Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Metallurgie

Metallurgie

Metallurgie
Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Moy-Orient & Turquie
Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Reprise générale du secteur, couplée à une forte hausse des prix des métaux
  • Reprise de la demande tirée par l’activité manufacturière
  • Produits utilisés dans de nombreuses industries à travers le monde, en particulier pour la production de batteries électriques, et de pièces en aluminium utilisées pour la fabrication de véhicules électriques
  • Opportunités à venir pour certains métaux, comme le nickel, avec le développement des véhicules électriques

Faiblesses

  • Pression accrue des autorités chinoises pour réorganiser les industries sidérurgiques et de l’aluminium
  • Forte dépendance à l’égard de la politique économique chinoise
  • Pression pour réduire l’empreinte environnementale des activités minières et métallurgiques

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Coface prévoit pour 2022 un taux de croissance de 4,1 %, contre 5,6 % en 2021. La demande du secteur manufacturier a fortement rebondi dans les pays les plus riches grâce à l’atténuation des mesures de confinement. La demande soutenue qui a suivi l’assouplissement des mesures de confinement a créé une inadéquation entre l’offre et la demande, ce qui s’est traduit par de fortes pressions sur les prix. De nombreux métaux de base ont pâti de plusieurs années de sous-investissement, notamment après le « Supercycle ». De ce fait, toutes les conditions sont réunies pour que le déséquilibre actuel entre l’offre et la demande perdure quelque peu dans les trimestres à venir.

 
Toutefois, ces derniers mois, les prix de plusieurs métaux ont chuté par rapport aux sommets atteints au début de l’année 2021, notamment en Chine en Europe. Cette tendance suggère que la reprise généralisée de la métallurgie pourrait s’essouffler. Les marchés anticipent un ralentissement de la demande chinoise, les autorités souhaitant freiner l’expansion du secteur de l’acier pour atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. En outre, les autorités agissent rapidement pour réduire la spéculation sur les prix des métaux afin d’aider les secteurs clients à faire face à la hausse des prix des intrants alors que le secteur de la construction est perçu comme un secteur vulnérable à cause des difficultés rencontrées par de grand promoteurs immobiliers.

 
Enfin, bien qu’il soit très difficile d’anticiper précisément les tendances, les prix des métaux, qui ont atteint un pic en 2021, semblent se stabiliser maintenant, ce qui est en phase avec la demande chinoise (50 % de la demande mondiale de métaux) qui continue de croître, mais à un rythme plus lent. Il convient de noter que de nouvelles vagues de la pandémie peuvent survenir et menacer l’économie mondiale et donc le secteur des métaux.

 

EVOLUTION DES COURS SIDÉRURGIQUES
COFA_GDR_2022_Graph_Metal_FR
Analyse approfondie du secteur

Bien que la reprise ait été amorcée très tôt en Chine, elle s'est généralisée grâce aux plans de relance des pays les plus riches. Coface estime la croissance du PIB à 5,4%, 3,7% et 3,7% en 2022 respectivement en Chine, en Europe et aux États-Unis. 

 

En 2020, lors de l’apparition de la pandémie de COVID‑19, le secteur des métaux, très dépendant de la conjoncture économique, a été affecté de diverses manières à travers le monde.

 
Selon le ministère australien de l’industrie, des sciences, de l’énergie et des ressources, la consommation mondiale d’acier, de cuivre et de nickel augmentera respectivement de 2,7 %, 2 % et 4,7 % en 2022. La consommation générale ralentira au niveau mondial, car l’activité économique enregistrera un taux de croissance plus faible. Alors que les taux de vaccination augmentent, l’irruption d’un nouveau variant aura sans aucun doute un impact sur l’activité économique. En outre, le soutien politique de la Chine aux secteurs de la construction et de l’immobilier sera d’une importance capitale pour aider à soutenir les prix des métaux. Les problèmes actuels de chaînes d’approvisionnement (pénurie de semis, manque de magnésium, etc.) pourraient bien se poursuivre en 2022, et affecter les prix en conséquence.

 
La reprise chinoise, suivie d’une reprise dans les autres pays du monde, a favorisé l’augmentation du prix des métaux. Pour 2022, les prix devraient rester à des niveaux élevés en raison d’une forte demande relativement forte et d’une croissance limitée de l’offre. Des années de sous‑investissement dans plusieurs segments posent certaines contraintes à la production, tandis que les restrictions mises en place pour contenir la diffusion de nouveaux variants pourraient faire augmenter les prix en 2022. Cependant, l’équilibrage du marché pourrait être effectif au T4 2022 si les autorités chinoises ne mettent pas en place une politique monétaire accommodante. Enfin, un plan d’infrastructure américain pourrait favoriser la reprise de la demande et ainsi maintenir les prix à des niveaux élevés.

 

L'industrie sidérurgique décélère en Chine   

Le minerai de fer et l’acier souffrent du ralentis‑ sement du secteur de la construction en Chine. L’endettement élevé dans le segment de l’immobilier constitue une menace pour la consommation d’acier en raison de la baisse de la demande. La production d’acier sur douze mois a augmenté de tout juste 4 %, en glissement annuel, en Chine, fin septembre 2021, après des taux de croissance à deux chiffres au printemps 2021.

 
L’industrie sidérurgique chinoise est très importante pour les secteurs de la fabrication, de la construction et de l’immobilier du pays, car elle fournit à ces industries des produits clés. Cependant, cette industrie a une forte empreinte environnementale car elle pollue excessivement, notamment les aciéries privées, elle est énergivore et nécessite d’énormes quantités d’électricité qui sont généralement fournies par des centrales au charbon.

 

L’industrie est donc en première ligne dans la lutte contre la pollution et pour la neutralité carbone, comme s’y sont engagés les grands décideurs politiques chinois. Nous nous attendons à ce que la production d’acier des prochaines années soit plafonnée à celle de l’année précédente, afin d’atteindre plus rapidement la neutralité carbone. Enfin, et cette mesure pourrait être considérée comme une révolution dans l’industrie sidérurgique chinoise, les responsables de la planification pourraient obliger les sidérurgistes à utiliser davantage de ferraille et déchets métalliques au lieu du minerai de fer pour produire de l’acier. Cela les obligerait à investir dans de nouvelles usines et à fermer celles qui sont obsolètes. 

 

En Europe, les prix de l’acier s’essoufflent. Les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement associés à la hausse des coûts énergétiques affectent l’activité des sidérurgistes. Le manque de matières premières, les coûts d’expédition élevés et les pénuries d’équipements et de composants clés continueront de peser sur le secteur manufacturier en 2022. Même si nous assistons à une certaine détente, notamment en ce qui concerne la pénurie de semi‑conducteurs qui frappe durement l’industrie automobile, ces vents contraires devraient, à notre avis, entraver l’activité des sidérurgistes.

 
Aux États‑Unis, les sidérurgistes sont frappés par les mêmes vents contraires que leurs homo logues européens et chinois, même si le marché immobilier semble résister. Les prix de l’acier commencent à baisser car la demande du secteur manufacturier est affectée par la baisse des commandes de l’industrie automobile et, dans une moindre mesure, des biens d’équipement. La mise en œuvre de certaines mesures du plan d’infrastructures aidera le secteur de l’acier et l’industrie métallurgique dans son ensemble, au cours de l’année 2022. Cependant, la meilleure santé financière des sidérurgistes américains est de bon augure, mais il convient de rester prudent quant à l’augmentation des capacités suite à l’application de droits d’importation sur les produits sidérurgiques étrangers qui a été décidée sous la présidence Trump.

 
L’évolution des prix des principaux métaux reflète les tendances de la crise économique et sanitaire. Après avoir baissé à la suite de la crise de la COVID‑19, les prix des principaux métaux sont toujours à des niveaux élevés. Cependant, selon SteelHome, les prix mensuels moyens de l’acier en Chine, en Europe et aux États‑Unis ont diminué respectivement de 7 %, 12 % et 1 % fin novembre 2021 par rapport à leur pic de l’été 2021. Les prix des métaux devraient rester stables cette année, en raison de la forte demande dans les secteurs clients tels que l’industrie manufacturière. Malgré les difficultés rencontrées, l’industrie sidérurgique est restée globalement une activité rentable sur les principaux marchés.

 

À moyen terme, la nécessité de réduire l’impact environnemental du secteur et le développement continu des moteurs électriques devraient continuer à avoir un impact majeur sur les activités.
 

De nombreux producteurs de métaux s’orientent vers la production de métaux plus « verts », car ils s’engagent à réduire leur empreinte environnementale afin de diminuer leurs émissions de GES. C’est notamment le cas des sidérurgistes européens qui, avec le soutien des autorités, investissent d’importantes sommes d’argent dans des projets visant à permettre la neutralité carbone et à réduire leur consommation d’énergie ou à passer à la production d’électricité par les énergies renouvelables. Ainsi, le développement des énergies éolienne et solaire, ainsi que l’adoption à grande échelle de la voiture électrique, nécessitent de très grandes quantités de cuivre et de nickel (entre autres). Ces véhicules contiennent trois fois plus de cuivre qu’une voiture à propulsion thermique. Pour le nickel, les différences peuvent varier de 3 à 30 fois, selon les technologies et les caractéristiques techniques des véhicules. Les constructeurs automobiles, qui cherchent à réduire le poids des véhicules, privilégieront à terme l’aluminium, 10 à 40 fois plus léger que l’acier, pour augmenter l’autonomie des véhicules.

 
Parallèlement à la mise en place d’un Green Deal, un programme d’investissement dans les énergies vertes favorisant la transition énergétique et la décarbonisation, les États européens tentent de parvenir à un consensus pour rendre l’économie du continent européen durable, notamment grâce à l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, la demande de métaux tels que l’aluminium, le nickel, le platine et le palladium, liée aux véhicules électriques, va croître dans les années à venir. Nous prévoyons que les petites et moyennes entreprises du secteur des métaux seront confrontées à des difficultés, car la transition sectorielle nécessitera de lourdes dépenses d’investissement pour réduire l’empreinte environnementale.

 

Dernière mise à jour : février 2022

Haut de page