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Construction

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Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Croissance démographique mondiale
  • Poursuite de l’augmentation de l’urbanisation
  • Faibles taux d’intérêt à l’échelle mondiale

Faiblesses

  • Le niveau d’endettement des entreprises de la construction, notamment en Chine reste élevé
  • Endettement élevé des ménages dans l’ensemble au niveau mondial
  • Le niveau élevé de la dette publique limite les investissements publics dans les infrastructures

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur mondial de la construction, bien qu’il soit confronté à des défis dans le contexte de la poursuite du ralentissement économique mondial comme d’autres secteurs procycliques, devrait tout de même résister dans l’ensemble grâce à différents facteurs. Ces derniers incluent les faibles niveaux de taux d’intérêt permis par les politiques monétaires accommodantes des banques centrales, ce qui favorise la mise en chantier de nouveaux logements commerciaux et résidentiels et, dans une certaine mesure, la confiance des consommateurs et des entreprises du secteur. Il devrait également bénéficier de mises en chantiers faisant suite à des décisions passées d’investissement en ce qui concerne de grands projets d’infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la chimie. Les acteurs du secteur devraient également bénéficier du faible coût de certains intrants tels que l’acier. Par ailleurs, la préoccupation croissance des citoyens et des gouvernements concernant la nécessité de prévenir des risques environnementaux et à la lutte contre le changement climatique ; qui a débouché sur des initiatives telles que, dans l’Union européenne (UE), le « plan de neutralité carbone dans la construction » d’ici 2050 ; devrait soutenir une demande de construction et de rénovation de bâtiments durables. Dans le même temps, la mise en place de normes plus contraignantes en la matière contraindra également les entreprises du secteur à s’y adapter ; ce qui pourrait s’avérer coûteux et contribuer à limiter leurs performances financières, dans un environnement déjà difficile.

Construction FR
Analyse approfondie du secteur
La faiblesse des taux d’intérêt et la baisse des prix de certains intrants devraient contrebalancer les difficultés du secteur de la construction dans le cadre du cycle économique à la baisse

Le secteur de la construction, en tant que secteur procyclique, est en effet impacté la poursuite du ralentissement économique mondial. Coface anticipe en effet une croissance du PIB mondial de 2,4 % cette année, contre 2,5 % en 2019 et 3,2 % en 2018. Cela entraînera un ralentissement de la demande vis-à-vis du secteur de la construction, avec des contrastes entre les régions. Par conséquent, les principales banques centrales des économies avancées et des pays émergents ont annoncé l’an dernier des mesures d’assouplissement monétaire, afin de soutenir l’activité économique. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a abaissé trois fois ses principaux taux directeurs entre juillet et octobre 2019. De plus, pour la première fois en dix ans, elle a injecté des liquidités dans le marché monétaire quotidien le 17 septembre. La Banque centrale européenne a relancé son programme d’achat d’obligations en septembre et abaissé le taux sur les dépôts taxant l’excès de liquidité des banques (de - 0,40 à - 0,50 %). La Banque populaire de Chine (PBOC) a mis en œuvre des mesures de relance monétaire ciblées, dont trois réductions du ratio de réserves obligatoires en 2019 et des injections de liquidités par le biais d’opérations d’open market. Ces mesures ont permis de limiter le risque d’un resserrement de la liquidité interbancaire et de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), y compris dans le secteur de la construction. D’autres banques centrales d’économies émergentes se sont lancées dans des mesures d’assouplissement monétaires, avec au moins une baisse des taux d’intérêt l’an dernier. Il s’agit notamment de l’Inde, de l’Indonésie, du Brésil, du Mexique, du Nigeria, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. En outre, les entreprises mondiales du secteur de la construction devraient continuer à bénéficier de la baisse des cours de certains intrants tels que ceux de l’acier, bien que volatils.

 

La demande de logements devrait demeurer solide dans l’ensemble, tandis que le segment des infrastructures connaîtra une tendance contrastée

Ces politiques monétaires conçues pour soutenir les activités économiques devraient profiter à la demande en biens immobiliers et en nouveaux permis de construire aux États-Unis cette année. Ceci grâce à un contexte hausse des salaires dans le pays et de marché du travail dynamique. À cela s’ajoute un environnement de niveau de confiance élevé des consommateurs et des constructeurs. Par conséquent, le niveau de mises en chantier devrait demeurer solide aux États-Unis, S&P y prévoyant 1,3 million de mises en chantier en 2020, bien qu’inférieur à la tendance historique, avec 1,4 million en moyenne sur dix ans. La demande de logements résidentiels neufs en Europe de l’Ouest devrait également rester robuste dans l’ensemble, soutenue par la baisse des taux d’intérêt. Par ailleurs, les différentes incitations au développement de bâtiments économes en énergie, notamment dans les espaces commerciaux, sont susceptibles de soutenir les ventes des promoteurs, notamment en Europe et aux États-Unis. La question de la cherté du logement dans les grandes villes devrait rester un problème, notamment en Europe, et pourrait quelque peu contrebalancer les développements positifs mentionnés ci-dessus.
Les prix des logements en Europe devraient continuer à augmenter dans l’ensemble. C’est le cas de l’Allemagne par exemple, première économie de la région. Selon S&P, bien que sur une tendance à la baisse, les prix des logements en Allemagne, devraient augmenter de 4,5 % cette année, contre 5,3 % en 2019. En Allemagne, la bonne tenue du revenu disponible des ménages et le solide niveau d’emploi, conjugués à la faiblesse des coûts d’emprunt dans la zone euro mentionné précédemment, soutiennent une forte demande de logements, malgré les perspectives économiques moroses du pays (Coface estime la croissance du PIB à 0,5 % cette année comme l’an dernier). En outre, la demande devrait être soutenue par le nouveau « plan climat » mis en place par le gouvernement, visant à promouvoir les rénovations et les bâtiments présentant une « bonne efficacité énergétique ». Toutefois, le déséquilibre entre l’offre et la demande reste favorable aux vendeurs et le secteur allemand de la construction fonctionne à pleine capacité. Aux États-Unis, les prix dans les grandes villes sont notamment influencés par le peu d’espace constructible disponible, qui contribue à alimenter la hausse des prix. En Chine, les activités des promoteurs immobiliers resteront limitées par les effets d’entraînement des mesures mises en place par les autorités chinoises pour stabiliser le marché. Par conséquent, il est peu probable que les prix de l’immobilier augmentent. Dans le contexte de ralentissement économique, il est peu probable que de nouveaux grands projets publics d’infrastructures soient lancés. Aux États-Unis, par exemple, le très grand projet d’infrastructures prévu par le gouvernement fédéral, avec l’appui des partis d’opposition, est désormais compromis. Cela s’explique principalement par la procédure de destitution en cours, menée par le parti démocrate contre le président Trump. Parallèlement, de grands projets d’infrastructures décidés et lancés il y a plusieurs années (par exemple depuis 2010 aux États-Unis), notamment par des entreprises multinationales européennes et américaines, dans les secteurs de l’énergie et de la chimie, sont toujours en cours et continuent donc de stimuler l’activité dans le domaine des infrastructures. Elles ont en effet lancé ces projets dans des régions où leur matière première est moins chère. C’est le cas d’entreprises américaines qui construisent des usines dans le golfe Persique et en Asie. Un autre exemple du dynamisme des infrastructures dans l’industrie pétrochimique est l’annonce, à la fin de l’année dernière, de la création d’une joint-venture entre la Chine et la Russie pour un projet de 13,3 milliards USD sur cinq ans, avec l’ambition de construire une des plus grandes usines pétrochimiques au monde. Cette joint-venture est composée de China National Chemical Engineering Group (CNCEC) et du Baltic Chemical Complex (une filiale de RusGasDobycha). L’usine de traitement du gaz naturel russe sera construite dans le port d’Ust-Luga, près du golfe de Finlande. De surcroît, le projet chinois des Nouvelles Routes de la Soie (Belt & Road Initiative), impliquant 131 pays en 2019, vise notamment à relier l’Asie, l’Europe et l’Afrique à la Chine. Il devrait continuer à soutenir le segment des infrastructures au niveau mondial, même si certains projets dans les pays asiatiques ont été retardés ou reportés l’année dernière. Ceci, malgré le ralentissement économique attendu en Chine cette année (Coface anticipe un ralentissement de la croissance du PIB dans le pays à 5,8 % contre 6,1 % en 2019 et 6,6 % en 2018). Les pays concernés devraient en effet continuer à contribuer au financement des projets associés, de même que les banques multilatérales de développement telles que la Banque asiatique de développement et les banques commerciales.

 

Le secteur de la construction subit de nombreuses transformations

Il y a des innovations constantes dans le secteur de la construction. Comme d’autres secteurs, il est fortement impacté par la révolution de l’intelligence artificielle (IA). Parmi les innovations en la matière, on peut citer les systèmes robotiques pilotés par l’IA pour trier, ramasser et traiter les débris de démolition en vue de leur recyclage. En outre, l’activité dans le secteur continuera d’être influencée par la volonté des consommateurs et des pouvoirs publics de prévenir les risques environnementaux et de lutter contre le changement climatique. Ceci implique de nouvelles réglementations plus auxquelles les entreprises doivent s’adapter. En revanche, cela devrait permettre de développer l’activité en vue de rénover ou de construire des bâtiments économes en énergie, en particulier dans le secteur commercial, qui devrait continuer à soutenir les ventes des promoteurs. Par exemple, l’UE s’est engagée à atteindre la « neutralité carbone » pour les nouvelles constructions d’ici 2050, ainsi qu’à réduire les émissions de carbone dans ce secteur de 40 % d’ici 2030. Selon la plate-forme World Green Building Council, le bâtiment et la construction sont responsables de 39 % de toutes les émissions de carbone dans le monde. Pour leurs parts, les autorités chinoises ont également mis en place un plan de lutte contre les risques environnementaux dans le secteur avec leur « 13e plan quinquennal pour l’efficacité énergétique des bâtiments et le développement des bâtiments écologiques », qui doit se terminer cette année. Il comprend plusieurs projets dont le développement du réseau de recharge rapide des véhicules électriques interurbains, la mise en place de plus de 800 stations de recharge ainsi que la promotion de la construction de grands canaux de distribution d’énergie hydroélectrique de base.

 

Dernière mise à jour : février 2020

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