Les études économiques et analyses risques pays et risques sectoriels Coface
Palestine (Territoires)

Palestine (Territoires)

Population 4,6 million
PIB par habitant 3 199 US$
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

Principaux indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 0,9 1,3 0,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,2 -0,2 1,5 1,3
Solde public / PIB (%) -6,6 -5,9 -7,0 -7,2
Solde courant / PIB (%) -10,8 -11,4 -10,2 -11,0
Dette publique / PIB (%) 35,6 37,0 39,8 42,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Statut d’État observateur à l’ONU depuis fin 2012
  • Population très jeune
  • Transferts importants de la diaspora

POINTS FAIBLES

  • Absence d’unité géographique, politique et économique
  • Taux de chômage très élevé, particulièrement à Gaza
  • Restrictions de circulation en Cisjordanie imposées par Israël, et blocus de la bande de Gaza par l’Égypte et Israël
  • Enlisement du processus de paix avec Israël
  • Absence de politique monétaire faute de monnaie propre
  • Recettes budgétaires dépendantes de l’aide internationale et des relations avec Israël

Appréciation des risques

Situation économique toujours aussi préoccupante

La situation de l’économie palestinienne restera préoccupante en 2020, notamment dans la bande de Gaza, où l’activité diminuera pour la quatrième année consécutive. Faute d’être dynamique, la croissance devrait être résiliente en Cisjordanie, ce qui accroîtra le différentiel entre ces territoires, dont les économies ont fortement divergé depuis l’instauration du blocus de Gaza en 2007, qui empêche tout habitant de travailler en Israël ou même d’y exporter. La consommation privée (90 % du PIB en 2018) restera le principal moteur de l’économie. Toutefois, en lien avec le marché du travail, elle devrait être nettement plus dynamique en Cisjordanie, où le taux de chômage s’élevait à 15 % en juin 2019 (17 % en 2018), qu’à Gaza, où il atteignait 64 % (+ 12 points). L’investissement productif (seulement 4,5 % du PIB) restera limité par un environnement des affaires défavorable (117e sur 190 au classement Doing Business de la Banque Mondiale), marqué par les restrictions pesant sur l’économie et les incertitudes liées au conflit avec Israël. Par ailleurs, la dépense publique restera contrainte par des transferts moindres de taxes douanières collectées par Israël et par la réorientation des dons internationaux vers l’aide humanitaire au détriment de l’aide budgétaire, passée de 11 % du PIB en 2013 à 4,6 % en 2018. De manière générale, le conflit avec Israël et ses répercussions sur la dépense publique, dont est très dépendante l’économie palestinienne (26 % du PIB), continueront de peser sur la confiance des ménages et des entreprises. Enfin, les exportations palestiniennes resteront affectées par les contraintes pesant sur l’accès aux marchés extérieurs et par le manque de compétitivité induit par l’utilisation du shekel israélien, en l’absence de monnaie propre.

 

Comptes public et courant dégradés par la situation de conflit

Les marges de manœuvre budgétaire de l’Autorité Palestinienne (AP) resteront très limitées en 2020. Du côté des dépenses, les salaires des fonctionnaires représentaient toujours 48 % des dépenses courantes en 2018, malgré d’importants efforts pour réduire leur poids au cours des dernières années (58 % en 2014). Les fonds publics étant essentiellement destinés aux dépenses courantes (95 % des dépenses totales), l’investissement public restera très faible, qui plus est dans un contexte de diminution des recettes (moins de 30 % du PIB). Les frais de douane sur les importations et les exportations, collectés par Israël au nom de l’AP, avant d’être ensuite transférés au gouvernement, constituent la principale source de revenu. En février 2019, Israël avait décidé de déduire 138 millions USD des taxes transférées à l’AP afin de protester contre les allocations versées aux familles de prisonniers palestiniens. Si, dans un premier temps, l’AP avait renoncé à la totalité des transferts (près de 70 % des recettes courantes, soit 15 % du PIB) en signe de contestation, elle a finalement été contrainte d’accepter les transferts de taxes incomplets, face à la situation critique des finances publiques, qui l’avait l’obligée à réduire de moitié le salaire des fonctionnaires. Dans ce contexte, et suite au cessez-le-feu de mai 2019, le Qatar a annoncé une aide de 480 millions USD (250 millions USD de prêts, 50 millions USD de soutien budgétaire, 180 millions USD d’aide humanitaire). En 2020, l’évolution des comptes publics dépendra une nouvelle fois des relations avec Israël, car les dons internationaux destinés au budget de l’AP devraient encore se réduire. En cas de nouvelles tensions et de blocage des transferts, le déficit et la dette publique se creuseraient fortement.

La balance des biens et services affiche un déficit substantiel chronique (40 % du PIB en 2018), qui se confirmera en 2020. A contrario, la balance des revenus est excédentaire grâce aux salaires des transfrontaliers (16 % du PIB) et aux remises (12 % du PIB) de l’importante diaspora (7 millions à travers le monde). Toutefois, ceux-ci devraient être moins dynamiques, en lien avec la conjoncture mondiale, si bien que le déficit courant se creuserait à nouveau. Ce déficit courant sera une nouvelle fois largement financé par des dons gouvernementaux et privés, bien que leur montant puisse varier fortement selon les années (11,6 % du PIB en 2018, contre 5 % en 2017).

 

Regain de tensions à Gaza et annonce de nouvelles élections

Mahmoud Abbas, président de l’AP et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), contrôle la Cisjordanie depuis l’élection présidentielle de 2005. En parallèle, le Hamas d’Ismail Haniyeh contrôle la bande de Gaza depuis les élections législatives de 2006, qui avaient débouché sur des affrontements meurtriers avec le Fatah, principale composante de l’OLP. Si la situation est restée ainsi figée depuis, M. Abbas a annoncé, en septembre 2019, la tenue d’élections générales en Palestine. Bien que la date du scrutin n’ait pas encore été fixée, le Fatah a déjà annoncé que M. Abbas serait son candidat, et le Hamas s’est dit prêt à participer à ces élections, qui pourraient générer des tensions, à l’image du précédent de 2006. Sur le plan externe, le conflit israélo-palestinien a connu un regain de tensions fin 2019, suite à l’assassinat par Israël d’un commandant de l’organisation Jihad islamique à Gaza. Ce nouvel épisode illustre la fragilité des avancées dans les négociations menées au cours des mois précédents. Le plan américain pour une résolution du conflit semble voué à l’échec tant les relations sont difficiles avec l’administration de Donald Trump. La persistance du conflit a de graves conséquences sur le plan humanitaire, particulièrement dans la bande. Selon la Banque Mondiale, 24 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté de 5,5 USD par jour en 2017 (46 % à Gaza et 9 % en Cisjordanie).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page