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Metallurgie

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Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Poursuite de la restructuration des principales activités-clés dans les différents segments du secteur métallurgique (nickel, cuivre, zinc, terres rares, aluminium)
  • Coûts de production réduits pour les grands producteurs mondiaux.
  • Produits utilisés dans de nombreuses industries à travers le monde, en particulier pour la production de batteries électriques, et de pièces en aluminium dédiées aux véhicules électriques

Faiblesses

  • La pandémie a affecté la demande ainsi que l’offre
  • Faible taux global de capacité de production
  • Pression accrue des autorités chinoises pour réorganiser les industries sidérurgiques et de l’aluminium
  • Forte dépendance à l’égard de la politique économique chinoise
  • Grandes difficultés des ‘secteurs clients’ (construction, automobile)

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

La pandémie de coronavirus a entraîné un arrêt brutal de l’activité économique au premier semestre de l’année, pénalisant ainsi le secteur métallurgique dans son ensemble. Coface anticipe ainsi une baisse du PIB mondial de 4,4 % en 2020 après une hausse de 3,2 % et 2,5 % en 2018 et 2019 respectivement. De nombreux secteurs clients tels que la construction, l’aéronautique et l’automobile ont drastiquement diminué leur demande de métaux à cause de la crise du COVID-19.

Selon SteelHome, les prix mensuels moyens sidérurgiques aux États-Unis, en Chine et en Europe ont baissé respectivement de 30 %, 4%, 8 % entre mai 2019 et mai 2020. Pour sa part, le  minerai de fer, a connu une baisse des prix moins significative en raison d’une offre en retrait induite par des conditions climatiques difficiles (de nombreux incendies notamment) en Australie et au Brésil, ainsi que  des fermetures de mines chez ce dernier. Son cours mensuel n’a diminué que de 0,3% entre mai 2019 et mai 2020.

Toutefois, la reprise économique est amorcée dans de nombreuses régions du monde, bien qu’elle soit disparate entre les pays et dépende fortement des mesures de soutien public à l’investissement. La consommation des ménages demeure en deçà de ses niveaux d’avant pandémie, du fait d’une diminution des revenus et d’une hausse de l’épargne de précaution due à l’incertitude que fait peser la crise sanitaire.

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Analyse approfondie du secteur
Analyse approfondie du secteur

La pandémie de coronavirus a donné lieu, principalement au premier semestre de l’année, à des mesures drastiques de confinement affectant l’activité économique. De ce fait, le secteur métallurgique, qui est très fortement dépendant de la conjoncture mondiale, devrait connaître une forte volatilité des cours rendant la tâche des directeurs d’achats du secteur manufacturier compliquée. Ceci est d’autant plus vrai que les secteurs clients issus de l’industrie manufacturière, en l’occurrence l’automobile et dans une moindre mesure la construction, font face à des difficultés au regard du développement de la pandémie. Les économies des principaux marchés, notamment les économies avancées et la Chine, enregistrent un très fort ralentissement de leur activité économique en 2020 (-6.8% après 1,7% en 2019 pour les économies avancées et 1% après 6,1% pour la Chine).
Ainsi, la consommation mondiale d’acier, de cuivre et de nickel devrait respectivement décroître de 6,4 %, 2,5% et 15% en 2020 d’après le Département de l’industrie, de la science, de l’énergie et des ressources du gouvernement Australien. Bien que le secteur minier a été considéré comme secteur essentiel dans de nombreux pays, la production a été nettement diminué pendant la période de confinement. En effet, les conditions de travail difficiles, notamment dans des espaces clos, sont favorables à la propagation du virus. Ainsi à la date du 25 juin 2020, des perturbations ont été enregistrées dans 275 mines dans 36 pays d’après S&P Global Market Intelligence Data. Bien qu’à l’heure actuelle, la production des mines ait repris dans de nombreux pays, le secteur de la métallurgie fait face à de nombreuses difficultés liées notamment à la baisse de la demande dû à une conjoncture défavorable.
Les fermetures de mines ont notamment concerné les plus grands pays producteurs, qui font l’objet d’une reprise différenciée. La région minière d’Antofagasta au Chili, où se situe la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, est la région la plus touchée par l’épidémie de Covid-19 du Chili, après la capitale Santiago. Pour faire face au virus, le nombre de travailleurs présents dans les mines a été restreint, engendrant une baisse de la production. Cette baisse de l’offre liée aux perturbations dans les pays producteurs, a largement été compensée par la baisse de la demande, donnant lieu à une baisse des prix des métaux.
La profitabilité de plusieurs segments du secteur a globalement diminué entre le premier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020 , seul le segment du nickel a vu sa profitabilité augmenté légèrement, en raison d’une hausse de l’EBITDA (voir Graphique 2). A priori, cette baisse de la profitabilité devrait se poursuivre au second trimestre 2020. Par ailleurs, malgré une augmentation de l’endettement net entre le premier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020 de 12% et 24% pour l’industrie du cuivre et des métaux non ferreux respectivement, les ratios d’endettement net rapportés à l’actif restent stables sur la même période. Les ratios d’endettement des sous- segments de l’acier et de l’aluminium sont également stables. Ces segments ont connu une hausse de la valeur de leur endettement net au cours de l’année 2019, qui s’est estompé au début de l’année 2020 (baisse de 4% et 1% respectivement sur un an).
L’activité métallurgique en Asie redémarre de façon plus soutenue que dans les autres principaux marchés mondiaux étant donné que le déconfinement y a eu lieu plus tôt. Dans la majorité des pays où les contaminations ont reculé par rapport aux pics constatés, les mesures de confinement ont été levées. La réouverture des mines, principalement amorcé dès le T2 2020, permet un accroissement de l’offre, qui est déterminé par la reprise graduelle de l’activité de la construction et de l’automobile, premiers utilisateurs de produits sidérurgiques. Cette reprise est disparate, notamment en fonction de la géographie.
La production d’acier a augmenté de 1% en Chine alors que l’Union européenne et l’Amérique du Nord ont connu des baisses de 18% et 17% respectivement en 2020.
En Chine, où les mesures ont été allégées depuis avril 2020, la reprise est permise par les projets d’infrastructure du gouvernement central. A fin juin 2020, la production d’acier en Chine retrouve son niveau pré-COVID-19. Entre février et juillet 2020, l’utilisation des capacités de production des usines produisant des plaques d’acier dans ce pays a augmenté de 15 points de pourcentage passant ainsi de 70,5% à 85,5%.
En Inde, la demande d’acier a diminué de 90% en avril en raison des mesures de confinement. Malgré des mesures moins strictes, les travailleurs migrants qui ont rejoint leurs villages refusent de revenir sur les chantiers de construction par peur d’attraper le COVID-19. Les autorités de l'Etat de Maharashtra, dont Mumbai est la capitale, estiment que 80% des ouvriers du BTP ont quitté la capitale financière du pays.
En Europe, la demande de métaux, liée à la reprise, repose également sur les infrastructures publiques puisque la demande provenant du segment des particuliers et du non-résidentiel est en baisse en raison de la baisse des revenus et de l’investissement. D’après Eurofer, l’investissement dans la construction devrait diminuer de 10,5% en 2020 avant de rebondir de 7,6% en 2021.  Le secteur de la construction, moins réactif à la conjoncture, est cependant plus résilient que le secteur automobile et de l’ électroménager, dont les productions devraient diminuer de 26% et 10,8% en 2020 respectivement, avant de rebondir de 25,3% et 5,7% en 2021 respectivement d’après Eurofer.
Aux Etats-Unis, où l’épidémie n’est pas encore maitrisée, la baisse de la demande et de la production d’acier devrait se prolonger. D’après l’ISM (Institute of Supply Management), le Manufacturing Index a atteint 41,5 en Avril contre 49,1 en Mars, démontrant la fragilité du secteur manufacturier.
En Amérique du Sud, où le COVID-19 continue sa progression, le secteur industriel est durement touché. Au Brésil, pays le plus touché d’Amérique du Sud par l’épidémie, la production industrielle a diminué de 9% entre juin 2019 et juin 2020. Les secteurs de la construction et de l’automobile brésiliens souffrent aussi de la crise du COVID-19. GlobalData prédit une contraction de l’industrie du textile de 6% en 2020. De surcroît, d’après l’Association nationale des constructeurs de véhicules à moteurs du Brésil (Anfevea), seules 1 847 véhicules ont été produit en Avril 2020, soit une baisse de 99,4% par rapport à Avril 2019.
L’évolution des cours des principaux métaux reflète celle  de la crise économique et sanitaire. Après avoir baissé en réponse à la crise du COVID-19, les prix des principaux métaux sont en hausse. Entre juin 2020 et août 2020, les prix mensuels de l’aluminium, du zinc et du nickel ont respectivement augmenté de 6%, 9% et 6% en écho à la reprise graduelle, notamment en Chine. Le cours du cuivre connait une plus forte progression, de 16% en raison de l’action des spéculateurs qui misent sur la reprise de l’activité économique, le cuivre étant un indicateur économique avancé de la dynamique de l’économie mondiale. Selon SteelHome, les prix mensuels moyens de l’acier en Chine et en Europe ont augmenté respectivement de 6% et 8% entre juin 2020 et août 2020. Sur la même période, le prix de l’acier aux Etats-Unis a baissé de 3%. Bien que les cours des métaux restent inférieurs à ceux de 2019 ; ils devraient connaître un rebond en 2021, en raison du regain d’activité attendu dans les secteurs-clients dans l’industrie manufacturière.
La baisse des prix, en comparaison aux tendances historiques, implique une baisse des marges pour les entreprises du secteur. Ainsi, la sidérurgie reste tout de même rentable et traverse la crise du COVID-19 avec plus de résilience que lors de la crise des subprimes en 2008-2009. Il faut cependant noter que ce sont les entreprises où les coûts sont les plus faibles et la demande plus durable, qui ont pu limiter les effets négatifs de ce choc global.
Dans le moyen terme, la nécessité de réduire l’impact écologique du secteur et la poursuite du développement des motorisations électriques devraient continuer de fortement impacter son activité.
Le développement des énergies éolienne et solaire, ainsi que la démocratisation de la voiture électrique nécessitent des quantités de cuivre et de nickel très importantes. Une voiture à propulsion électrique contient 3 fois plus de cuivre que les voitures à propulsion thermique. Pour le nickel, les écarts peuvent varier de 3 à 30, en fonction des technologies et des caractéristiques techniques des véhicules. Les constructeurs automobiles, qui cherchent à diminuer le poids des véhicules vont, à terme, favoriser l’aluminium qui est 10 à 40 fois plus léger que l’acier.  Ceci participera à l’augmentation de l’autonomie du véhicule.
En phase avec l’élaboration d’un « Green Deal », un programme d’investissement dans les énergies vertes, les Etats européens tentent de faire émerger un consensus afin de rendre l’économie du continent durable, notamment au travers de l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, Coface s’attend à ce que la demande de métaux et d’alliages tels l’aluminium, le nickel, le palladium et le platine sera en croissance dans les années à venir. Dans ce contexte, les entreprises de petite et moyenne taille du secteur métallurgique devraient rencontrer des difficultés, car la transition du secteur supposera de lourdes dépenses d’investissement, notamment dans la R&D et lors de l’extraction de minerai.

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Dernière mise à jour : septembre 2020

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