Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Botswana

Botswana

Population 2,3 millions
PIB par habitant 7973 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,9 4,5 4,2 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,3 3,2 3,0 3,5
Solde public / PIB (%) -1,1 -3,2 -3,9 -2,0
Solde courant / PIB (%) 5,4 1,9 2,6 2,2
Dette publique / PIB (%) 13,7 13,8 14,8 12,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dernière année fiscale 1er Juillet au 30 Juin.

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes (diamant en particulier)
  • Dettes publique et extérieure réduites
  • Réserves de change substantielles
  • Stabilité politique et niveau de gouvernance plaçant le pays dans le peloton de tête des pays d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux en matière d’environnement des affaires
  • Membre de l’Union douanière d’Afrique australe (en anglais, SACU)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance envers le secteur du diamant (plus de 90 % des exportations)
  • Insuffisance des infrastructures (production et distribution d’eau et d’électricité)
  • Inégalités et chômage élevés ; stagnation de la pauvreté à un niveau relativement élevé

Appréciation du risque

Une croissance tirée par l’industrie minière

La croissance, essentiellement liée aux industries extractives (25 % du PIB), restera dynamique en 2020. Elle sera tirée par l’augmentation progressive de la production de diamants et la montée en puissance de plusieurs mines de cuivre. Debswana, partenariat entre le groupe anglais De Beers et le gouvernement, prévoit en effet une augmentation de la production dans la mine d’Orapa (la plus grande du pays). Le commencement du projet Cut-9 (2 milliards USD) pour étendre la durée de vie de la mine de Jwaneng (dont la valeur est parmi les plus élevées au monde) favorisera aussi le développement d’activités connexes, telles que la construction et les services. Ces nombreux projets seront financés principalement par des investisseurs privés étrangers. L’investissement privé sera aussi favorisé par la politique monétaire accommodante menée par la banque centrale du Botswana, comprenant un faible taux à l’emprunt (4,75 % depuis septembre 2019, plancher record). Le gouvernement ambitionne de poursuivre sa politique de diversification de l’économie et continuera ses dépenses dans l’éducation, la santé et la construction de routes et d’infrastructures électriques. Néanmoins, l’investissement public serait contenu, le réinvestissement des recettes minières limitant la possibilité de dépenses, ce qui ajouté au fort taux de chômage (18 % en 2018) et à l’accélération de l’inflation, pèserait sur le pouvoir d’achat des ménages. L’agriculture (principalement de subsistance, emploie près du quart de la population) devrait bien se porter, la FAO ayant prévu des précipitations importantes pour la saison 2020 (après la sécheresse exceptionnelle de 2018/2019).

 

Déséquilibre budgétaire et compte courant excédentaire

Le déficit budgétaire devrait se réduire en 2020, la politique budgétaire redevenant plus prudente après des dépenses accrues en 2019 en lien avec la période pré-électorale. Les recettes issues des industries minières (un tiers du total) se réduiraient en raison de leur réinvestissement dans le projet Cut-9. Les recettes douanières versées par la SACU (un quart des recettes) se montreraient moins dynamiques, souffrant de la faible croissance en Afrique du Sud. Si une modernisation de l’administration fiscale et une perception de l’impôt plus efficace pourraient accroître les recettes, la consolidation du budget proviendra surtout d’une réduction de l’investissement public.

L’excédent chronique du compte courant devrait diminuer en raison d’un creusement du déficit commercial. Le ralentissement de la demande mondiale, en particulier sur les marchés américains et chinois, pénalisera les exportations de diamants (90 % des exportations de biens), alors que les importations de biens d’équipement se maintiendront pour les projets liés à l’industrie minière. La balance des services est largement excédentaire grâce au tourisme (15 % des exportations totales). Les transferts en provenance de la SACU (9 % du PIB) pourraient se réduire. Grâce à cette situation extérieure favorable, le pays dispose de réserves de change élevées (plus de dix mois d’importations en 2018). Le surplus de réserves restant, après le prélèvement de la banque centrale pour son activité, est transféré dans un fonds souverain, le Pula Fund (créé en 1994). Ce dernier finance une grande partie du déficit budgétaire. Aussi, le recours à l’endettement domestique et extérieur demeurera limité et la dette faible, de même que sa part extérieure (15 % en 2017, presque exclusivement contractée auprès de créanciers multilatéraux).

 

Continuité politique après les élections législatives

Le Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1966, a remporté 56 % des votes aux élections législatives d’octobre 2019, soit 38 des 57 sièges à l’Assemblée nationale. L’opposition, incarnée par le Collectif pour le changement démocratique (UDC), une coalition de quatre partis (le BNF, le BCP, le BPP et le BMD), n’a obtenu que 15 sièges (deux de moins qu’aux élections précédentes). L’effritement du soutien au BDP laissait présager une élection plus disputée mais l’UDC, souffrant de conflits internes et peinant à offrir une alternative crédible, n’a pas réussi à convaincre. Le président sortant, Mokgweetsi Masisi, s’est donc maintenu à la tête de l’État. Dans un contexte de pauvreté et de chômage élevés, le nouveau gouvernement devra remédier au manque de diversification de l’économie ainsi qu’aux inégalités sociales persistantes (10e pays le plus inégalitaire au monde selon la Banque Mondiale).

Régulièrement en bonne position parmi ses pairs d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux, le Botswana a, toutefois, encore des progrès à réaliser pour améliorer son environnement des affaires et soutenir le développement du secteur privé (87e sur 190 au classement Doing Business 2020). Par ailleurs, le pays a récemment été placé sur la liste grise du GAFI, incluant les pays dont les régulations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sont insuffisantes.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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