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Bulgarie

Bulgarie

Population 7,0 millions
PIB par habitant 9314 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 3,1 3,6 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,2 2,6 2,5 2,3
Solde public / PIB (%) 1,1 1,8 -1,9 0,8
Solde courant / PIB (%) 6,7 4,6 5,5 5,5
Dette publique / PIB (%) 23,9 20,4 19,5 18,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Base productive diversifiée
  • Faible dette publique
  • Potentiel touristique
  • Faibles coûts de production et bonne compétitivité-prix
  • Stabilité monétaire

POINTS FAIBLES

  • Corruption et crime organisé
  • Faible efficacité des services publics et du système judiciaire (influence des milieux d’affaires)
  • Instabilité gouvernementale, morcellement du paysage politique
  • Manque de main-d’œuvre qualifiée
  • Population en diminution et relativement pauvre (PIB par tête = 50 % de la moyenne de l’UE)
  • Économie informelle (estimée à 20 % du PIB)

Appréciation du risque

Croissance solide, toujours portée par la demande domestique

La croissance restera solide en 2020, portée par une demande intérieure toujours dynamique. La consommation des ménages continuera de tirer l’activité, dans un contexte porteur de taux de chômage historiquement faible (5,3 % en septembre 2019) et de hausses de salaires, tant dans la fonction publique (+10 %) que dans le secteur privé (augmentation du salaire minimum de 9 % à 610 BGN, soit 310 EUR). Au-delà de ces hausses légales, les salaires seront également tirés par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. En parallèle, l’investissement restera dynamique, porté par sa composante publique, malgré le faible taux d’absorption des fonds structurels européens (un tiers des fonds pour la période 2014/2020 avaient été utilisés à mi-2019), mais également par le secteur privé, dans un contexte de contraintes d’offre (taux d’utilisation des capacités de production de 77 % au quatrième trimestre 2019). Par ailleurs, la santé du secteur bancaire, en constante amélioration – taux de prêts non performants de 7,2 % à fin juin 2019, dix points de moins qu’au moment de la crise bancaire de 2014 –, soutiendra le dynamisme du crédit. Si l’environnement régional restera peu porteur, en particulier dans l’Union européenne (plus de deux tiers des exportations) – notamment en Allemagne, principale partenaire avec 15 %, et en Italie (9 %) –, les exportations devraient rebondir après une année 2019 difficile, grâce à la reprise en Turquie (8 %) et une main-d’œuvre toujours compétitive. Les importations devraient être dynamiques, dans le sillage de la demande domestique, mais le commerce extérieur pèserait moins négativement sur la croissance qu’en 2019.

 

Excédents public et courant

Après avoir été déficitaires en 2019, en raison de l’achat de huit avions de chasse américains (1,3 milliard USD, soit 2 % du PIB), les comptes publics devraient redevenir excédentaires en 2020, malgré une forte progression des dépenses, grâce à des recettes tout aussi dynamiques. Ces dernières, essentiellement issues de taxes (60 %, dont la moitié grâce à la TVA) et de cotisations sociales (20 %), sont particulièrement sensibles à la croissance de l’activité économique. À l’instar des années précédentes, le gouvernement procédera à d’importantes hausses des dépenses sociales et rehaussera nettement les budgets alloués à la santé (+10 %) et à l’éducation (+14 %), avec notamment une hausse de 17 % du salaire moyen des enseignants. Le retour à des comptes excédentaires permettra à la faible dette publique de conserver sa tendance baissière des années précédentes et de retrouver son niveau d’avant le sauvetage du secteur bancaire en 2014, qui s’était traduit par une hausse de dix points de PIB de la dette publique.

Par ailleurs, le compte courant devrait rester largement excédentaire, en dépit d’un déficit chronique de la balance commerciale (3,3 % du PIB en 2018). Le dynamisme du tourisme et du secteur du transport routier permet à la balance des services d’afficher un excédent notable (6 % du PIB). La balance des transferts est également excédentaire (2,6 % du PIB), grâce aux fonds européens et aux remises des expatriés. Cet excédent courant et les investissements directs étrangers (entrées nettes : 2,2% du PIB) sont utilisés, d’une part, pour financer des investissements de portefeuille à l’étranger et, d’autre part, pour alimenter les confortables réserves de change (équivalentes à environ neuf mois d’importations), nécessaires pour assurer la crédibilité de l’ancrage du lev à l’euro.

 

Le Premier ministre renforcé par les élections locales

Le Premier ministre Boiko Borissov, du parti de centre-droit Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), resté au pouvoir lors des élections anticipées de mars 2017 à la faveur d’une coalition avec les Patriotes unis (alliance qui rassemble trois partis politiques nationalistes), est sorti relativement renforcé des élections locales de novembre 2019. Bien qu’en recul par rapport à 2015 (victoires dans 22 régions sur 28), son parti reste la principale force politique bulgare, l’emportant dans 16 régions, dont Sofia. À titre de comparaison, le Parti socialiste bulgare (BSP), qui avait doublé son nombre de sièges au Parlement en 2017 (de 39 à 80 sièges sur un total de 240), n’a remporté que quatre régions. Toutefois, l’hétérogénéité de la coalition gouvernementale la rend structurellement vulnérable et l’hypothèse de nouvelles tensions débouchant sur l’organisation d’élections anticipées avant mars 2021 ne peut être écartée.

L’adhésion du pays au mécanisme de change européen 2 (MCE II) et à l’Union bancaire européenne – dans le but de préparer l’entrée du pays dans la zone euro –, initialement prévue par le gouvernement en juillet 2019, a finalement été reportée à avril 2020, sous réserve de validation par la BCE. Elle sera conditionnée à la mise en œuvre des recommandations pour corriger l’insuffisance de capital des banques FiBank et Investbank, identifiée lors des tests de résistance publiés en juillet 2019. En dépit des bonnes performances macroéconomiques, du sérieux budgétaire et d’une stabilité monétaire, le pays pâtit toujours d’un environnement des affaires difficile, marqué notamment par le niveau de corruption le plus élevé de l’Union européenne, selon le classement de Transparency International (77e rang mondial sur 180).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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