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Bahrein

Bahrein

Population 1,5 million
PIB par habitant 24326 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 3,9 3,2 2,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,8 1,4 3,0 4,8
Solde public / PIB (%) * -17,6 -14,3 -8,9 -8,2
Solde courant / PIB (%) -4,6 -4,5 -2,5 -2,3
Dette publique / PIB (%) 81,3 88,5 88,4 91,7

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

 

  • Potentiel en hydrocarbures (pétrole, gaz)
  • Effort de diversification (pétrochimie, services financiers, tourisme)
  • Politique d’attraction des entreprises étrangères (Ikea, Mondelēz International)
  • Soutien financier des pays du CCG
  • Découverte de gisements d’hydrocarbures pouvant remédier à l’épuisement des réserves pétrolières
  • Présence de la principale base navale américaine dans la zone (Ve Flotte de l’US Navy)
  • Faible taux de chômage

POINTS FAIBLES

  • Exposition de l’économie et des finances publiques aux fluctuations du cours des hydrocarbures
  • Très vives tensions sociopolitiques entre minorité sunnite au pouvoir et population chiite majoritaire alimentées par le contexte régional de tensions avec l’Iran et d’embargo sur le Qatar
  • Dépendance envers la main-d’œuvre étrangère
  • Dette publique, notamment extérieure, très élevée

Appréciation du risque

Ralentissement de la croissance malgré la robustesse l’investissement

En dépit de l’exploration de gisements de pétrole et gaz offshores estimés à 80 milliards de barils, la croissance du secteur pétrolier, négative avant 2018, devrait demeurer faible en 2019. Elle ne sera pas suffisante pour empêcher un nouveau ralentissement de la croissance globale. Pourtant, l’aide internationale, en particulier celle du CCG, devrait permettre au gouvernement de maintenir un effort important d’investissement. Ce dernier a permis, en octobre 2018, l’achèvement de la construction du pipeline permettant de transporter du pétrole d’Arabie saoudite à une raffinerie de la compagnie nationale de pétrole du Bahreïn (Bahrain Petroleum Company). Cette infrastructure devrait conduire à l’augmentation de sa capacité de traitement. En outre, les investissements privés continueront d’être attirés par le régime fiscal avantageux. En 2019, la production d’aluminium devrait ainsi rebondir grâce à la mise en production d’une série de cuves de l’entreprise Aluminium Bahrein. Cela devrait dynamiser les exportations, l’aluminium étant le second poste d’exportation après le pétrole (24 % des exportations en 2017). Cependant, le contexte politique et social pourrait contraindre la demande. De plus, la consommation des ménages (43 % du PIB en 2017) devrait être entravée par de nouvelles mesures d’austérité budgétaire. La hausse de l’inflation, alimentée par l’introduction d’une TVA à l’échelle du CCG, ainsi que par l’augmentation des prix immobiliers et alimentaires, devrait également peser.

Difficile réduction du solde public

Dans le cadre de son programme fiscal quinquennal (2018/22), le gouvernement poursuivra une politique de consolidation budgétaire. Ce programme prévoit d’équilibrer les comptes de l'Office de l'électricité et de l'eau, de réduire les dépenses courantes, ainsi que de mettre en place un régime de retraite volontaire pour les fonctionnaires et d’augmenter les recettes non pétrolières. Dans ce but, une TVA de 5 % sera introduite en janvier 2019. Ces efforts seront également entrepris, afin de recevoir les 10 milliards USD d’aide sur cinq ans promis par l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis. Toutefois, une réduction supplémentaire des subventions (18 % des dépenses), et celle de la masse salariale (38 % des dépenses), qui devraient être introduites, si le gouvernement entend atteindre son objectif d’un équilibre budgétaire d’ici à 2022, seront difficilement acceptées dans un contexte social tendu. De plus, les finances publiques dépendent essentiellement du secteur pétrolier, qui génère 75 % des recettes. La remontée du prix du pétrole en 2018 a ainsi largement participé à réduire le déficit public. Cependant, le prix d’équilibre budgétaire étant à 113 USD le baril, le déficit restera conséquent. Afin de financer ce déficit, le royaume devrait continuer à avoir recours à l’endettement. L’évolution de la dette publique (également répartie entre créanciers domestiques et étrangers), dont le poids a doublé en l’espace de quatre ans, ainsi que l’abaissement de la note souveraine en catégorie spéculative ont conduit à une augmentation de son coût. La baisse de confiance des investisseurs restera toutefois limitée du fait de l’intervention des autres membres du CCG pour maintenir l’arrimage du dinar au dollar et la soutenabilité de la dette.

Un déficit courant stable mais la situation financière externe reste fragile

En 2018, le déficit courant s’est considérablement réduit, en raison de la hausse des prix du pétrole, ce dernier représentant plus de la moitié des revenus d’exportations. En 2019, le solde commercial, faiblement positif depuis 2018, devrait légèrement diminuer, alors que l’excédent des services (10 % du PIB en 2017), lié au tourisme et à l’activité assurantielle, devrait croître significativement. Néanmoins, le rapatriement des profits des entreprises étrangères ainsi que les transferts des travailleurs étrangers devraient davantage peser sur le déficit courant. Le creusement de ce dernier, à la suite de la chute des prix du pétrole en 2014, a eu pour conséquence la baisse des réserves de change, qui représentaient seulement trois semaines d’importations en septembre 2018. La hausse attendue des taux directeurs américains accroîtra les pressions spéculatives sur l’ancrage au dollar. De plus, la dette extérieure, majoritairement privée (76 % du total), a fortement progressé, passant de 154 % en 2014 à 179 % en 2017.

Tensions sociopolitiques internes renforcées par l’environnement régional

Les tensions qui opposent la population majoritairement chiite et l’élite dirigeante sunnite resteront marquées. La marginalisation politique et sociale ressentie par la communauté chiite est à l’origine de ces discordes. Ces dernières se sont renforcées dans un contexte de rivalité entre l’Arabie Saoudite, soutien du royaume, et l’Iran, accusé de donner son appui aux forces d’opposition chiites (al-Wefaq puis Waad). En décembre 2018, des élections législatives et municipales ont eu lieu. Elles se sont traduites par la victoire des candidats indépendants, loyaux envers le roi. En effet, un grand nombre de militants chiites, ayant boycotté ces élections suite à l’appel de al-Wefaq, l’opposition restera peu puissante. Ce contexte social tendu influe négativement sur l’environnement des affaires jusqu’alors assez favorable, grâce aux efforts déployés pour attirer les investisseurs étrangers et développer le secteur privé.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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