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Metallurgie

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Changer de secteur

Forces

  • Poursuite de la restructuration des principales activités clés dans les différents segments du secteur métallurgique (nickel, cuivre, zinc, terres rares, aluminium)
  • Coûts de production réduits
  • Produits utilisés dans de nombreuses industries à travers le monde, en particulier pour la production de batteries électriques

Faiblesses

  • Faible taux global de capacité de production
  • Pression accrue des autorités chinoises pour réorganiser les industries sidérurgique et de l’aluminium
  • Forte dépendance à l’égard de la politique économique chinoise
  • Croissance faible des ventes mondiales de véhicules

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur de la métallurgie fait face à de nombreuses difficultés, dans ce contexte de guerre commerciale entre la Chine et les États unis. Ces derniers ont imposé des droits de douane sur les importations d’acier (25 %) et d’aluminium (10 %) en provenance de plusieurs pays comme la Chine, mais aussi des alliés (Union européenne, Canada, Mexique et Japon). Ceci a contribué transitoirement à exercer une pression à la hausse sur les prix de l’acier américain (21,7 % entre décembre 2017 et juillet 2019). Néanmoins, selon SteelHome, les prix mensuels moyens de l’acier aux États-Unis, en Chine et en Europe ont baissé respectivement de - 28 %, - 12 %, - 18 % entre novembre 2018 et novembre 2019 ; du fait du ralentissement économique. De même pour le minerai de fer dont le cours a chuté de 21 % en novembre 2019 après sa forte hausse du début de l’année 2019, due à une réduction de l’offre brésilienne.

Les cours du cuivre, qui agissent comme véritable indicateur économique avancé de la dynamique de l’économie mondiale, connaissent une dégradation (- 3,3 % entre décembre 2018 et novembre 2019). Les prix des autres métaux de base et des alliages connaissent quant à eux des tendances contrastées. Le nickel a augmenté de 40 % au cours de la période de fin décembre 2018 à novembre 2019, du fait de l’engouement pour les batteries des voitures électriques. Le zinc, l’aluminium et le cobalt ont vu leurs prix diminuer à l’instar du cuivre (- 7 %, - 7,5 %, - 35 % respectivement).

L’acier est aussi souvent considéré comme un baromètre de l’activité mondiale en raison de son utilisation dans plusieurs activités industrielles: le secteur de la construction, l’automobile et les biens de consommation comme les appareils ménagers notamment. C’est pourquoi nous examinons l’acier plus en détail dans cette analyse.

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Analyse approfondie du secteur
La détérioration des perspectives économiques dans la plupart des zones économiques devrait continuer de peser sur le marché sidérurgique mondial

Le Trésor américain a classé la Chine dans la liste des pays manipulant leur monnaie, ce qui ne devrait pas favoriser la conclusion d’un accord dans la guerre commerciale qui oppose les deux pays. En outre, Coface anticipe une poursuite du ralentissement de l’économie mondiale estimée à 2,5 % en 2019 et 2,4 % en 2020 (contre 3,2 % en 2018). De ce fait, le secteur sidérurgique, qui est très fortement dépendant de la conjoncture mondiale, devrait connaître une forte volatilité des cours rendant la tâche des directeurs d’achats du secteur manufacturier compliquée. Ceci est d’autant plus le cas que les secteurs clients, en l’occurrence l’automobile et dans une moindre mesure la construction, font face à des difficultés au regard de leur caractère pro-cyclique. Ainsi, la consommation mondiale d’acier devrait décroître très modérément de 0,9 % en 2020. De même, la production mondiale d’acier devrait suivre la même tendance avec une croissance de 0,5 % en 2020.

Le ralentissement économique de 2019 devrait se poursuivre en 2020, avec 1,1 % de croissance prévue par Coface dans la zone euro. La consommation apparente d’acier a baissé de 7,7 % au second trimestre 2019, selon EUROFER. En effet, l’évolution négative de la demande d’acier est le résultat de l’effondrement continu du secteur manufacturier de l’UE, notamment dans le secteur automobile, dont l’indice de production est en nette baisse en raison de l’affaiblissement des immatriculations. La situation sur le marché européen de l’acier a été aggravée par les importations conséquentes de produits sidérurgiques qui, conjuguées à la baisse de la demande, dans un contexte de surcapacité mondiale, ont inévitablement fait baisser les prix domestiques. Les « mesures de sauvegarde » que l’Union européenne a adoptées comme dispositifs de protection dans le contexte de la guerre commerciale se sont montrées peu efficaces. Pour cette raison, beaucoup de sidérurgistes européens, notamment les entreprises leaders dans les aciers à forte valeur ajoutée, ont vu leurs chiffres d’affaires et bénéfices baisser globalement au troisième trimestre 2019.

Après avoir connu une croissance de 2,9 % en 2018, l’économie américaine devrait atteindre 2,3 % en 2019, mais seulement 1,3 % en 2020, selon les prévisions de Coface, en raison notamment des répercussions de la guerre commerciale et d’un niveau d’investissement moins dynamique des entreprises clientes. Dans ce contexte, les mesures américaines de protection ont permis notamment de baisser l’importation de produits sidérurgiques de 11 % en glissement annuel en septembre 2019, et ont favorisé une hausse de la production d’acier (4 % en glissement annuel en octobre 2019). Or, les cours sidérurgiques américains baissent depuis mi-2019, conjointement à un ralentissement de la demande au regard de l’indice de production industrielle qui commence à s’affaiblir (- 0,2 % en glissement annuel novembre 2019). De ce fait, la demande d’acier devrait rester stable en 2020, alors que la production devrait décroître de 0,8 %.

Le marché sidérurgique chinois est légèrement affecté par le ralentissement progressif de l’activité économique domestique, avec une croissance économique estimée par Coface à 5,8 % en 2020, en baisse par rapport à 6,1 % en 2019 et 6,6 % en 2018. En effet le secteur sidérurgique chinois a bénéficié des dépenses publiques orientées vers les infrastructures publiques et la construction, permettant de soutenir la consommation et la production de l’acier au premier semestre 2019. Malgré la méforme des secteurs clients notamment l’automobile et la construction immobilière qui ont affecté négativement le prix de l’acier, Worldsteel prévoit que la demande chinoise d’acier augmentera de 1 % en 2019 pour une production en hausse de 1,2 %, avant un déclin continu de la production en 2020 en raison d’une consommation modérée notamment. La demande d’acier dans les secteurs de la construction, de l’énergie et de l’automobile diminuerait en 2019, tandis que la demande dans les secteurs des machines, de la construction navale, des appareils ménagers et des chemins de fer continuerait à croître. En guise d’illustration, les ventes d’automobiles ont chuté en 2018 (- 4,6 %) et 2019 (- 4 % en octobre), et devraient continuer sur cette tendance en 2020. De plus le marché immobilier connaît un ralentissement avec une croissance négative des mises en chantier de - 2,2 % en juin 2019, en glissement annuel.

 

La consommation indienne de produits sidérurgiques devrait augmenter de 6 % en 2019, du fait d’un fort soutien public aux projets d’infrastructures et d’un secteur manufacturier qui a stimulé la consommation intérieure. Ceci devrait se poursuivre à moyen terme. En 2020, la production indienne d’acier devrait augmenter de 2,2 %

 

Le développement et l’engouement pour les véhicules électriques nourrissent une demande plus importante pour le nickel, et pour l’aluminium dans une moindre mesure, car permettant d’alléger le poids des véhicules, de l’ordre de 5,9 % en moyenne jusqu’en 2021

L’acier présente toujours des avantages en termes de coût, en comparaison avec d’autres alternatives tels que l’aluminium et les matériaux composites. En outre, l’un des principaux risques qui pèse sur la demande en nickel et aluminium à la faveur du développement du véhicule électrique est que ce dernier fait face à des défis. En effet, les ventes des véhicules électriques ne remplaceront pas les véhicules thermiques à court terme. Ceci s’explique par différents facteurs tels que des niveaux de prix assez élevés, des questions des consommateurs quant à l’autonomie des véhicules, perçue comme trop courte, ainsi que les temps de charge.

 

Dernière mise à jour : février 2020

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