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Botswana

Botswana

Population 2,3 millions
PIB par habitant 6 420 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,0 -8,5 9,2 4,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 1,9 5,8 5,0
Solde public / PIB (%)* -8,6 -9,9 -5,0 -6,4
Solde courant / PIB (%) -8,4 -10,6 -4,0 -1,9
Dette publique / PIB (%)* 16,3 19,5 22,8 27,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet - 30 juin

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes (notamment diamants, mais aussi cuivre et nickel)
  • Faible dette publique et extérieure
  • Des réserves de change importantes
  • La stabilité politique et le niveau de gouvernance placent le pays parmi les premiers pays d'Afrique subsaharienne dans les classements internationaux sur l'environnement des affaires
  • Membre de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance vis-à-vis du secteur du diamant (plus de 90% des exportations)
  • Infrastructures inadéquates (production et distribution d'eau et d'électricité)
  • Inégalités et chômage élevés, pauvreté maintenue à un niveau relativement élevé.

Appréciation du risque

Au niveau national et international, la reprise reste sur la bonne voie

L'économie devrait retrouver son niveau de production pré-pandémie dans les premiers mois de 2022. Les niveaux d'immunisation sont suffisamment élevés pour éviter des mesures sanitaires strictes. Alors que le rebond de 2021 était essentiellement dû aux exportations, en 2022, la demande intérieure soutiendra la reprise. En effet, compte tenu de la réduction régulière du chômage et de la persistance des effets positifs sur les revenus liés aux augmentations de salaires des fonctionnaires, la consommation des ménages devrait être le principal moteur de la croissance. Les capitaux étrangers à la recherche de rendements sur les marchés émergents stimuleront l'investissement privé, notamment dans le secteur minier et les infrastructures. Comme les mesures d’assainissement budgétaire n'entreront pleinement en vigueur qu'en 2023, l'investissement public restera fort, et soutiendra la formation brute de capital fixe. Les performances de l'industrie du diamant, qui représente 90% des recettes totales d'exportation de marchandises, se renforceront dans les années à venir, et pour 2022, la production devrait être supérieure de 9% aux niveaux de 2019. Le cuivre jouera également un rôle de plus en plus important dans le secteur minier, avec l'expansion de l’exploitation de la mine de Khoemacau. La reprise du secteur du tourisme, qui représentait 15% du PIB avant la crise, s'intensifiera, mais il devrait rester en deçà des niveaux pré-pandémie. La reprise des importations atténuera partiellement l'effet de la croissance des exportations, mais le secteur extérieur devrait néanmoins apporter une contribution positive à la croissance. Sous l'effet de la hausse des prix du pétrole et des taxes à la consommation, les pressions inflationnistes continueront de se manifester. 

 

Le double déficit continue de s'améliorer, de légers risques pèsent sur la stabilité financière

L'État a déployé des moyens importants en réponse à la pandémie et à son contrecoup économique. Les mesures d’urgence contre les effets de la pandémie s’élèvent à environ 4% du PIB de 2020, dont environ 1% du PIB de mesures de soutien à la solvabilité des entreprises. Le gouvernement a en outre complété ce soutien d'urgence par le plan de "Relance et transformation économique", un programme de dépenses à moyen terme visant à diversifier l'économie par des investissements dans la transformation digitale et d'autres infrastructures de production (soutenu par un prêt de 250 millions USD de la Banque mondiale). Si toutes ces mesures sont favorables à la croissance à long terme, elles créent des pressions budgétaires à court terme. C'est ce que reflète la dégradation par Moody's de la note souveraine de A3 à A2 en avril 2021. Bien que la dette publique ait rapidement augmenté pendant la crise, en pourcentage du PIB, elle reste nettement inférieure à celle de la moyenne des pays émergents ou africains. Avec l'abandon progressif des mesures de lutte contre la pandémie et la reprise cyclique des recettes fiscales (en plus des mesures structurelles telles que l'augmentation du taux de TVA et de la taxe sur les carburants), le déficit budgétaire va diminuer. Le déficit de la balance courante continuera de se réduire, car la reprise des recettes tirées des diamants et des exportations touristiques compensera la hausse de la facture des importations. La réduction du déficit sera également due à l'augmentation des transferts de la SACU, qui devraient augmenter avec la reprise du commerce mondial. Le déficit des revenus primaires se consolidera autour de son niveau pré-pandémie de 6% du PIB, grâce à la reprise des recettes  minières. Malgré une baisse des réserves de change, celles-ci restent à un niveau confortable, couvrant plus de 7 mois d'importations (contre plus de 10 mois avant la pandémie). En outre, la dette publique extérieure reste faible, à 13% du PIB. Bien que les banques se soient montrées étonnamment résistantes tout au long de la crise (en termes de capitalisation, de liquidité et de qualité des actifs), les mesures liées à la pandémie, telles que les restructurations et les garanties de prêts, pourraient retarder la survenue de risques de solvabilité.

 

Une situation politique stable, mais les inégalités constituent un défi persistant

Le Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1966, a remporté 67 % des voix lors des élections législatives d'octobre 2019. Le président sortant, Mokgweetsi Masisi, est donc resté au pouvoir. Malgré une certaine perte de popularité pour sa gestion de la pandémie, et une rivalité croissante avec son prédécesseur du BDP, Ian Khama, Masisi devrait rester au pouvoir au moins jusqu'aux élections de 2024. Ayant gouverné pendant plusieurs décennies de croissance et de développement, le BDP bénéficie d'un capital politique important. Cependant, les niveaux élevés de chômage (24% début 2021) et d'inégalités (9e coefficient de Gini le plus élevé au monde) dans un contexte de croissance structurelle en déclin pourraient remettre en cause la stabilité sociale. Le pays a été un exemple de bonne gouvernance en Afrique, avec des élections pacifiques et transparentes. Toutefois, certaines tendances semblent indiquer un déclin institutionnel, comme l'influence excessive de l'exécutif sur le judiciaire (WEO Global Competitiveness Report), ou une transparence budgétaire discutable (indice Ibrahim de la gouvernance africaine). L'environnement judiciaire est globalement favorable aux entreprises, avec des droits de propriété et une protection des investisseurs solides, des zones économiques spéciales et des formalités administratives relativement légères. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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