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Textile-Habillement

Textile-Habillement

Textile-habillement
Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Accroissement de la classe moyenne dans les pays émergents
  • Développement du fast fashion

Faiblesses

  • Produits à forte élasticité prix de la demande
  • Secteur très sensible aux variations de l’activité économique
  • Structure des prix très sensibles aux variations des cours matières premières

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur du textile-habillement est composé de deux branches : le textile d’une part et l’habillement d’autre part. Bien que liées, ces deux branches sont soumises à des contraintes et des mécanismes différents. Le textile fournit les intrants au marché de l’habillement, principalement le coton pour les fibres naturelles, et le polyester, pour les fibres synthétiques. Alors qu’historiquement le coton et les fibres naturelles étaient les plus utilisés, les fibres synthétiques – moins coûteuses et plus faciles à mélanger avec d’autres fibres notamment – ont gagné en importance : la production mondiale de polyester est aujourd’hui deux fois plus élevée que la production de coton.

Après avoir augmenté de 60 % entre janvier 2016 et juin 2018, les cours du coton ont fortement diminué : - 30 % entre juin 2018 et octobre 2019. Le département américain de l’agriculture (USDA) prévoit une augmentation de la production mondiale de coton de 2,5 % pour la saison 2019/2020 par rapport à la saison précédente et une stagnation de la demande qui devrait conduire à une légère augmentation des stocks mondiaux (+ 0,8 %). De plus, les droits de douane imposés par la Chine sur les importations de coton en provenance des États-Unis créent une pression à la baisse sur les cours, qui devraient donc diminuer en 2020. Le Département australien de l’agriculture (ABARES) prévoit une diminution des prix des cours mondiaux du coton de 12 % en 2019/2020 par rapport à la saison précédente.
Le ralentissement de l’activité économique mondiale devrait peser sur l’ensemble du secteur cette année. Cela se reflète sur les niveaux d’évaluations de risque sectoriels de Coface, pour lesquelles une majorité de régions étaient considérées à « risque élevé » ou « très élevé » pour le textile-habillement au dernier trimestre 2019.

Le marché de l’habillement, de la même manière que le secteur de la distribution, est confronté à l’expansion de l’e-commerce, principalement dans les économies avancées et en Chine. Pour survivre, les boutiques physiques doivent s’adapter à l’évolution du marché ; en nouant des partenariats avec des sociétés spécialisées dans la vente en ligne ou en développant en interne ce service pour leurs clients. Aux États-Unis, par exemple, les ventes en lignes ont augmenté de 6,7 points de pourcentage entre 2015 et 2017 pour atteindre 27,4 % des ventes de produits d’habillement.

 

Textile-Clothing 1 FR
Analyse approfondie du secteur
Le ralentissement de l’économie mondiale pèse sur les perspectives du secteur

Le marché de l’habillement est très sensible aux variations de la conjoncture économique. La croissance économique mondiale devrait diminuer à 2,4 % en 2020 après 3,2 % et 2,5 % en 2018 et 2019. Les économies des principaux marchés consommateurs de vêtements, notamment les États-Unis et la Chine, devraient donc enregistrer un ralentissement de leur activité économique en 2020. Coface prévoit 1,3 % de croissance en 2020 après 2,3 % en 2019 pour les États-Unis, et 5,8 % après 6,1 % et 6,6 % en 2019 et 2018 pour la Chine. Cette dynamique de croissance morose oriente déjà à la baisse les ventes d’habillement : aux États-Unis, la croissance annuelle de la moyenne sur trois mois des ventes d’habillement a stagné en septembre 2019 (+ 0,1 %) contre 5,1 % un an auparavant. En Europe, cet indicateur avait diminué de 1,3 % en août 2019 contre 0,7 % un an plus tôt. Cette moyenne sur trois mois a également chuté en Chine (- 8,7 % en septembre 2019) ; à un rythme cependant moins élevé qu’un an auparavant (- 26 % en septembre 2018). Le secteur en Amérique latine est très dépendant des importations de produits d’habillement émanant d’Asie, notamment de Chine. La baisse de l’activité prévue devrait donc affecter la demande d’habillement adressée à l’Amérique latine. Les ventes d’habillement de ces régions, comme les ventes globales d’habillement, devraient continuer à pâtir du ralentissement économique. Cet effet pourrait néanmoins être partiellement compensé par la baisse des prix de l’habillement à base de coton, liée à l’orientation à la baisse des cours de ce dernier.

Le secteur du textile-habillement est en pleine évolution

Le secteur du textile-habillement évolue sous l’effet de différents facteurs. Il y a, tout d’abord, l’utilisation grandissante par les acteurs du secteur des fibres synthétiques (principalement le polyester) au détriment des fibres naturelles telles que le coton. Le polyester présente en effet plusieurs avantages par rapport au coton : sa production nécessite moins d’eau que le coton et pas de pesticides. Il est également plus facile à manipuler et à mélanger avec d’autres fibres ; de surcroît, sa production est moins soumise aux aléas climatiques. Il faut enfin mentionner l’important développement que connaissent les fibres naturelles écologiques, poussées par les préoccupations environnementales grandissantes des consommateurs.
À mesure que croît la demande d’habillement émanant d’Asie, notamment de Chine, l’importance dans ce secteur de l’Europe et de l’Amérique du Nord diminue. Ainsi, les ventes de produits d’habillement réalisées en dehors d’Amérique du Nord et d’Europe ont égalé en 2018 les ventes de ces régions et devraient atteindre 55 % du total des ventes mondiales de produits d’habillement en 2025.
Une autre transformation importante dans le marché de l’habillement est l’importance grandissante de la fast fashion notamment dans les économies avancées et en Chine. L’expression fast fashion caractérise la stratégie des enseignes de renouveler très rapidement les collections de vêtements proposées, de façon à stimuler et augmenter les fréquences d’achat par les consommateurs. Une conséquence directe de cette évolution est une « durée de vie » moins importante des vêtements. En effet, les vêtements sont aujourd’hui conservés deux fois moins longtemps qu’il y a dix ans dans le monde.
La manufacture de textile, notamment celle à faible valeur ajoutée, se déplace de la Chine (qui domine la manufacture de textile mondialement) vers d’autres économies où les coûts de production sont plus faibles, i.e. le Vietnam, l’Inde et le Bangladesh. Cette tendance, récemment exacerbée par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, devrait se poursuivre à mesure que croissent les salaires chinois, augmentant les coûts de production.

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont un impact négatif sur le secteur

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont un impact sur toute la chaîne de valeur du secteur au niveau mondial. Tout d’abord, les droits de douane que la Chine a imposés sur le coton américain ont conduit à une diminution des exportations américaines de coton vers la Chine de 38 % sur la période novembre 2018-octobre 2019 en glissement annuel. Ensuite, les produits visés par les droits de douane américains incluent de nombreux biens d’habillement.

Coface anticipe que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pénaliseront fortement la consommation américaine de produits d’habillement. En effet, les droits de douane imposés sur les importations de ces produits seront en partie répercutés sur les consommateurs via le report d’une partie de l’augmentation des coûts dans les prix de vente. Cependant, l’augmentation des coûts à l’importation de vêtements aux États-Unis en provenance de la Chine est également en partie imputable aux droits de douane que la Chine a imposés sur le coton américain ; le coût à l’importation du coton devenant plus élevé pour les usines chinoises. Ces droits de douane ont donc des conséquences complexes et différentes selon les acteurs, dans chacun des pays. Le secteur textile-habillement aux États-Unis devrait pâtir de la guerre commerciale quelles que soient les options prises par la Chine. Si cette dernière continue de diminuer ses importations de coton américain, le revenu des producteurs de coton américains va diminuer. À l’inverse, si la Chine décide d’augmenter ses importations malgré les droits de douane, ce sont les consommateurs et les distributeurs de vêtements américains qui seront pénalisés. À ce stade, Coface considère que la Chine devrait continuer d’importer des volumes de coton plus faibles sans toutefois les arrêter totalement, pénalisant donc à la fois les consommateurs de produits d’habillement et les producteurs de coton américain. Cependant, la diminution des importations en cours de la Chine pourrait être compensée par d’autres acteurs ; en particulier le Vietnam qui était en 2018 le plus gros importateur de coton américain (21 % des exportations), devant la Chine, et dont les importations de coton américain ont augmenté de 23 % par an en moyenne entre 2010 et 2018 (soit une multiplication par plus de cinq sur la période).

La hausse des stocks et de la production de coton devrait orienter les cours à la baisse

Après avoir décidé d’établir des quotas d’importation sur le coton suite à la constitution des stocks records de 2014/2015, qui représentaient alors 62 % des stocks mondiaux, la Chine a décidé d’élever ses quotas d’importation de coton pour faire face à la croissance de la demande intérieure causée par la hausse du revenu disponible ; l’USDA prévoit donc que les stocks chinois de coton seront divisés par deux en 2019/2020, par rapport à 2014/2015, et qu’ils représenteront alors 40 % des stocks mondiaux. Les États-Unis profiteront difficilement de l’augmentation des quotas d’importation à cause des tensions commerciales ; à l’inverse de l’Inde (1er producteur et 3e exportateur mondial) qui avait déjà bénéficié en 2019 d’une plus forte demande de la Chine suite à la diminution de ses importations en provenance des États-Unis. Néanmoins l’augmentation des stocks aux États-Unis et en Inde compensera la diminution en Chine ; l’USDA prévoit une légère augmentation du stock mondial (+ 0,8 %) à la fin 2019/2020, qui devrait créer une pression déflationniste sur les cours du coton, déjà orientés à la baisse (- 30 % entre juin 2018 et octobre 2019).
La production de coton aux États-Unis est prévue à la hausse de 10 % en 2019/2020. Cette augmentation est principalement liée à un effet base : la production en 2018/2019 avait été particulièrement dégradée (- 12,2 % par rapport à la saison précédente) en raison des mauvaises conditions climatiques. En Inde, l’augmentation des terres récoltées ainsi que la hausse des rendements causée par des précipitations plus élevées que la normale pendant la mousson entraîneront une production de coton accrue de 14,3 % par rapport à 2018/2019. Au final, la production mondiale devrait augmenter de 2,5 % en 2019/2020.

 

Note de lecture : La saison du coton débute le 1er août et se termine le 31 juillet de l’année suivante.

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Dernière mise à jour : février 2020

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