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Changer de secteur

Forces

  • Période d’innovation sans précédent dans le secteur
  • Les constructeurs automobiles comptent parmi les plus gros investisseurs en R&D dans le monde

Faiblesses

  • Fortement impactée par la crise liée au COVID-19
  • Des normes anti-pollution de plus en plus contraignantes nécessitant de lourds investissements
  • De fortes incertitudes sur la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’automobile dues notamment aux effets d’entraînement de la guerre commerciale
  • La hausse du prix des pièces automobiles et équipements affecte les marges

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur automobile mondial pâtit fortement de la crise sanitaire. L’offre est réduite en raison des conséquences de la fermeture d’une partie des usines partout dans le monde au premier semestre 2020. Pour sa part, la demande a été impactée, par un moindre ‘appétit’ des consommateurs pour ce type de biens durables, en période d’incertitudes économiques liées aux conséquences de la crise sanitaire. Ainsi, la profitabilité du secteur s’établissait à 0,8% à la fin du troisième trimestre (T3) 2020, alors qu’elle atteignait 4,3% un an auparavant. En conséquence, les immatriculations et la production de véhicules se sont effondrés, avant de repartir progressivement , et de façon significative en Asie , à partir du T4 2020. Au niveau mondial, les ventes de voitures se sont contractées de 22% en octobre 2020 sur dix mois. La production de véhicules a baissé de 22% à fin octobre 2020, sur douze mois.

La croissance économique devrait repartir en 2021, après une contraction du PIB sans précédent en 2020. En effet, selon Coface, le PIB mondial devrait se contracter de 4,3% en 2020 et rebondir de 4,4% en 2021.Cependant, bien que les ventes du secteur commencent à se redresser, elles ne devraient pouvoir combler les pertes du 1er semestre 2020. Une reprise progressive est en effet visible en Chine depuis le T2 2020, alors que l’Europe et les Etats-Unis doivent encore lutter contre l’impact de la pandémie sur les ventes et la production malgré les légères améliorations perceptibles déjà en fin d’année.

Par ailleurs, le secteur est toujours en pleine transformation avec le développement de l’électrique et des régulations de plus en plus contraignantes concernant les émissions de CO2 notamment. L’industrie automobile continue de se reconfigurer avec la montée en puissance de l’e-mobilité, et l’émergence de nouveaux acteurs sur le segment des véhicules électriques et de la voiture autonome. Les constructeurs automobiles et les équipementiers traditionnels continuent d’établir de nouveaux partenariats pour faire face à ces nouveaux défis.

 

Note de lecture: Le segment « e-mobilité » dans le secteur automobile rassemble les véhicules totalement électriques, les hybrides électriques ainsi que les véhicules à hydrogène.

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Analyse approfondie du secteur
D’un point de vue conjoncturel, le secteur automobile souffre à la fois des incertitudes économiques et de la crise liée à la COVID-19

Les mesures de confinement drastiques dans l’ensemble dans une majeure partie du monde ont entrainé dans le premier semestre de l’année, la fermeture des usines et concessions, ainsi qu’au T4 dans certains pays européens, impliquant unarrêt brutal du secteur. En effet, la production de voitures s’étant arrêtée abruptement, le nombre de véhicules produits s’effondre. D’un point de vue global, on observe une reprise graduelle et inégale depuis le T2 2020. Ainsi, l’assouplissement des mesures de confinement, ont permis aux usines de rouvrir, et la demande repart à la hausse. Cependant aux États-Unis et en Europe, les perspectives du secteur automobile sont plus incertaines car la crise sanitaire liée à la COVID -19 depuis son démarrage apparait mal maitrisé.

En Chine, la baisse des ventes a été de 42% au T1 2020 en comparaison au T1 2019. Les usines de production ont pu y rouvrir graduellement en mars 2020. Depuis lors, les ventes mensuelles ont surpassé les niveaux de 2019 et l’écart n’était plus que de 4,7% à fin octobre 2020.

Le nombre d’immatriculations en Europe a baissé d’environ 27% à fin octobre 2020 sur dix mois. Alors que les immatriculations ont à peine repris en Europe depuis l'assouplissement du confinement, le rebond des infections au cours du quatrième trimestre exerce une pression due aux restrictions : -27% en France pour le mois de novembre 2020, -3% en Allemagne et -27% au Royaume-Uni.

Aux États-Unis, les ventes de véhicules légers sont en baisse de 17% à fin octobre 2020, sur dix mois. Elle est, de fait, moins conséquente qu’en Europe en raison de mesures de confinement moins drastiques. Cependant, en raison d’un nombre de jours moins élevé, les ventes de véhicules légers en novembre ont chuté de 14,3 % selon les estimations de J.D. Power. Après correction, la baisse n’est que de 3,4%.

Par ailleurs, le secteur demeure en pleine transformation. En effet, l’environnement institutionnel pousse les constructeurs et équipementiers à développer des motorisations électriques. Avant la crise de la COVID -19, de nouvelles régulations et normes sur les véhicules polluants avaient été amorcées. Certains constructeurs automobiles ont demandé un assouplissement des réglementations qui sont entrées en vigueur en 2020 en Europe, en vue du contexte sanitaire. Du côté des institutions européennes, il semble que repousser ces nouvelles règles à 2021 ne puisse être envisageable au regard de l’urgence environnementale. De ce fait, les segments hybride et électrique du secteur automobile sont les plus susceptibles de se redresser rapidement car ils bénéficient d’aides publiques, notamment eu Europe, en Chine et aux États-Unis.

Le rythme de la reprise du secteur diffère d’une région à une autre mais reste difficile dans tous les marchés

En ce qui concerne l’Asie, la reprise est en cours mais reste fragile, exceptée pour la Chine (7% de croissance économique prévu par Coface pour 2021 contre 1% en 2020). En effet, en Chine, la peur de prendre les transports publics en raison de la pandémie a pu avoir un impact sur la volonté des ménages de s’équiper d’une voiture. Afin de relancer le secteur, les autorités publiques ont mis en place différentes incitations. Par exemple, au niveau local, 10 villes ont accordé une subvention pour les véhicules à énergie nouvelle vendus entre mars et décembre 2020. Au niveau national, le gouvernement a prolongé son plan d’aide financière pour l’achat de voiture électriques jusqu’en 2022. En ce qui concerne la zone euro, une reprise de l’activité en 2021 est attendue, avec une croissance économique anticipée à 5,3% par Coface, après -8,3% en 2020. Cependant, le secteur amorce une reprise graduelle, un peu plus tardive qu’en Asie due aux mesures de confinement qui se sont étendues jusqu’à l’hiver 2020. La région assiste à une augmentation des ventes de véhicules à moteurs alternatifs en raison des subventions des autorités et de règles de lutte contre les risques environnementaux plus strictes. Toutefois, alors que ce phénomène prend de l'ampleur, le manque d'infrastructures pèsera sur les ventes futures. En ce qui concerne le continent américain, les niveaux d’infection restent très élevés, avec une gestion de la crise mal maîtrisée, au moment où cette étude est réalisée. Cependant, les ventes de véhicules légers restent relativement résilientes et ne se sont pas effondrées comme en Europe par exemple. Les concessionnaires continuent de vendre les voitures à des prix réduits, via des déductions pouvant avoisiner jusqu’à USD 4.000 dollars par véhicule en moyenne.

D’un point de vue structurel, le secteur automobile, à un niveau mondial, est en pleine mutation. Cette dernière est principalement liée à une transition vers le déclin des motorisations thermiques au profit de l’électrique. Coface s’attend à ce que cette reconfiguration du secteur se poursuivre dans le moyen et long terme.
La montée en puissance de l’e-mobilité est principalement liée à l’arrivée de nouveaux acteurs tels que Tesla, constructeur de véhicules électriques, parmi les leaders au niveau mondial. Face à cette tendance, l’intégralité du secteur automobile engagent de lourds investissements en Recherche & Développement et étoffent les gammes de véhicules électriques, afin de rivaliser avec ces nouveaux acteurs. La crise liée à la COVID-19 devrait contribuer à accélérer la reconfiguration du secteur. En effet, le e-commerce et la numérisation de l’économie en général, se sont fortement développés durant la crise sanitaire, ce qui a fait émerger de nouveaux modes de consommation. Une réorganisation des canaux de distribution est notable dans le secteur automobile. Par exemple, Tesla a adopté sa stratégie de ventes en fermant ses points de ventes physiques afin de se concentrer sur la vente en ligne. Ceci a un double objectif : s’adapter aux attentes des consommateurs et faire des économies pour maintenir la stabilité financière dans le contexte de la crise économique liée à la COVID-19. Cette situation pourrait accroître l’intérêt des constructeurs traditionnels à établir des partenariats pour baisser les coûts. C’est par exemple le cas de Ford et Volkswagen, afin de produire conjointement 8 millions de véhicules utilitaires. On peut également voir apparaître des partenariats entre constructeurs automobiles et entreprises de services technologiques. Par exemple Google et Renault s’associent pour améliorer les processus industriels de ce dernier.

Les acteurs du secteur automobile doivent d’adapter à un contexte de réglementations accru contre la pollution et le réchauffement climatique, qui deviennent plus contraignantes

Ces mesures obligent les constructeurs à engager de lourds investissements pour se conformer aux normes. En Europe, la nouvelle norme CO2 effective depuis janvier 2020 vise à limiter le nombre de véhicules polluants vendus. Les constructeurs automobiles non-conformes seront sanctionnés d’une amende si leur flotte de véhicules vendus émet plus d’un certain seuil prédéfini de CO2. Bien qu’il existe une tendance naturelle à converger sur l’adoption de normes anti-pollution des principaux marchés automobiles, la question de l’homogénéité des normes entre principaux marchés reste à surveiller au regard du risque de segmentation. Aux États –Unis, le clivage juridique entre l’État de Californie et le gouvernement fédéral américain sur le « Clean Air Act » illustre bien ce risque de fragmentation. La Californie bénéficiait d’une dérogation depuis la présidence Obama pour fixer elle-même ses normes anti-pollution. L’administration Trump a révoqué cette dernière, mais la Californie, soutenue par 13 autres États, a décidé de contester légalement cette révocation. Cette bataille juridique offre peu de visibilité aux constructeurs et équipementiers automobiles, notamment en matière de décisions d’investissement.

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Dernière mise à jour : février 2021

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