Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bénin

Bénin

Population 11,1 millions
PIB par habitant 831 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,0 5,8 6,5 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,8 0,1 1,0 2,0
Solde public / PIB (%) -5,9 -5,8 -4,7 -2,7
Solde courant / PIB (%) -9,4 -9,9 -8,9 -8,4
Dette publique / PIB (%) 49,7 54,4 54,6 54,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. 

POINTS FORTS

  • Potentiel élevé de croissance, faible inflation
  • Important soutien financier des bailleurs (APD, PPTE, IADM)
  • Position stratégique (accès à la mer pour les pays de l’hinterland)

POINTS FAIBLES

  • Forte pauvreté, faibles recettes publiques
  • Base d’exportation étroite et volatile (dépendance aux fluctuations du cours du coton)
  • Fourniture en électricité erratique
  • Lacunes en matière de gouvernance: corruption, état de droit, réglementation
  • Impact sur l’activité et les recettes fiscales des décisions de politique économique nigérianes
  • Menace terroriste (Boko Haram) provenant du Nigéria voisin
  • Faible rentabilité des banques

Appréciation du risque

Le programme « Bénin Révélé » dynamise la croissance

En 2019, la croissance devrait continuer sur sa trajectoire favorable, notamment soutenue par la poursuite de l’exécution du plan de développement « Bénin révélé », qui prévoit des investissements d’une valeur de 15 milliards USD sur 5 ans (2016-2021). Les projets phares du nouvel aéroport international de Glo-Djigbé ou de l’extension du port de Cotonou continueront, par exemple, de tirer l’investissement public. La participation du secteur privé à l’investissement serait également plus importante grâce à l’adoption d’une loi sur les PPP (2017) et de réformes visant à améliorer l’environnement des affaires, comme la restructuration de l’Agence de promotion des investissements et des exportations, et un nouveau code des investissements (2018). La production de coton, qui représentait plus de 50 % des recettes d’exportations en 2017, devrait continuer à monter en puissance en 2019, bénéficiant des réformes engagées dans la filière, des efforts menés pour améliorer les rendements et des prix internationaux favorables. Plus généralement, les rendements agricoles en hausse devraient continuer à dynamiser les flux d’exportations. Ces derniers continueraient également de bénéficier de la (modeste) reprise du voisin nigérian. De plus, les transferts des travailleurs expatriés au Nigéria, qui devraient également s’inscrire en hausse, devraient permettre de maintenir le dynamisme de la consommation privée. La faible inflation, qui devrait se maintenir sous le seuil des 3 % fixé par l’UEMOA malgré un renchérissement probable des produits d’importations (dont les carburants), y contribuera également.

 

Vers le respect des critères de convergence de l’UEMOA

En 2019, le gouvernement devrait poursuivre les efforts entrepris pour réduire le déficit budgétaire, afin notamment de respecter les critères de convergence de l’UEMOA en matière de déficit : 3 % du PIB. Conformément aux engagements pris par les autorités dans le cadre de la Facilité élargie de crédit octroyée par le FMI en avril 2017, les efforts de consolidation budgétaire devraient être prolongés. Ces efforts comprennent la poursuite de la rationalisation des dépenses courantes, pour dégager des ressources pour les dépenses d’investissement en capital. Ces dernières s’accompagneront d’un programme visant à améliorer l’efficacité de l’investissement public dont la mise en place devrait continuer en 2019. La suppression de certaines niches fiscales et la modernisation de l’administration fiscale doivent permettre d’améliorer la perception des recettes. La consolidation budgétaire devrait aussi permettre d’enrayer l’augmentation rapide de l’endettement public, notamment sur le marché régional, qui a servi à financer l’investissement public ces dernières années.

 

Le déficit courant devrait continuer à se réduire en 2019, à la faveur d’une réduction du large déficit commercial. En effet, les exportations continueraient à progresser grâce à l’accroissement rapide de la production de coton et à une demande extérieure dynamique, notamment de la Chine. La balance commerciale devrait néanmoins rester déficitaire, grevée par une facture d’importations importante, en raison de la demande pour les biens d’équipement. La balance des transferts devrait aussi modestement contribuer à cette réduction du déficit courant ; les transferts des travailleurs expatriés devraient augmenter en lien avec la conjoncture plus favorable au Nigéria. Les emprunts concessionnels continueront de financer le déficit, mais les flux d’IDE, grâce aux efforts visant à stimuler l’investissement, et ceux d’investissements en portefeuille, portés par l’intérêt pour la dette béninoise, pourraient également participer plus grandement au financement du déficit extérieur.

 

Tensions politiques persistantes

A l’issue des législatives (avril 2019), seulement deux partis issus de la mouvance présidentielle, l’Union progressiste et le Bloc républicain, composent le Parlement. Avec la réforme controversée du code électoral qui durcit les conditions permettant de se porter candidat aux élections législatives et présidentielles, aucun parti d’opposition n’a réussi à s’enregistrer à temps, victimes, selon eux, d’une obstruction administrative qui n’avait d’autre dessein que de les éliminer de la course. Certes, les 83 députés fraîchement élus devraient soutenir l’action du président, mais la faiblesse historique de la mobilisation des électeurs pose la question de la légitimité de cette huitième législature et traduit l’effondrement de la popularité du président. Selon la Commission électorale nationale autonome (CENA), seulement 23 % des inscrits ont pris part au vote. Et encore, la plupart des observateurs jugent ce chiffre assez nettement gonflé. En 2016, Patrice Talon avait été élu président avec plus de 65 % des voix et une participation de près de 65 %. De vives tensions postélectorales ont rythmé la vie politique et sociale, entraînant la mort de plusieurs personnes et l’encerclement par l’armée de la maison de l’ex-président Yayi Boni (2006-2016), principal opposant du président actuel. Cette dernière situation s’est soldée par l’évacuation sanitaire de Yayi Boni en France grâce aux médiations de certains chefs d’Etats.

Compte tenu du contexte régional, le risque terroriste est bien réel au Bénin, marqué par l’enlèvement de deux français au Nord du pays par des groupes terroristes opérant au Sahel. Ils ont ensuite été retrouvés par l’armée française au Nord Burkina quelques jours plus tard.

 

Dernière mise à jour : Août 2019

Haut de page
  • Français