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Yémen

Yémen

Population 30,0 millions
PIB par habitant 1 043 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -13,6 -5,9 -2,6 -3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -12,6 24,7 41,8 31,2
Solde public / PIB (%) -9,9 4,7 -10,7 -4,5
Solde courant / PIB (%) -5,1 -4,0 -9,3 -8,4
Dette publique / PIB (%) 68,1 74,5 62,5 48,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien humanitaire et financier international
  • Importance géostratégique du Yémen à l’entrée de la mer Rouge
  • Patrimoine architectural et culturel
  • Réserves gazières
  • Jeunesse de la population

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile accompagnée d’une crise humanitaire, économique et d’une division du pays
  • Pays le plus pauvre de la péninsule arabique
  • Dépendance majeure à l’aide internationale
  • Environnement des affaires déplorable (bureaucratie, corruption, infrastructures détruites ou inexistantes)

Appréciation du risque

Une guerre qui se prolonge

Quatre années après le déclenchement du conflit, le Yémen semble être toujours dans l’impasse. La tentative de médiation des Nations unies en juin 2018 qui devait rassembler lors d’un sommet à Genève, le camp Houthi soutenu par l’Iran, les forces gouvernementales du président Abdrabbuh Mansour Mansour Hadi et les membres de la coalition menée par l’Arabie saoudite a échoué. Peu après cette tentative de médiation avortée, le cessez-le-feu temporaire a été interrompu et les forces progouvernementales soutenues par la coalition saoudienne ont repris l’offensive contre le port de Hodeïda tenu par les rebelles. La ville portuaire reste l’un des seuls ports de ravitaillement encore actif dans la région Nord-Ouest, la plus peuplée du pays. Depuis le déclenchement des frappes de la coalition, le conflit est devenu de plus en plus meurtrier : entre mars 2015 et juin 2018, les Nations unies ont recensé 6 475 victimes tuées et 10 231 blessées. Deux millions de personnes ont été déplacées par les affrontements, près de 17,8 millions souffrent d'insécurité alimentaire. La flambée des prix et la multiplication des pénuries font peser un risque de famine sur 8,4 millions de Yéménites. Le bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) estime que plus de 75 % de la population est en situation d’urgence. Les dysfonctionnements des installations sanitaires et l’accès difficile à l'eau potable favorisent la propagation de maladies. Le Yémen continue de souffrir de la plus grande épidémie de choléra de l'histoire récente. Dans la partie contrôlée par le gouvernement, la forte dépréciation du rial a fortement érodé le pourvoir d’achat des ménages, ce qui a conduit à la multiplication des protestations, y compris à Taiz. En réaction aux protestations, le président A. Mansour Hadi a limogé une partie du gouvernement, dont le Premier ministre Moeen Abdulmalik Saeed, et a pris ses fonctions en octobre 2018. L’escalade de violence au Yémen commence à attirer l’attention de la communauté internationale. Aux États-Unis, une nouvelle résolution du Congrès américain tente de limiter l’appui logistique américain à la coalition en dépit du soutien affiché de Donald Trump à son allié. Dans le même temps, un groupe d'experts nommés par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a dans un rapport datant d’octobre 2018conclu que les frappes aériennes de la coalition contre des cibles civiles étaient responsables de la majorité des victimes. En violant les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, elles pourraient ainsi être qualifiées de crimes de guerre. Bien qu’une résolution rapide du conflit soit difficilement envisageable à court terme, cette prise de conscience générale pourrait amener la communauté internationale à accroître la pression sur les parties prenantes et leurs alliés respectifs à s’asseoir à la table des négociations.

 

Une contraction de l’activité qui se poursuit

L’aggravation du conflit et la destruction des infrastructures ont érodé une partie du tissu économique du pays. Le pays a perdu près de 50 % de son PIB depuis le début des affrontements. Les échanges commerciaux ont fortement diminué et l’investissement reste quasi inexistant. La production hydrocarbure (40 à 45 mille barils par jour) qui représentait 90 % des exportations en 2015 devrait continuer de décliner. Bien que les installations pétrolières n’aient pas été endommagées, l’acheminement de la production reste contraint par les blocus portuaires et les attaques d’oléoduc. Les graves pénuries de carburant et d'électricité continueront de contraindre l’activité économique et de nourrir l’inflation. Le repli de l’investissement et les dommages faits aux infrastructures laissent à penser que, même en cas d’apaisement du conflit, un retour au niveau de production précédant la guerre civile resterait difficile à court terme.

 

Un état critique des comptes extérieurs et publics

En dépit de la forte contraction des importations, la balance courante devrait continuer à être déficitaire. La faiblesse des revenus pétroliers pénalise les réserves de change. Malgré le dépôt de 2 milliards USD de la part de l’Arabie saoudite, elles continuent de s’éroder conduisant à une forte dépréciation du rial. Ce dernier a perdu 30 % de sa valeur en 2018. La marge de manœuvre de la banque centrale reste, cependant, limitée et, malgré la hausse du taux d’intérêt directeur de 15 % à 27 % en octobre 2018, l’inflation continue d’augmenter. L'affaiblissement de la monnaie yéménite fait fortement grimper le coût des importations, suscitant des protestations dans les territoires contrôlés par le gouvernement.

La situation des comptes publics s’est forte­ment dégradée depuis le début du conflit. Structurellement déficitaires, les comptes publics restent très dépendants des recettes pétrolières. La baisse des exportations pétrolières et la contraction de l’activité ont conduit à forte diminution des ressources de l’État qui reposent en grande partie sur les aides internationales. Le niveau de collecte des recettes publiques est ainsi passé de 24 % du PIB en 2014 à environ 8 % du PIB en 2018. Face au manque de ressource, la majorité des services publics de première nécessité n’est plus assurée. Les fonctionnaires ne sont pas rémunérés et l’État accumule des arriérés supplémentaires et des impayés. Ces derniers ont multiplié les manifestations exigeant que le gouvernement paie leurs salaires en dollars américains. Au sein des zones d’affrontements, les associations humanitaires se substituent à l’État.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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