction ou la modernisation de routes, voies ferrées (ligne Tirana-Durres) et installations portuaires est contrainte par la consolidation budgétaire, la faiblesse des recettes publiques et la prudence des banques. Ces dernières, essentiellement filiales de groupes étrangers (78 % des actifs totaux) turcs, italiens, et autrichiens, chercheront à réduire encore le poids de leurs créances douteuses dans leur portefeuille (11 % à juillet 2019 contre 25 % en 2014) et celui de l’euro (environ la moitié) dans leurs dépôts et leurs prêts. Dans ces conditions, la progression du crédit aux entreprises devrait rester faible et le taux d’intérêt moyen sur les prêts en lek et en euro relativement élevé (6 et 4 % en juillet 2019). La contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait être encore légèrement négative. Les exportations pourraient pâtir du ralentissement européen, alors que la modération des importations de biens d’équipement sera contrebalancée par la vigueur de celles de biens de consommation. Du fait de la fermeté du lek, l’inflation resterait faible, inférieure à la cible de 3 %. La banque centrale devrait maintenir son taux directeur, abaissé à 1 % en juin 2018 afin de diminuer la pression à l’appréciation de la monnaie. Si l’ensemble des secteurs, notamment les services (40 % de l’emploi et 54 % du PIB avec le tourisme et la construction) devraient enregistrer de bonnes performances, la production électrique, soumise à la pluviométrie, est difficile à prévoir et accentue l’incertitude de la croissance.

 

Consolidation budgétaire nécessaire à la réduction du poids de la dette

Depuis la fin du programme FMI et les élections en 2017, l’assainissement budgétaire marque le pas. L’enjeu est important compte tenu du poids de la dette qui, même s’il diminue, reste lourd. Pour moitié à court terme, elle se répartit également entre créanciers domestiques (pour 60 % des banques locales dont elle constitue 25 % des actifs) et étrangers. Son refinancement équivalait à 17% du PIB en 2018, à comparer avec des recettes publiques représentant 25 % du PIB. Au poids de la dette s’ajoutent les garanties de l’État dans le cadre des contrats réalisés en partenariat avec le privé (routes, santé, énergie, éducation) qui représentent 31 % du PIB (l’équivalent de 15 % supplémentaires est en négociation). Le coût du secteur de l’électricité pour l’État devrait diminuer avec l’installation de compteurs, la modernisation des infrastructures et la fin progressive du tarif subventionné. La collecte fiscale profite de la réduction de l’informalité et de l’informatisation, et l’amélioration de la gestion des investissements a permis de supprimer les arriérés de paiement envers les fournisseurs.

 

Important déficit commercial compensé par le tourisme, les remises et les IDE

Les échanges de marchandises resteront très déficitaires (22 % du PIB en 2019). Cela résulte de l’étroite base productive (textile, chaussure, pétrole, minerais, électricité, matériaux de construction) qui contraint à importer les biens d’équipement et de consommation. La moitié des exportations sont destinées à l’Italie. De plus, le solde est sensible à la pluviométrie à travers la fluctuation des ventes d’électricité d’origine hydroélectrique. L’excédent des services (8 % du PIB) augmenterait grâce au tourisme et au perfectionnement passif d’articles d’habillement. À l’inverse, les transferts des émigrés (7 %) pourraient pâtir de la mauvaise conjoncture italienne. Les IDE financent largement le déficit courant, ce qui signifie que les importations liées aux infrastructures s’autofinancent. La dette extérieure, en repli, libellée en euros et à maturité longue, représentait 57 % du PIB à juin 2019, hors prêts intragroupes (14 %) liés aux IDE. L’État albanais est redevable de 58 % du total.

 

Désordre politique

Le parti socialiste a obtenu une majorité absolue de sièges aux élections de 2017, permettant au Premier ministre Edi Rama d’accomplir un deuxième mandat. Néanmoins, les tensions avec l’opposition sont vives. Des députés du parti démocrate ont démissionné en février 2019 et l’ensemble de l’opposition a boycotté les élections municipales de juin et déclare qu’elle ne

participera à aucune élection aussi longtemps que le Premier ministre restera au pouvoir. Afin d’alléger la pression et poursuivre les réformes nécessaires à l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’UE, le pouvoir pourrait être obligé d’élargir sa base en associant une partie de l’opposition. Beaucoup reste à faire pour améliorer l’efficacité administrative et judiciaire, responsabiliser les échelons locaux et lutter contre la corruption et le crime organisé et toutes sortes de trafics avec l’Italie.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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