Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Estonie

Estonie

Population 1.3 million
PIB par habitant 23330 $US
A2
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,7 4,8 3,2 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 3,4 2,4 2,1
Solde public / PIB (%) -0,8 -0,6 -0,2 -0,2
Solde courant / PIB (%) 2,7 2,0 1,4 1,6
Dette publique / PIB (%) 9,3 8,4 8,7 8,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2011) et à l’OCDE (2010)
  • Liens commerciaux, financiers et culturels étroits avec la Scandinavie
  • Quasi-autosuffisance énergétique grâce aux schistes bitumineux
  • Développement de secteurs à forte valeur ajoutée (électronique, services informatiques)
  • Flexibilité de la politique économique
  • Comptes extérieurs excédentaires et faible endettement
  • Environnement des affaires très favorable (18e du classement Doing Business 2020)
  • Numérisation des procédures administratives

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte sensible aux chocs externes
  • Baisse de la population active et pénurie de main-d’œuvre qualifiée
  • Manque de liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Inégalités de revenu et persistance de la pauvreté, notamment dans les régions orientales à majorité russophone

APPRECIATION DU RISQUE 

Une croissance soutenue par la demande domestique

La consommation et l’investissement privés continueraient à soutenir la croissance en 2020, néanmoins plus faible en lien avec la dégradation des conditions économiques mondiales. L’Estonie connaît un déclin de sa population active, en raison d’une émigration soutenue, d’une natalité déclinante et du vieillissement, impliquant un marché du travail tendu. Le faible taux de chômage et la croissance soutenue des salaires garantissent l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages. Associés à une inflation plus modérée, ces facteurs assurent la bonne tenue de la consommation des ménages (50 % du PIB), principale contributrice. L’investissement privé, bien que moins dynamique après une croissance très rapide en 2019 (+ 25 % au 2e trimestre 2019 par rapport à 2018), restera un contributeur important grâce à une confiance élevée des entreprises, une forte utilisation des capacités de production (72,5 % au 3e trimestre 2019) et des conditions de financement favorables, permises par la politique monétaire accommodante de la BCE. Il se concentrerait sur les machines et autres biens d’équipement, les technologies d’information et de communication, et la propriété intellectuelle. L’investissement public ralentirait en raison d’une moindre absorption des fonds structurels européens (fin 2018, 70 % des 4,4 milliards d’euros accordés avaient été utilisés). La quasi-totalité de la formation brute de capital fixe proviendrait ainsi des entreprises. Cependant, la croissance du PIB sera entravée par le ralentissement de la demande extérieure, en particulier dans la zone euro (50 % du commerce), pénalisant les exportations. Cela pèserait particulièrement sur l’industrie dont la production, concentrée sur la téléphonie, l’ameublement et l’automobile, est tournée vers l’exportation (70 % de la production industrielle est exportée). L’industrie générant un quart du PIB, l’économie du pays sera fortement affectée.

 

Situation financière confortable

Le déficit budgétaire structurel devrait rester faible, le gouvernement restant fidèle à la ligne de conduite fixée par le Plan de stratégie budgétaire 2020/2023, qui prévoit un retour à l’équilibre en 2021. L’an prochain, le budget prévoit une nouvelle croissance des recettes fiscales grâce à l’augmentation de certains droits d’accise (tabac et gaz), mais surtout grâce à l’expansion de la consommation et des salaires. En parallèle, le ralentissement des dépenses courantes et de l’investissement en infrastructures serait compensé par les dépenses de santé, d’éducation et de R&D, ainsi que par l’augmentation des pensions de retraite. Les dépenses de défense augmenteraient aussi afin de continuer à respecter la recommandation de 2 % du PIB de l’OTAN (comme c’est le cas depuis 2015).

L’excédent courant se maintiendrait à un niveau confortable. Les exportations de biens pâtiront des conditions globales défavorables, se montrant moins dynamiques que les importations, néanmoins contenues par la moindre croissance des investissements. Le déficit commercial demeurera largement compensé par l’excédent des services, en particulier de transport et de tourisme (50 % des services exportés en 2018). Les rapatriements de dividendes par les investisseurs suédois, finlandais et néerlandais, très présents dans la finance, l’immobilier, la grande distribution, mais aussi l’industrie, dépassent les rentrées provenant des investissements estoniens à l’étranger, menant à un déficit des revenus. Les importants investissements directs étrangers (4,4 % du PIB en flux net) ont pour contrepartie les investissements de portefeuille effectués à l’étranger par les fonds estoniens de retraite et des compagnies d’assurance. L’excédent du compte de capital est composé des transferts des fonds structurels de l’UE. La dette extérieure (85 % du PIB, essentiellement privée) est plus que compensée par les actifs des résidents détenus à l’étranger.

 

Stabilité politique après les élections législatives

L’élection législative de mars 2019 a vu le libéral Parti de la réforme remporter la victoire avec 29 % des voix (34 députés sur 101), suivi par le Parti du centre (23 % et 26 sièges). Ce scrutin a également été marqué par la percée du parti nationaliste d’extrême droite EKRE, qui, doublant son score de 2015, a obtenu 17,8 % des suffrages (19 sièges). Le parti conservateur Pro Patria (11,4 %) et le Parti social-démocrate (9,8 %) ont respectivement 12 et 10 députés. En l’absence de majorité, le parti réformiste n’a pas réussi à former un gouvernement. C’est donc finalement un gouvernement de coalition entre le parti centriste, les conservateurs et EKRE qui a pris ses fonctions fin avril, mené par le Premier ministre sortant Jüri Ratas. Malgré les différences idéologiques, la coalition fait preuve d’unité, en témoigne l’échec d’une motion de censure contre le Premier ministre en octobre 2019. En dépit de la stabilité politique, les divisions entre la majorité ethnique estonienne et la minorité russe restent un défi majeur. Enfin, l’environnement des affaires est bon, malgré un règlement de l’insolvabilité pouvant être laborieux. Le FMI a, toutefois, souligné la nécessité de mettre en place des mesures anti-blanchiment plus contraignantes. Cela fait suite au scandale impliquant la filiale estonienne de la Dankse Bank depuis 2015, accusée d’avoir participé au blanchiment de 209 milliards USD en moins de dix ans, provenant particulièrement de clients russes. La Swedbank fait face à des accusations similaires depuis avril 2019.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page