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Palestine (Territoires)

Palestine (Territoires)

Population 4,7 millions
PIB par habitant - US$
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Synthèse

Principaux indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,2 0,9 -12,0 8,2
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,2 1,6 -1,2 0,3
Solde public / PIB (%) 0,5 0,3 -6,3 -2,8
Solde courant / PIB (%) -13,1 -10,7 -11,1 -13,7
Dette publique / PIB (%) 33,1 34,6 44,2 42,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Statut d’État observateur à l’ONU depuis fin 2012
  • Population très jeune
  • Transferts importants de la diaspora

POINTS FAIBLES

  • Absence d’unité géographique, politique et économique
  • Taux de chômage très élevé, particulièrement à Gaza
  • Restrictions de circulation en Cisjordanie imposées par Israël, et blocus de la bande de Gaza par l’Égypte et Israël
  • Enlisement du processus de paix avec Israël
  • Absence de politique monétaire faute de monnaie propre
  • Recettes budgétaires dépendantes de l’aide internationale et des relations avec Israël
  • Dynamisme économique disparate entre la bande de Gaza et la Cisjordanie

Appréciation des risques

Une reprise et des incertitudes

Après une croissance morose en 2019, l’économie s’est fortement contractée en 2020. Les autorités ont décrété l’état d’urgence en mars 2020 pour 30 jours, prolongé en fonction de l’évolution de la pandémie. Les espaces publics (écoles, lieux culturels et religieux), ainsi que les magasins non essentiels ont été fermés, idem pour les frontières, limitant les interactions avec Israël. Cependant, des mesures ont permis à l’activité économique et commerciale de reprendre progressivement (ouverture des magasins à heures fixes, capacité limitée dans les bars et restaurants). Les entreprises produisant moins, le taux de chômage a augmenté, alors qu’il était déjà élevé (25% de la population en 2019), particulièrement chez les jeunes (42%), impactant la consommation (90% du PIB). Les prix ont diminué (-2% juin 2020 en glissement annuel) en raison de la baisse de la demande et de l’effet déflationniste de l’appréciation du shekel sur les prix des biens importés. La contraction de l’économie s’explique aussi par la baisse de la consommation et des investissements publics en raison de la crise budgétaire à laquelle les autorités palestiniennes font face suite au manque de liquidités, notamment depuis qu’Israël a cessé de verser les revenus douaniers issus des exportations palestiniennes en mai 2020. Le groupe de la Banque islamique de développement (BIsD) a fourni en juillet 2020 à la Palestine USD 35,7 millions pour les interventions d'urgence COVID-19 et mène plusieurs initiatives importantes visant à la création d'emplois et à l'autonomisation économique des Palestiniens. En 2021, la réouverture des frontières et la fin des mesures de confinement permettront à l’économie de se redresser. La reprise dépendra également de la capacité des autorités à obtenir un accord avec Israël concernant les droits de douane.

 

Comptes public et courant dégradés par le conflit avec Israël et la crise

Les marges de manœuvre budgétaires de l’Autorité Palestinienne (AP) restent très limitées. Du côté des dépenses, les salaires des fonctionnaires représentaient toujours 49 % des dépenses courantes en 2019. Les fonds publics étant essentiellement destinés aux dépenses courantes (95 % des dépenses totales), l’investissement public reste très faible, qui plus est dans un contexte de diminution des recettes. En effet, les frais de douane collectés par Israël au nom de l’AP, avant de lui être transférés, constituent la principale source de revenu. Or, en mai 2020, lorsque l’AP a cessé de collaborer avec Israël pour contester l’annonce d’une possible annexion de territoires palestiniens, Israël a décidé de cesser de transférer ces frais de douane. Dans ces conditions, le plan de relance pour lutter contre le covid-19 n’a représenté que 0,8% du PIB. Le plan se concentre sur le maintien des salaires et des transferts, tout en réduisant les dépenses opérationnelles et de développement. Dans le budget annoncé en avril 2020, les dépenses mensuelles récurrentes ont été réduites à USD 314 millions (2% du PIB) pendant la période de la crise. L'annonce d'une reprise de la coopération sécuritaire avec Israël en novembre 2020 sous-entend une amélioration des relations avec ce dernier en 2021, qui permettrait une amélioration des comptes publics, qui bénéficiera également d'une hausse des dons internationaux.

La balance des biens et services affiche un déficit substantiel chronique (40 % du PIB), inchangé avec la fermeture des frontières avec Israël qui impacte négativement les échanges. A contrario, la balance des revenus est habituellement excédentaire grâce aux salaires des transfrontaliers (16 % du PIB) et aux remises (12 % du PIB) de l’importante diaspora (7 millions à travers le monde). Toutefois, en raison de la conjoncture mondiale et des restrictions de déplacement, de nombreux membres de la diaspora ont perdu leurs emplois, notamment en Israël, entraînant une perte de revenu, diminuant le montant des transferts, si bien que le déficit courant se creuserait à nouveau.

 

De nouvelles élections dans un climat tendu

Mahmoud Abbas, président de l’AP et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), contrôle la Cisjordanie depuis l’élection présidentielle de 2005. En parallèle, le Hamas d’Ismail Haniyeh contrôle la bande de Gaza depuis les élections législatives de 2006, qui avaient débouché sur des affrontements meurtriers avec le Fatah, principale composante de l’OLP. Si la situation est restée ainsi figée depuis, après leur annonce par M. Abbas en septembre 2019; le Fatah et le Hamas se sont entendus sur la tenue d’élections générales d’ici mars 2021. Dans un premier temps, des élections législatives auront lieu, puis celle du président de l’AP et enfin celle du Conseil de l’OLP. Ceci s’inscrit dans une volonté d’union entre les deux mouvements pour contrer la normalisation des relations entre Israël et les pays du Golfe, que la Palestine perçoit comme une trahison de ces derniers. Sur le plan externe, le conflit israélo-palestinien a connu un regain de tension fin 2019, suite à l’assassinat par Israël d’un commandant de l’organisation Jihad islamique à Gaza. Le Plan de paix américain de janvier 2020 pour le conflit israélo-palestinien qui prévoit l'annexion par Israël des colonies au prix d'un investissement de USD 50 milliards pour le développement de la Palestine a été rejeté par la partie palestinienne. La persistance du conflit a de graves conséquences sur le plan humanitaire, particulièrement à Gaza. Selon la Banque Mondiale, 64% et 30% de la population vivrait sous le seuil de pauvreté de 5,5 USD par jour dans la bande de Gaza et en Cisjordanie à l’issue de la crise du COVID-19.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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