Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Estonie

Estonie

Population 1.3 million
PIB par habitant 19735 $US
A2
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,5 4,9 3,9 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,8 3,7 3,5 3,3
Solde public / PIB (%) -0,3 -0,4 0,6 0,5
Solde courant / PIB (%) 1,8 3,3 3,5 3,2
Dette publique / PIB (%) 9,2 8,7 8,1 7,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Comptes publics excédentaires et faible endettement
  • Appartenance à la zone euro et à l’OCDE
  • Liens commerciaux, financiers et culturels étroits avec la Scandinavie
  • Quasi-autosuffisance énergétique grâce aux schistes bitumineux
  • Développement de secteurs à forte valeur ajoutée (électronique, services informatiques)
  • Environnement des affaires très favorable
  • Numérisation des procédures administratives
  • Flexibilité de la politique économique

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible aux chocs externes
  • Baisse de la population active et pénurie de main-d’œuvre qualifiée
  • Manque de liaisons terrestres avec le reste de l’UE
  • Inégalités de revenu et persistance de la pauvreté, notamment dans les régions orientales à majorité russophone

APPRECIATION DU RISQUE 

Une croissance soutenue par la demande interne

En 2019, le dynamisme de l’investissement (25 % du PIB en 2017) continuera de contribuer à la croissance. D’une part, l’investissement privé sera soutenu par le niveau confortable de la confiance des entreprises, ainsi que la forte utilisation des capacités de production (77 % au 3e trimestre 2018). De plus, les entreprises jouissent d’une exonération d’impôt pour leurs profits réinvestis. D’autre part, l’investissement public, dynamisé par les fonds européens, bénéficiera au développement d’infrastructures, notamment dans le domaine du transport et de l’éducation. Pourtant, la croissance devrait ralentir en 2019. La consommation privée, moteur traditionnel de la croissance, devrait continuer de croître, mais sa contribution serait limitée par la moins forte hausse du taux d’emploi. La croissance des salaires, alimentée par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, conséquente à l’émigration et la diminution de la population, devrait également être moins forte. Toutefois, le ralentissement de l’inflation favorisera la demande des ménages. Le secteur de l’industrie restera concentré autour de la téléphonie, de l’ameublement, ainsi que de l’automobile. Tourné vers l’exportation (près de 70 % de la production industrielle est exportée), il profitera de son niveau confortable de compétitivité. Cependant, le ralentissement de la croissance européenne pourrait impacter la demande extérieure, largement portée par les pays voisins. Cela affecterait fortement l’économie du pays, l’industrie générant 24 % du PIB. Néanmoins, l’activité de transport ferroviaire et routier bénéficie de la reprise du transit de biens d’équipement à destination de la Russie. De plus, un accord de coopération dans le domaine des transports, dont le but est d’améliorer la ligne de train reliant les deux pays, a été signé en décembre 2017.

Situation financière confortable

En 2018, la croissance de la consommation et de l’emploi a permis aux finances publiques d’atteindre un excédent. La situation financière devrait se maintenir, avec comme ligne de conduite un plan de stratégie budgétaire pour la période 2019/22 qui prévoit un excédent public en 2019, ainsi qu’un solde structurel (hors effets de la conjoncture) équilibré. Toutefois, l’excédent des administrations locales devrait diminuer suite à une hausse des investissements. Leurs dépenses publiques devraient, en effet, augmenter, notamment dans le domaine de la santé (5,7 % du PIB en 2019), ainsi que la promotion de la numérisation et de l’innovation (4,4 % du PIB en 2019). Malgré l’abandon de la hausse du droit d’accise sur l’alcool, initialement prévue en 2019, et le ralentissement attendu de la consommation, les recettes devraient évoluer à la hausse.

Même s’il affichera une légère baisse, l’excédent courant restera confortable. Cette évolution défavorable s’explique essentiellement par le creusement du déficit commercial (3,8 % du PIB en 2017), induit par une hausse des importations. Cependant, il demeurera largement compensé par l’excédent des services, notamment informatiques et touristiques (8,3 % du PIB en 2017). Les rapatriements de dividendes par les investisseurs suédois, finlandais et néerlandais, très présents dans la grande finance, l’immobilier, la grande distribution, mais aussi l’industrie, dépassent les rentrées provenant des investissements estoniens à l’étranger, menant à un déficit des revenus (2 % du PIB en 2017). Les importants investissements directs étrangers (flux net égal à 3 % du PIB en 2017) ont pour contrepartie les investissements de portefeuille effectués à l’étranger par les fonds estoniens de retraite et des compagnies d’assurance. La dette extérieure (83,5 % du PIB en 2017), essentiellement privée, est plus que compensée par les actifs des résidents détenus à l’étranger.

Renouvellement de la coalition attendu à l’issue des élections parlementaires

Après un vote de défiance en 2016, Taavi Rõivas et le Parti réformateur ont cédé la place à une coalition formée autour du chef du Parti du centre, Jüri Ratas, incluant aussi les socio-démocrates (SDE) et les conservateurs de Pro Patria. Cette coalition inédite a été rendue possible par le changement de direction au sein du Parti du centre, représentation politique de la minorité russophone (1/4 de la population) dont le précédent dirigeant était jugé pro-russe et anti-OTAN. En octobre 2018, la défection d’un parlementaire de Pro Patria a provoqué la perte de la majorité pour la coalition, qui ne détient plus que 50 des 101 sièges de l’organe législatif. Toutefois, le pouvoir ne devrait pas basculer, restant en place jusqu’à l’élection de mars 2019. Le Parti réformateur et sa nouvelle cheffe Kaja Kallas, et le Parti du centre de l’actuel Premier ministre Ratas se disputent la tête des sondages. Le programme du premier parti comprend des simplifications du système fiscal, la promotion de l'innovation, ainsi qu’une réduction de l'intervention de l'État dans l'économie. Le Parti conservateur (EKRE), au discours eurosceptique se tient en 3e position dans les sondages, traduisant le virage à droite du paysage politique. Malgré la stabilité du système politique, les divisions entre la majorité ethnique estonienne et la minorité ethnique russe du pays restent un défi majeur. Enfin, l’environnement des affaires est assez bon, même si le règlement de l’insolvabilité peut être laborieux. Néanmoins, le pays pourrait pâtir du scandale de blanchiment d’argent de la Danske Bank. La filiale estonienne de la banque danoise, qui aurait fait transiter de l’argent d’origine douteuse provenant de son portefeuille de clients non résidents, est au cœur de cette affaire. Une grande partie de ce portefeuille, estimé à 200 milliards d’euros, serait concerné.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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