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Bois

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Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Intérêt grandissant pour la biomasse énergie contribuant à soutenir la demande de bois
  • Demande croissante émanant des pays émergents
  • Matériau valorisé dans le cadre de l’essor des constructions « durables », visant à limiter les risques environnementaux

Faiblesses

  • Dépendant des secteurs de la construction et du papier
  • Secteur impacté par la crise de la COVID-19
  • Efforts d’adaptation des acteurs du secteur à une réglementation plus stricte de l’exploitation du bois pour préserver les forêts
  • Secteur fortement exposé aux aléas climatiques et aux tensions commerciales en cours

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur du bois est très dépendant du secteur de la construction, ce dernier utilisant de grandes quantités de bois comme intrants. La pandémie liée à la COVID-19 a fortement impacté le secteur de la construction suite à l’arrêt brutal de certains chantiers dans plusieurs régions du monde, particulièrement au premier semestre 2020. Le secteur du bois est susceptible de suivre la même reprise graduelle et contrastée que le secteur de la construction. Il est également très dépendant du secteur du papier. Ce dernier a bénéficié d’une forte augmentation de la demande au niveau du segment du papier d’emballage (packaging), due à la montée du e-commerce. Cela a, par conséquent, bénéficié au secteur du bois.

Après une contraction du PIB sans précédent en 2020 (-4,8% selon Coface), la croissance économique mondiale devrait repartir en 2021 (+4,4% selon Coface). Une reprise différenciée est attendue pour le secteur du bois.

Enfin, le secteur fait toujours face à de profondes transformations. En effet, l’activité de l’industrie du bois continue de pâtir des tensions protectionnistes, notamment les droits de douane imposés par les États-Unis sur le bois d’œuvre canadien depuis 2017, et la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis qui se sont respectivement imposés des droits de douane de 25 % sur les importations de bois et de produits à base de bois. En Europe, le Brexit fait peser un risque important sur les perspectives du secteur, le Royaume-Uni ayant indiqué son intention d’imposer des réglementations plus contraignantes pour le secteur dans l’ère ‘post-Brexit’. De plus, au niveau mondial, les acteurs font face à un environnement règlementaire de plus en plus contraignant, en raison des problématiques environnementales et des mesures prises par les gouvernements, visant la préservation des forêts.

Notes de lecture

Pulpe de bois : pâte à papier ; pâte destinée à la fabrication du papier et du carton

Wood 1 FR
Analyse approfondie du secteur
Un secteur déjà fragile, dont les difficultés s’accentuent en raison de la crise liée à la COVID-19

Le secteur du bois pâtissait déjà du ralentissement économique mondial avant l’apparition de la crise de la COVID-19. En effet, la baisse de la demande et sa dépendance aux secteurs de la construction et du papier, eux- mêmes impactés par le ralentissement économique en cours à ce moment-là, l’avait déjà fragilisé.

La crise sanitaire a fortement impacté le secteur de la construction, principal client du secteur du bois. L’arrêt brutal des chantiers dû aux mesures de confinement dans de nombreuses régions au second semestre 2020 a entrainé une forte baisse de la demande du bois. Coface anticipe que le secteur du bois devrait suivre la trajectoire contrastée du secteur de la construction pour sa reprise. En effet, une demande assez importante émanant du segment des infrastructures du secteur de la construction est de nature à stimuler la demande de bois de construction. Dans le même temps, une demande plus « timide » s’opère sur le marché immobilier (bien privés et commerciaux) ; Coface s’attend à ce que cela entraine une baisse de la demande pour le bois de construction destiné à ce marché, ainsi que pour le segment de l’ameublement.

Le secteur du bois est également dépendant du secteur du papier. Ce dernier a bénéficié d’une forte demande, en ce qui concerne le segment du papier d’emballage grâce à l’intensification de l’activité du e-commerce, en raison de la crise de mobilité entrainée par l’épidémie liée à la COVID-19 et la nécessité de limiter les contacts physiques. Ce dernier développement et l’accroissement de la demande pour le papier d’emballage a ainsi stimulé la demande du bois. Cependant, l’e-commerce n’étant pas développé dans toutes les parties du monde (par exemple, il l’est peu en Amérique Latine), toutes les régions n’ont pas profité de cette hausse de demande. Après avoir subi une augmentation des prix en 2017 et 2018, la pulpe de bois* a vu son cours chuter en 2019. En effet, l’indice des prix du bois de la FED de Saint Louis a chuté de 34% entre janvier et décembre 2019 (voir graphique). En 2020, les tendances sur la majeure partie de l’année indiquent que les prix ont arrêté leur chute mais ne se sont cependant pas orientés à la hausse, en raison, notamment, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la demande mondiale, qui reste timide. La reprise des prix de la pulpe de bois devrait alors s’effectuer en 2021.

Une reprise qui varie en fonction des régions

En Europe, l’activité dans le secteur demeure impactée par la seconde vague de Coronavirus qui a eu lieu au S2 2020, et les mesures prises pour ralentir sa progression. Suite à la crise sanitaire, elle a subi un fort déclin durant le deuxième trimestre 2020 (T2 2020). En France, la production a chuté pendant le confinement (-32% en avril en glissement annuel) ; elle a depuis rebondi et était, en septembre, 2% inférieur au niveau de septembre 2019. En Allemagne, les ventes de bois et de produits à base de bois ont bien résisté à la crise : malgré une diminution en avril et en mai, elles ont augmenté de 2% en glissement annuel sur la période janvier-septembre.

En ce qui concerne le Japon, la reprise du secteur du bois demeure incertaine. Le Japon est un cas particulier car il est un des plus grands importateurs de bois du monde. Par exemple, la quasi-totalité des copeaux de bois exportés d’Australie, des États-Unis et du Chili est destinée au Japon. La demande japonaise est essentielle pour le secteur et impacte la quasi-totalité des pays exportateurs du bois. Les importations japonaises de bois ont fortement diminué en conséquence de la crise sanitaire ainsi que des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Ceci a impacté le secteur du bois de manière importante à l’échelle globale. La demande japonaise devrait reprendre graduellement mais cette hausse ne devrait pas permettre de combler les pertes du 1er semestre (S1 2020). 

En Chine, une grande partie de la demande du secteur provient du marché de l’immobilier qui s’est fortement refroidi et a ralenti suite aux effets de la pandémie .au cours du S2 2020.La reprise économique progressive en cours en Chine depuis le 3ème trimestre 2020 est de nature à dynamiser le secteur de la construction dans le pays, malgré ses difficultés. Par conséquent, le secteur du bois devrait en bénéficier. Concernant les exportations, pour le moment aucun accord bilatéral qui certifie que les produits du pays sont conformes aux règles de l’Union Européenne en matière de durabilité n’a été signé avec l’Union Européenne. Ceci pourrait toutefois peser sur le secteur, et avoir des effets négatifs sur la reprise anticipée.

Sur le continent américain, la reprise est également difficile. En Amérique Latine, Coface s’attend en effet à ce que le secteur ait davantage de difficultés à reprendre en raison de plusieurs facteurs. D’une part, la production de meubles a baissé de 21% au S1 2020 en glissement annuel en Argentine dans un contexte de baisse de la demande dans le pays en raison des difficultés économiques . D’autre part, La fabrication du bois a chuté de 11,8% au S1 2020 en glissement annuel au Brésil. A court terme, la reprise n’y est pas attendue en raison d’une très faible demande. En Amérique du Nord, Coface s’attend à ce que le secteur ait également du mal à se redresser. En effet, la rentabilité du secteur a été négativement impactée au Canada, en raison de la mise en place des droits de douanes américains sur le bois d’œuvre Canadien en 2017, des feux de forêts et des épidémies de dendroctrone (un insecte nuisible qui détruit les forêts de pins). Cela a entrainé la fermeture d’usines ainsi que des licenciements. Aux États-Unis, la production de bois s’est fortement contractée en raison des fermetures d’usines dues à la crise liée à la COVID -19. La baisse de la demande dans le secteur de la construction et l’ameublement devrait également peser sur le secteur. Ceci, dans un contexte où la reprise devrait être très progressive aux Etats – Unis avec une demande qui resterait terne ; notamment pour certains segments du secteur de la construction. C’est le cas pour l’immobilier commercial et privé, dans un contexte de crise économique, et d’augmentation de l’épargne de précaution. Ceci devrait donc peser sur la reprise du secteur du bois.

Les transformations en cours dans le secteur devraient se poursuivre

Le secteur reste impacté à ce stade, par l’environnement protectionniste, notamment marqué par les tensions commerciales entre La Chine et les États-Unis, qui se sont respectivement imposés des droits de douane de 25 % sur les importations de bois et de produits à base de bois. Le secteur du bois américain est particulièrement touché, 60 % de ses exportations étant à destination de la Chine. Entre 2017 et 2018, les exportations américaines de bois vers la Chine ont ainsi chuté de 1,7 milliard USD à 1 milliard USD, principalement à cause d’une baisse de bois dur, représentant la plus grande part des exportations américaines de bois vers la Chine. La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis s’est intensifiée et les tensions sont davantage présentes entres les deux pays. Cela pourrait continuer d’impacter négativement le secteur du bois.

Par ailleurs, le Brexit crée de l’incertitude sur le secteur en Europe. Le Royaume-Uni importe la majorité de son bois de l’Union européenne . De plus, le Royaume-Uni a indiqué son intention de mettre en œuvre un règlement britannique sur le bois ainsi que son propre programme pour l'application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT) avec d’importantes exigences en terme de normes à respecter pour les acteurs ; qui constituent un risque pour leur profitabilité à court terme, en raison des importants investissements nécessaires pour eux afin de s’y conformer.

Wood 2 FR

 

Dernière mise à jour : février 2021

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