Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bois

Bois

Forêt
Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Intérêt grandissant pour la biomasse énergie contribuant à soutenir la demande de bois
  • Demande croissante émanant des pays émergents
  • Matériau valorisé dans le cadre de l’essor des constructions « durables », visant à limiter les risques environnementaux

Faiblesses

  • Dépendant des secteurs de la construction et du papier
  • Efforts d’adaptation des acteurs du secteur à une réglementation plus stricte de l’exploitation du bois pour préserver les forêts
  • Secteur fortement exposé aux aléas climatiques et aux tensions commerciales en cours

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur du bois est très dépendant du secteur de la construction, ce dernier utilisant des grandes quantités de bois comme intrant. Du fait du ralentissement économique mondial (2,4 % en 2020 après 3,2 % en 2018 et 2,5 % en 2019), la construction dans certaines régions du monde devrait quelque peu ralentir cette année, diminuant ainsi la demande adressée au secteur du bois. Cependant, la baisse du prix du bois d’œuvre observée aux États-Unis en 2019 (- 23 % sur les onze premiers mois en glissement annuel) pourrait limiter en partie la baisse de la demande. De plus, l’accroissement des préoccupations environnementales et donc l’engouement pour des matériaux plus durables comme le bois dans le secteur de la construction devraient également contribuer à soutenir la demande. La demande de bois devrait donc rester soutenue dans l’ensemble, portée par les grands projets de construction d’infrastructures ainsi qu’une forte demande émanant des pays émergents. Les productions de bois destiné au chauffage et à la production d’énergie resteront tributaires des variations des prix du pétrole (prévision Coface du baril de Brent à 60 USD en moyenne en 2020). Pour sa part, le prix du bois brut, devrait être stable en terme réel jusqu’à 2030 d’après la Banque Mondiale.

De surcroît, le secteur devrait continuer de bénéficier cette année de l’utilisation croissante du bois pour générer de la biomasse énergie, des normes visant à la fois à atteindre la « neutralité carbone » dans le domaine de la construction d’ici 2050, qui valorisent l’utilisation de matériaux « durables » tels que le bois. Ceci, bien que les acteurs du secteur devront également s’adapter aux engagements pris par une majorité de gouvernements à travers le monde, pour préserver les forêts dans le cadre de l’accord de Paris 2020 signé en 2015.

Dans l’ensemble, l’émergence d’importants nouveaux producteurs par exemple en Chine et au Brésil, qui conquièrent des parts de marché historiquement acquises aux pays de la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU), combinée aux évolutions de la demande mentionnée ci-dessus, sont de nature à transformer le marché. Le secteur est impacté par l’environnement protectionniste en général et les tensions commerciales en cours entre les États-Unis et la Chine en particulier. En outre, le secteur continuera d’être vulnérable aux développements dans le secteur du papier. Coface s’attend à des perspectives difficiles dans l’ensemble pour le secteur papier au niveau mondial, ce qui impactera négativement le secteur du bois étant donné que ce dernier constitue, avec la construction, l’un de ses principaux « secteurs clients ». Par ailleurs, la production de bois est pénalisée par le réchauffement climatique : les températures plus élevées et les sécheresses favorisent les départs de feu et limitent ainsi la production de bois.

Wood FR
Analyse approfondie du secteur
Le secteur du bois fait face à des défis à la fois d’ordre structurel et conjoncturel

Le secteur reste impacté à ce stade, par l’environnement protectionniste, notamment marqué par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine d’une part et les États-Unis et le reste du monde d’autre part. La Chine et les États-Unis se sont en effet respectivement imposé des droits de douane de 25 % sur les importations de bois et de produits à base de bois de l’autre. Le secteur du bois américain est particulièrement touché, 60 % de ses exportations étant à destination de la Chine. Entre 2017 et 2018, les exportations américaines de bois vers la Chine ont ainsi chuté de 1,7 milliard USD à 1 milliard USD, principalement à cause d’une baisse de bois feuillu, représentant la plus grande part des exportations américaines de bois vers la Chine. De surcroît, les droits de douane imposés par les États-Unis sur les importations de bois d’œuvre en provenance du Canada affectent fortement l’industrie canadienne du bois, le Canada exportant 70 % de ses exportations de bois d’œuvre vers les États-Unis. La construction aux États-Unis devrait se montrer résiliente suite à la baisse du taux directeur de la FED (de 2,5 % à 1,75 % entre janvier et juillet 2019) et devrait donc supporter la demande de bois. Par ailleurs, le Brexit crée de l’incertitude sur le secteur en Europe. Le Royaume-Uni importe la majorité de son bois de l’Union européenne. Un Brexit sans accord pourrait donc augmenter la compétitivité des pays extérieurs à l’Union européenne, au détriment des États membres. D’un point de vue structurel, les acteurs du secteur doivent faire face à un environnement plus contraignant au regard de l’exploitation du bois avec un renforcement au niveau mondial des normes visant à limiter l’utilisation de bois rares et à préserver les forêts, mises en place par de nombreux états, notamment dans le cadre des engagements pris lors des accords de Paris pour le climat (dont l’administration Trump a décidé de sortir), signés en 2015.

 

L’année 2020 s’annonce difficile pour le secteur malgré des développements positifs

Le secteur du bois au niveau mondial va souffrir en 2020 du ralentissement de l’activité économique, mais la production et la consommation de granulés de bois pour la production d’énergie est attendue à la hausse.

La Chine a gagné en importance dans le secteur du bois et est désormais le premier importateur mondial de bois et de produit à base de bois. La santé du secteur de la construction étant la principale utilisation des produits de bois, sa santé va fortement influencer celle du secteur du bois dans le pays. La demande de bois en Chine devrait être impactée par les difficultés du marché immobilier causées à la fois par le ralentissement économique et les effets des mesures du gouvernement pour s’attaquer à la bulle immobilière. Concernant les facteurs qui devraient contribuer à soutenir la demande de bois en Chine se trouvent des projets d’infrastructures qui restent importants notamment dans le cadre des mesures du gouvernement chinois visant à s’attaquer aux risques environnementaux et promouvoir des productions dans le secteur de la construction plus durables avec le plan stratégique mis en place par les autorités à cet égard (plan nommé 13th Five Year Plan for Building Energy Efficiency and Green Building Development).

Le Japon est l’un des plus grands importateurs mondiaux de bois ; dont il parvient à en importer de bonne qualité et moins coûteux dans l’ensemble que celui produit dans le pays. Ainsi, les évolutions de la demande de bois au Japon ont un impact, dans de nombreux pays ; notamment aux États-Unis, au Canada, en Russie, en Malaisie, en Indonésie, en Australie et au Chili. En effet, environ un tiers du bois exporté de Malaisie et de Russie, du contreplaqué d’Indonésie et du bois scié du Chili sont destinés au Japon. La quasi-totalité des copeaux de bois exportés d’Australie, des États-Unis et du Chili est également destinée au Japon. Bien que la construction des infrastructures requises pour les Jeux Olympiques 2020 assure des débouchés pour le bois au Japon cette année, la demande devrait être impactée par le ralentissement économique dans le pays (L’estimation Coface de la croissance économique au Japon en 2020 est de 0,2 % après 0,8 % en 2018 et 2019.)

En Amérique du Nord, le secteur continuera d’être impacté par les droits de douane, que ce soient ceux entre les États-Unis et la Chine ou ceux imposés par les États-Unis sur le bois canadien. Le ralentissement économique de la région (1,3 % en 2020 après 2,2 % en 2019 et 2,9 % en 2018 pour les États-Unis et 1,3 % en 2020 après 1,5 % en 2019 et 1,9 % en 2018 pour le Canada) devrait peser sur la demande adressée aux entreprises du secteur.

En Europe le secteur devrait pâtir des incertitudes autour du Brexit, d’une part et des difficultés rencontrées par le secteur de la construction dans certains pays comme la Grande-Bretagne ou l’Italie d’autre part. Cependant, la consommation et la production de granulé de bois (principalement pour le chauffage et la production d’énergie) ont augmenté en 2019 (2,5 %) et devraient continuer de croître dans les années qui viennent du fait l’intérêt croissant pour les biocarburants, notamment en Europe. En Allemagne, le secteur est sous tension du fait du ralentissement économique d’une part et de la détérioration des forêts, d’autre part. Le climat est en effet trop chaud et trop sec pour maintenir la santé des arbres. Les forêts se régénèrent moins bien après les étés chauds et secs. Les incendies de forêts y sont désormais plus importants. De plus, le scolyte (un insecte dit « ravageur » qui cause la mort des arbres) est en train de détruire de grandes forêts d’épicéas.

En Amérique latine, le secteur a connu une année 2019 difficile (la production de bois et de produits à base de bois a diminué dans les économies les plus importantes de la région), mais devrait bénéficier du rebond économique en 2020 (Coface anticipe une croissance économique à 1 % en 2020 dans la région après - 0,1 % en 2019). Les développements des secteurs du bois au Brésil, en Argentine et au Mexique sont emblématiques des difficultés qu’a rencontrées le secteur dans la région l’année passée. Au Brésil, la production de produits du bois a chuté de 5 % entre janvier et septembre 2019 par rapport à l’année précédente ; le secteur devrait néanmoins bénéficier de la hausse de la croissance économique en 2020 (1,5 % après 0,9 % en 2019). En Argentine, la production de bois et de produits en bois et en liège a diminué de 1,7 % en glissement annuel entre janvier et octobre 2019. Au Mexique, les incendies de 2019 ont fortement impacté la production de l’industrie du bois, de plus la demande intérieure a été pénalisée par les conditions économiques défavorables avec un ralentissement économique marqué dans le pays ; la croissance économique étant nulle en 2019 contre 2 % en 2018.

 

Note de lecture

  • Granulé de bois : Produit principalement issu des résidus de bois de scierie et utilisé pour la production d’énergie et le chauffage

 

Dernière mise à jour : février 2020

Haut de page