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Érythrée

Érythrée

Population 3,5 millions
PIB par habitant 567 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 12,2 3,8 -1,0 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %)* -14,4 -16,4 5,0 2,7
Solde public / PIB (%)** 4,2 -1,5 -5,7 -4,9
Solde courant / PIB (%)*** 15,4 12,0 8,1 7,0
Dette publique / PIB (%) 185,6 189,3 185,8 173,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Calculée uniquement pour la région d'Asmara **Dons inclus ***Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (potasse, cuivre, or, argent, zinc)
  • Position stratégique le long de la mer Rouge
  • Une porte potentielle supplémentaire pour l’Ethiopie

POINTS FAIBLES

  • Niveau d’endettement critique
  • Pays au ban de la communauté internationale
  • Situation préoccupante des droits de l’homme
  • Climat des affaires très difficile
  • Omniprésence de l’État dans l’économie
  • Extrême pauvreté, forte émigration

Appréciation du risque

Reprise de la croissance en 2021

Si l’Érythrée n’a été que faiblement impactée en terme sanitaire par la pandémie de COVID-19, la croissance du pays a chuté en 2020. En effet, le pays a subi un double choc d’offre et de demande. Le confinement national, la prudence des consommateurs et des investisseurs, l’affaissement de la demande mondiale ont réduit la demande. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont impacté l’offre. Ce choc d’offre a fait augmenter l’inflation de manière spectaculaire après plusieurs années de déflation qui s’expliquent par les bas prix de biens de consommation importés à un taux de change surévalué. Grâce au retour à la normale des chaînes logistiques et une reprise de la demande, surtout extérieure, la croissance devrait fortement se redresser en 2021, jusqu’à devancer son niveau d’avant crise. Le gouvernement pourrait massivement investir dans le système sanitaire suite à la COVID-19. Le secteur minier, pilier de l’économie, a été fortement impacté en 2020 par la baisse la demande de matières premières liée à l’arrêt brutal de l’activité industrielle et de construction dans de nombreux pays. Il devrait reprendre en 2021. En effet, la mine de cuivre et zinc de Bisha devrait augmenter sa production, ce qui, éventuellement couplé à une hausse des cours, pourrait augmenter les recettes d’exportation du pays. De plus, le développement de la mine de potasse de Colluli se poursuit comme prévu, malgré les restrictions imposées par le gouvernement en raison de la crise sanitaire. La première production de sulfate de potasse est prévue pour 2022.

Cependant, ce secteur concentre les IDE (9,6% du PIB). Or, en raison des incertitudes liées à la reprise, ils sont susceptibles de décliner, ce qui impacterait le secteur minier et ses exportations, essentielles dans un contexte où les importations devraient continuer d’augmenter. De fait, l’agriculture (environ 30% du PIB et 60% de l’emploi) a fait face à des invasions de criquets, réduisant fortement les rendements et obligeant le pays à augmenter ses importations alimentaires. Cette dépendance aux importations de denrées alimentaires devrait perdurer en 2021.

 

Un déficit public qui se creuse, mais un excédent courant confortable

L’augmentation des dépenses publiques et la diminution des recettes, avec la crise de la COVID-19, ont creusé le déficit public. Si aucun plan n’a officiellement été adopté, le gouvernement s’est aligné sur l’OMS en ce qui concerne les mesures de préparation et d’intervention. Le gouvernement a également rendu l’accès aux crédits plus facile pour les micro et petites entreprises, ce qui permet de limiter les fermetures d’entreprises et donc de soutenir l’économie. Par ailleurs, les autorités devraient continuer de mobiliser énergiquement les dons de citoyens, ainsi que les remises d’expatriés pour alimenter le Fonds national de lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce fonds a permis de subvenir aux besoins sanitaires les plus urgents, ainsi que de venir en aide aux ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. La dette publique, essentiellement domestique et libellée en monnaie locale, atteint toujours un niveau extrêmement élevé et continuera de mettre sous pression les finances du pays dans les années à venir. De plus, bien que les relations avec la communauté internationale se soient légèrement améliorées, l’accès aux aides des bailleurs de fonds restera limité.Concernant les comptes extérieurs, l’excédent courant est important, grâce aux remises des Érythréens expatriés (12 % du PIB), ainsi qu’à un excédent commercial tiré par les exportations minières (25 % du PIB). Il s’est réduit en 2020 en raison de la baisse des exportations nettes. En puisant dans ses réserves de change alimentées par l’excédent courant récurrent, la banque centrale continuera de maintenir l’ancrage du nafka au dollar, qui, au vu du taux de change en vigueur sur le marché parallèle, demeurera surévalué.

 

Un retour sur la scène internationale à confirmer

Le paysage politique est dominé par le Front populaire pour la démocratie et la justice, seul parti légalement autorisé, mené par le président Issayas Afeworki depuis 1993. L’absence totale de démocratie et de libertés fondamentales, et les dérives totalitaires du pays sont communément admises, faisant du pays l’un des plus fermés au monde. Toutefois, en juillet 2018, le président a signé une déclaration de paix avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, impliquant réouverture des frontières et réhabilitation du commerce, des transports et des télécommunications entre les deux pays, mettant officiellement fin à 20 ans de guerre. Parti d’un différend sur le traçage des frontières, le conflit avec l’Éthiopie, couplé aux accusations de financement des groupes armés shebabs en Somalie, avait exclu l’Érythrée de la communauté internationale et suscité des sanctions par l’ONU (embargo sur les armes, interdictions de voyage, gel des avoirs). Ces sanctions ont été levées en novembre 2018 afin de saluer les efforts de pacification effectués, qui s’étendent aussi aux relations avec la Somalie, le Soudan et Djibouti. Ainsi, l’accord de paix a suscité beaucoup d’espoirs dans la région, comme l’illustrent les différents investissements en infrastructure annoncés depuis. Néanmoins, la décision unilatérale de refermer les frontières avec l’Éthiopie en avril 2019, ainsi que la lenteur du régime à respecter l’accord de paix et à engager des réformes entretiennent l’incertitude pour les potentiels investisseurs. En particulier, une réforme du service militaire à durée illimitée, une des principales raisons de l’émigration de la population, serait un signal d’ouverture majeur.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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