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Qatar

Qatar

Population 2,7 million
PIB par habitant 61025 $US
A4
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 1,6 2,7 2,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 0,4 3,7 3,5
Solde public / PIB (%) -4,7 -1,6 3,6 10,5
Solde courant / PIB (%) -5,5 3,8 4,8 6,6
Dette publique / PIB (%) * 46,7 53,8 53,4 48,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dette publique brute.

POINTS FORTS

  • Troisièmes plus grandes réserves de gaz au monde
  • Premier exportateur mondial de GNL
  • Développement des secteurs hors hydrocarbures soutenu par une stratégie de diversification économique
  • Soutient des activités liées aux infrastructures et au bâtiment par l’Organisation de la Coupe du monde 2022
  • Réserves financières considérables permettant à l’économie de résister au boycott
  • Niveau élevé du revenu par habitant contribuant à la stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Politique monétaire tributaire du régime d’ancrage de la monnaie
  • Répercussions négatives possibles en cas d’escalade de la crise diplomatique
  • Incertitude géopolitique croissante
  • Dépendance vis-à-vis de la main-d’œuvre étrangère
  • Dépendance persistante à l’égard des revenus des hydrocarbures

Appréciation du risque 

L'économie continue de résister ; les impacts de la crise diplomatique devraient s'estomper

En 2018, l'économie du Qatar a été stimulée par une hausse de la croissance dans le secteur des hydrocarbures et par l'accélération du secteur hors hydrocarbures, notamment dans le bâtiment et la fabrication. L'organisation de la Coupe du monde en 2022 devrait doper les investissements et l'activité dans les secteurs du bâtiment, du tourisme et des transports en 2019. L'assouplissement de la baisse de production de l'OPEP, le soutien du gouvernement à la diversification de l'économie et la création de nouvelles routes commerciales permettront également d'accélérer la croissance. Toutefois, le blocus économique continuera de limiter tout bond important.

La prudence budgétaire devrait rester d'actualité, malgré la hausse des prix des hydrocarbures, limitant ainsi la contribution de la consommation publique à la croissance. La banque centrale du Qatar a jusqu'à présent relevé son taux directeur conformément au resserrement monétaire instauré par la Réserve fédérale américaine. Le régime d'ancrage de sa monnaie devrait la contraindre à suivre la FED, ce qui pourrait se solder par un ralentissement de la croissance de la consommation des ménages. Toute aggravation des tensions politiques, baisse des prix de l'énergie, orientation budgétaire plus stricte que prévu ou contraction des conditions financières à l'échelle mondiale poserait un risque important pour la croissance. À cet égard, les vastes réserves financières du Qatar pourraient apporter un soutien supplémentaire à l'économie.

L'inflation a augmenté en 2018 en raison de la hausse des prix de l'énergie et du boycott imposé au Qatar. Les prix des produits alimentaires et des boissons, qui représentent près de 13 % de l'indice des prix à la consommation, ont notamment affiché jusqu'à 6 % de hausse début 2018, avant de redescendre progressivement depuis. Les hausses des prix du carburant et les conséquences de l'introduction d'une TVA devraient faire grimper les prix en 2019.

 

Excédent croissant de la balance courante, les services et les transferts restant déficitaires

La hausse des prix du pétrole permettra au Qatar d'accroître son excédent commercial et, par voie de conséquence, son excédent de la balance courante en 2019. Les exportations d'hydrocarbures restent le premier poste d'exportation du pays, leur part dans les exportations totales atteignant 84 % (2017). De leur côté, les importations devraient elles aussi augmenter sous l'effet d'une croissance plus forte qui alimentera les importations de biens de consommation. En outre, le pays continuera également d'importer les biens d'équipement nécessaires aux travaux de construction en vue de la Coupe du monde de 2022. Toutefois, le rythme de croissance des importations sera plus lent que celui des exportations, alimentant ainsi l'excédent de la balance courante du pays.

Le déficit de la balance des services devrait se maintenir, bien que la tendance soit à la baisse. Cumulé sur 12 mois, ce déficit est retombé à 13,5 milliards USD (soit près de 7,5 % du PIB) à la fin du premier trimestre 2018, ce qui représente une baisse de 16,7 % par rapport à la même période un an auparavant. Cela s'explique principalement par la forte hausse des exportations de prestations de transport et de voyage consécutive aux efforts déployés par le gouvernement pour diversifier les exportations. La balance des transferts courants restera déficitaire en raison du niveau élevé des envois de fonds des travailleurs étrangers au Qatar (6 % du PIB en 2017) et des transferts publics qatariens vers les pays étrangers. L'excédent de la balance courante qui en résulte continuera d'être utilisé pour investir à l'étranger. Sur 12 mois cumulés, les investissements directs nets à l'étranger ont atteint 2,5 milliards USD (près de 1,4 % du PIB) au premier trimestre 2018, tandis que les autres sorties d'investissements (prêts, dépôts, etc.) ont bondi pour atteindre 33 milliards USD.

L'excédent du solde budgétaire devrait lui aussi augmenter à la faveur de la hausse des prix de l'énergie et de la modération des dépenses publiques. Les exportations d'hydrocarbures représentent encore près de 50 % des recettes totales de l'administration centrale. Depuis la chute des prix du pétrole en 2015, les dépenses budgétaires totales sont tombées de près de 40 % à 33 % du PIB en 2017. Les revenus hors hydrocarbures devraient augmenter sous l'effet de l'augmentation des taxes, de l'introduction de la TVA et de la hausse des prélèvements sur les travailleurs expatriés.

 

La situation politique intérieure reste stable

En juin 2017, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar et coupé leurs liaisons aériennes, terrestres et maritimes. En dépit de ses retombées négatives sur l'économie du Qatar, ce boycott n'a pas fait peser un risque majeur en termes de stabilité politique intérieure. Cela étant, tout nouveau conflit ou toute nouvelle alliance dans la région pourrait compromettre cette stabilité. En outre, toute escalade de la crise du CCG aurait également un impact négatif sur la confiance des investisseurs à l'égard du Qatar.

La décision du Qatar de quitter l’OPEP reste en grande partie symbolique et pourrait profiter à son économie, car elle se concentrera davantage sur le principal produit exporté, le gaz naturel liquéfié (GNL). Toutefois, les relations avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis pourraient devenir plus distantes.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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