Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Bénin

Bénin

Population 11,5 millions
PIB par habitant 1242 $US
B
Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,8 6,7 6,7 6,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 1,0 1,7 2,0
Solde public * / PIB (%) -5,9 -4,0 -3,0 -2,5
Solde courant / PIB (%) -10,0 -8,3 -7,8 -7,1
Dette publique / PIB (%) 54,3 56,1 54,1 52,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. (*) : Dons inclus

POINTS FORTS

  • Potentiel élevé de croissance, faible inflation
  • Important soutien financier international (APD, PPTE, IADM)
  • Position stratégique (accès à la mer pour les pays de l’hinterland)

POINTS FAIBLES

  • Forte pauvreté
  • Base d’exportation étroite et volatile (dépendance aux fluctuations du cours du coton)
  • Fourniture en électricité erratique
  • Lacunes en matière de gouvernance : corruption, état de droit, réglementation
  • Impact sur l’activité et les recettes fiscales des décisions de politique économique prises par le Nigeria
  • Menace terroriste provenant du Nigeria voisin et du Sahel
  • Faible rentabilité des banques, faibles recettes publiques

Appréciation du risque

Le programme « Bénin Révélé » dynamise la croissance

En 2020, la croissance devrait continuer sur sa trajectoire favorable, soutenue par la poursuite de l’exécution du plan de développement « Bénin révélé », qui prévoit des investissements d’une valeur de 15 milliards USD sur cinq ans (2016/2021). Les projets phares du nouvel aéroport international de Glo-Djigbé ou de l’extension du port de Cotonou continueront de tirer l’investissement public. La participation du secteur privé à l’investissement serait plus importante grâce à la loi sur les PPP (2017) et aux réformes visant à améliorer l’environnement des affaires, comme la restructuration de l’Agence de promotion des investissements et des exportations, et au nouveau Code des investissements (2018). La production de coton, qui représentait environ 30 % des exportations en 2018, devrait continuer à monter en puissance en 2020, bénéficiant des réformes engagées dans la filière et des efforts menés pour améliorer les rendements. Les rendements agricoles en hausse devraient continuer à dynamiser les flux d’exportations. Néanmoins, ces derniers risquent de souffrir de la fermeture partielle de la frontière avec le Nigeria avec qui les échanges pèsent 20 % du PIB. Les transferts des travailleurs expatriés, qui devraient rester atones, avec un risque baissier important en lien avec une économie nigériane moins performante, devraient peser sur le dynamisme de la consommation privée. Cependant, cette dernière sera favorisée par une faible inflation, qui devrait se maintenir sous le seuil des 3 % fixé par l’UEMOA, malgré un renchérissement probable des produits d’importation.

 

Vers le respect des critères de convergence de l’UEMOA

En 2020, d’après le budget approuvé, le déficit budgétaire s’élèverait à 1,8 % du PIB, permettant de poursuivre les efforts entrepris pour le réduire, afin de respecter le critère de convergence de l’UEMOA en matière de déficit : 3 % du PIB. Mais, nous ne pensons pas que l’objectif sera atteint. Conformément aux engagements pris par les autorités dans le cadre de la Facilité élargie de crédit octroyée par le FMI en avril 2017, les efforts de consolidation budgétaire devraient être prolongés. Ces efforts comprennent la poursuite de la rationalisation des dépenses courantes, afin de dégager des ressources pour les dépenses d’investissement en capital. Ces dernières s’accompagneront d’un programme visant à améliorer l’efficacité de l’investissement public, dont la mise en place devrait continuer en 2020. La suppression de certaines niches fiscales et la modernisation de l’administration fiscale doivent permettre d’améliorer la perception des recettes. La consolidation budgétaire devrait aussi permettre d’enrayer l’augmentation rapide de l’endettement public, notamment sur le marché régional, qui a servi à financer l’investissement public ces dernières années. Pour la première fois en mars 2019, l’État a émis des Eurobonds pour un montant de 500 millions d’euros à 5,76 %, faisant évoluer la dette externe entièrement publique de 26,5 % du PIB en 2018 à 31,9 % en 2019.

Le déficit courant devrait continuer à se réduire en 2020, à la faveur d’une réduction du déficit des biens et services (10,6 % du PIB en 2018). En effet, les exportations continueront à progresser grâce à l’accroissement rapide de la production de coton et à une demande chinoise dynamique. La balance devrait néanmoins rester déficitaire, grevée par une facture d’importations importante, en raison de la demande pour les biens d’équipement et les services étrangers. Les transferts tant publics que privés (2,5 % du PIB en 2018) seront loin de compenser ce déficit, d’autant plus qu’ils pourraient baisser en lien avec le contexte nigérian. Les prêts publics concessionnels, les IDE et les dons continueront de financer la plus grande partie du déficit.

 

Tensions politiques persistantes

À l’issue des législatives (avril 2019), seulement deux partis issus de la mouvance présidentielle, l’Union progressiste et le Bloc républicain, composent le Parlement. Avec la réforme controversée du Code électoral qui durcit les conditions permettant de se porter candidat aux élections législatives et présidentielles, aucun parti d’opposition n’a réussi à s’enregistrer à temps, victime, selon eux, d’une obstruction administrative qui n’avait d’autre dessein que de les éliminer de la course. Certes, les 83 députés fraîchement élus devraient soutenir l’action du président Patrice Talon, mais la faiblesse historique de la mobilisation des électeurs pose la question de la légitimité de cette huitième législature et traduit l’effondrement de la popularité du président. Selon la Commission électorale nationale autonome (CENA), seulement 23 % des inscrits ont pris part au vote. Et encore, la plupart des observateurs jugent ce chiffre assez nettement gonflé. De vives tensions postélectorales ont rythmé la vie politique et sociale, entraînant la mort de plusieurs personnes et l’encerclement par l’armée de la maison de l’ex-président Thomas Boni Yayi (2006/2016), principal opposant du président actuel. Cette dernière confrontation a trouvé une fin avec l’évacuation sanitaire de M. Boni Yayi vers la France grâce aux médiations de certains chefs d’États. Les tensions devraient persister en cette veille des élections locales prévues pour mars 2020, malgré le dialogue politique lancé par le président Talon auquel plusieurs partis d’opposition n’ont pas été invités.

Dans le contexte régional, le risque terroriste est bien réel au Bénin, marqué par l’enlèvement de deux Français au nord du pays par des groupes terroristes opérant au Sahel. Ils ont ensuite été retrouvés par l’armée française au Nord Burkina quelques jours plus tard.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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