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Amérique du Nord
Changer de secteur

Forces

  • Nouveaux modes de financement partageant les risques entre producteurs et investisseurs
  • Efforts des compagnies pétrolières pour baisser leur point-mort
  • Diversification des grandes entreprises
  • Les économies renouvelables en plein essor malgré la crise

Faiblesses

  • Niveaux d'endettement élevés, en particulier pour les compagnies exploitant des pétroles non-conventionnels
  • Forte baisse de la profitabilité du fait de la crise sanitaire
  • Forte volatilité des cours du pétrole brut
  • Situation de surcapacité des entreprises du secteur, dans le segment des services pétroliers et gaziers
  • Forte pression d’activistes environnementaux pour réduire les investissements

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

La pandémie de coronavirus a donné lieu à des mesures drastiques de confinement affectant l’activité économique. Coface prévoit ainsi une contraction du PIB mondial de 4,7 % en 2020 et une reprise de 4,4% en 2021, après une croissance économique mondiale de 3,2 % et 2,6 % en 2018 et 2019 respectivement. Les cours du pétrole sont confrontés à une forte contraction de la demande dans ce contexte : le cours du brut a en effet baissé de 74% en avril 2020 en glissement annuel. Ainsi, Coface estime que le prix annuel moyen du brent pour 2020 devrait atteindre 40 USD par baril ; un niveau aussi bas n’a pas été enregistré depuis 2016. Or, ce niveau de cours est trop bas pour permettre aux entreprises d’exploration de générer des flux de trésorerie conséquents. Ceci se répercute sur l’ensemble de la filière, car les dépenses d’investissement sont faibles, ce qui déstabilise les entreprises parapétrolières, qui souffrent déjà de surcapacités. Ces entreprises parapétrolières fragilisées financièrement sont parmi les plus à risque dans le secteur.

De surcroît, les raffineries doivent composer avec des nouvelles normes, notamment environnementales alors qu’elles font face à une contraction de la demande. Les activités des raffineries ne devraient pas se rétablir totalement avant 2022, et cela avec des disparités en fonction de la zone géographique. La reprise économique dépend à la fois de l’exposition des pays au virus et des réponses des gouvernements pour relancer l’économie. De plus, il est important de noter que les plans de relance s’inscrivent dans une volonté des gouvernements d’atteindre une économie à faible émission de CO2, favorisant donc, le développement des énergies renouvelables, orientation déjà impulsée avant la crise de la COVID-19. Ceci remet donc en cause la soutenabilité du secteur des hydrocarbures, notamment en Amérique du Nord, où les acteurs non-conventionnels doivent désormais démontrer, avec difficulté, que leur activité reste viable, tandis qu’ils opèrent dans une région où le secteur de l’énergie a été dynamique dans les dernières années.

 

Notes de lecture
GNL : Gaz Naturel Liquéfié
Bcf/d : milliards de pieds cubes par jour

Energy 1 FR
Analyse approfondie du secteur
COVID-19 : un choc massif affectant fortement une industrie fragilisée avant crise

Les premières mesures de confinement au cours du 1er semestre 2020(S1 2020) dans de nombreux pays ont mis un coup d’arrêt à l’activité industriel, ainsi qu’aux déplacements en transport. Les usines ne produisant plus, leur consommation a chuté. De plus, la chute massive des déplacements à l’international a drastiquement diminué la demande de kérosène, ce qui, conjugué à une moindre utilisation de la voiture, a entraîné une baisse de la consommation de carburants. La consommation de produits en plastique dans les industries automobiles et de la construction a baissé en réponse à la chute de l’activité de ces secteurs, particulièrement pendant le T2 2020. D’après l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) la demande de pétrole en 2021 sera inférieure de 3 milliards de barils par jour en moyenne par rapport au niveau de 2019. Du côté de l’offre, en décembre 2020, les pays de l'OPEP+ se sont mis d'accord sur des réductions de la production de pétrole moins fortes qu’auparavant, passant de 7,7 millions à 7,2 millions de barils par jour, à partir de janvier 2021.La reprise de l’activité économique suite à la levée des mesures de confinement a entraîné un rebond de la consommation de produits pétroliers. Néanmoins, la chute drastique de l’activité du secteur aérien devrait continuer de peser sur la demande de produits pétroliers.

Une reprise difficile dans tous les principaux marchés mondiaux pour les énergies fossiles

En Asie, la reprise est amorcée depuis le second trimestre 2020 puisque la Chine a levé ses mesures de confinement plus tôt que les économies occidentales, par exemple. En Chine, le demande de pétrole a rebondi en Mars et Avril dernier. La production des raffineries chinoises a en effet cru graduellement en 2020 pour atteindre 13,3 millions de barils par jour, et devrait atteindre 13,8 en 2021. En Europe, l’incertitude pèse davantage sur l’activité économique. En effet, les autorités ont confiné à nouveau à fin 2020, ce qui a eu un nouvel impact à la baisse pour sur la consommation de produits pétroliers. Il n’est pas à exclure qu’une reprise des mesures sanitaires drastiques pénaliserait davantage l’activité économique, et mettrait de ce fait en difficulté l’ensemble de l’amont du secteur (exploration-production et parapétrolières notamment). Ainsi, malgré un regain de l’activité à partir de juin 2020, le niveau d’activité des raffineries en 2020 et 2021 restera inférieur aux niveaux de 2019 (-2,6 mb/d et 2,4 mb/d respectivement d’après l’AIE).

Sur le continent américain, où le control de la pandémie et la limitation de l’augmentation du nombre de cas par jour est très difficile depuis le début de la crise sanitaire, la hausse du chômage et l’incertitude pèsent sur les décisions d’achats et d’investissement. La poursuite de la reprise de l’économie dépendra de l’évolution de la pandémie aux Etats-Unis, mais en raison de la résurgence des contaminations notamment en fin d’année passée, et de ses conséquences sur la confiance des agents et l’activité économique, l’activité des raffineries ne devrait pas retrouver son niveau d’avant-crise avant 2022.

Quant aux gaz naturel liquéfié (GNL), la crise de la COVID-19 et la baisse de la demande a mis en exergue le problème de surcapacité, auquel le secteur est confronté depuis quelques années. Malgré la crise, la demande chinoise stimule les importations de GNL, elles ont augmenté de 25,4% en glissement annuel à fin octobre 2020. Selon le ministère américain de l'énergie, la demande en provenance d'Europe et de Chine se redresse, notamment en raison de l'arrivée de l'hiver dans ces régions. Ainsi, les exportations américaines de GNL reprennent de la vigueur : 7,2 Bcf/d fin octobre contre 2,3 Bcf/d en septembre.

Des résultats financiers dégradés

La profitabilité des différents segments du secteur a globalement baissé en glissement trimestriel entre le T1 et le T2. Alors que la profitabilité des entreprises d’exploration et de production a accéléré sa chute au troisième trimestre de 2020 (-0,19% contre 5,47% au T3 de 2019). En revanche, la profitabilité des autres segments (Parapétroliers, Raffinage et Marketing, Pipelines) déclinait déjà en 2019. Quant à l’endettement net (rapport de la dette nette sur le total de l’actif) de chaque segment que Coface analyse, est passé de de 14,5% au T2 à 17,5% au T3 2020. 

L’univers du pétrole non-conventionnel aux Etats-Unis est particulièrement en difficulté, caractérisé par la baisse des cours, la baisse des revenus et des investissements, ainsi que par la confiance des investisseurs qui se dégrade. D’après l’organisation d’analyse du secteur - Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), une baisse de 64% des revenus dans le secteur par rapport au trimestre précédent est à déplorer au T2 2020.

En réponse à cette baisse, les entreprises du secteur ont diminué de 45% leurs investissements en capital fixe. Alors que le Président Barack Obama avait imposé aux constructeurs automobiles de diminuer les émissions de CO2 de 5% par an, le Président Donald Trump a abaissé ce niveau à 1,5% par an, mesure prise afin de favoriser le secteur pétrolier dans son ensemble. Malgré les dérèglementations que le Président Trump a prises durant son mandat, la faible demande est venue contrecarrer ces facilités accordées. En effet, d’après l’enquête d’août 2020 du cabinet américain d’avocats Haynes & Boone, le montant des dettes totales des entreprises du secteur pétrolier a augmenté de 320% par rapport à 2019, pour les entreprises des services pétroliers, cette hausse est de 98%. L’administration Biden devrait imposer des restrictions sur la production de pétrole sur les terres fédérales ainsi qu'une réglementation plus stricte sur les émissions, ce qui aura un impact négatif sur la demande de pétrole.

Les énergies renouvelables devraient contribuer à la reconfiguration du secteur dans un avenir proche

En accord avec la volonté des opinions publiques, dans une majorité d’Etats, particulièrement dans les économies avancées, à travers le monde, le passage à une économie à faible carbone, qui repose notamment sur la transition énergétique, met en difficulté l’industrie des énergies fossiles. Les plans de relance en réponse à la crise de la COVID-19, qui intègrent les préoccupations environnementales devraient accélérer la reconfiguration du secteur, déjà amorcé avant la crise. A titre d’exemple en la matière, se trouvent les nouvelles régulations dans le secteur de l’automobile dans les principaux marchés mondiaux (Asie, Europe, US), dont les acteurs, pour éviter les amendes, développent des modèles à plus faible empreinte carbone ainsi que des modèles électriques.

A terme, la baisse de la demande de plastique et le recours au recyclage de cette matière de façon plus systématique, grâce aux changements d’habitudes de consommation et des réglementations (les bouteilles commercialisées dans l'UE devront contenir au moins 25 % de plastique recyclé en 2025 et au moins 30 % en 2030), suppose une baisse de la demande de pétrole raffiné (via le naphta).

Bien que le développement des énergies renouvelables ait ralenti à cause de la crise du COVID-19, Coface s’attend à ce que le segment des énergies renouvelables soit plus résilient que les énergies fossiles. En effet, les énergies renouvelables ont pris de l’ampleur depuis 20 ans, passant de 21,8 % de la capacité électrique mondiale totale installée en 2000 à 34,7 % en 2019 d’après l’International Renewable Energy Agency (IRENA).

Energy 2 FR

 

Dernière mise à jour : février 2021

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