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Sao Tomé-et-Principe

Sao Tomé-et-Principe

Population 0,2 million
PIB par habitant 1 847 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,2 3,9 4,9 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,4 5,7 7,2 6,0
Solde public / PIB (%) * -4,2 -2,6 0,4 -3,5
Solde courant / PIB (%) ** -6,5 -8,2 -7,0 -10,3
Dette publique / PIB (%) 93,1 88,4 76,9 73,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons compris. ** Coopération internationale courante comprise.

POINTS FORTS

  • Perspectives de développement du secteur touristique
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Liens développés avec le Portugal et les pays lusophones (Angola, Brésil)
  • Arrimage du dobra à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance envers l’aide publique internationale
  • Économie encore dominée par l’agriculture et la pêche
  • Environnement des affaires défaillant
  • Coûts d’exportation élevés en raison de son éloignement et de son insularité
  • Secteur bancaire peu développé et fragile

Appréciation du risque

Une croissance dépendante des financements extérieurs

Contrainte en 2017 et 2018 par le ralentissement de la construction, résultant de la baisse des financements extérieurs, et le niveau élevé de prêts non performants, qui ont pesé sur la croissance du crédit, l’activité dans l’archipel devrait accélérer en 2019. Le lancement de nouveaux projets, grâce aux financements extérieurs, notamment chinois, devrait renforcer le secteur de la construction. L’élaboration et la remise en état des infrastructures routières, ainsi que la restauration du réseau électrique devraient notamment être poursuivies, tandis que les travaux d’agrandissement de l’aéroport international devraient être lancés en 2019. Ces projets d’infrastructures visent notamment à appuyer le développement d’un secteur touristique qui devrait poursuivre son expansion. Il pourrait bénéficier, dès 2019, de la stratégie de développement et de promotion du tourisme, adoptée au début de l’année 2018. Le secteur devrait néanmoins toujours souffrir de la faiblesse du secteur bancaire local, qui devrait encore contraindre la croissance du crédit. Plus globalement, ce facteur devrait continuer à peser sur l’ensemble des services. L’agriculture et, dans une moindre mesure, la pêche contribueront à la croissance. Alors que les filières cacao au Ghana et en Côte d’Ivoire (qui représentent près de 60 % de la production mondiale) devraient encore connaître des difficultés, les exportations de cacao santoméen, réputé pour sa qualité, pourraient en bénéficier. Si la bonne tenue des secteurs de l’agriculture et du tourisme devrait porter la consommation des ménages, l’introduction de la TVA, prévue pour 2019, et l’inflation élevée affecteront celle-ci.

 

Consolidation budgétaire pour réduire le fardeau de la dette

En 2019, le déficit budgétaire global devrait se creuser, essentiellement en lien avec l’évolution des dépenses d’investissement en capital, financées par des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. En revanche, le déficit primaire domestique (qui exclut notamment les dons, aides et dépenses associées) devrait continuer à se réduire, grâce aux efforts pour limiter l’évolution des dépenses courantes, notamment la masse salariale de l’État. La mise en place de la TVA, prévue pour 2019, devrait permettre de lever plus de ressources domestiques, qui restent faibles et continuent de contraindre la politique budgétaire santoméenne, soumise à la volatilité des financements extérieurs. Les efforts de collecte des arriérés d’impôts des grands contribuables pourraient également se traduire par une hausse des recettes. En dépit des efforts réalisés pour inverser la trajectoire de la dette, le risque lié à sa soutenabilité reste très élevé. Malgré les négociations de restructuration, le pays reste en situation d’arriérés auprès de certains créanciers bilatéraux (Brésil, Angola, Guinée équatoriale). De plus, les arriérés domestiques, principalement auprès de sociétés publiques en difficulté, pèsent également sur la dette.

L’insularité et l’isolement géographique continueront d’alimenter le déficit commercial, et, par conséquent, le déficit courant de l’archipel. En 2019, les importations de biens d’équipement nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructures et à l’exploration pétrolière devraient continuer de creuser le déficit commercial, malgré la probable hausse des exportations de biens, essentiellement de cacao, et de services, liés aux recettes touristiques. La coopération internationale courante et les fonds d’expatriés alimenteront l’excédent de la balance des transferts, tandis que la contribution de la balance des revenus au solde courant restera anecdotique. Le financement du déficit continuera de dépendre essentiellement des dons extérieurs, mais aussi des IDE (essentiellement liés à la prospection pétrolière) et des prêts concessionnels. La vulnérabilité du pays à la volatilité des dons extérieurs expose les réserves de change (encore supérieures à quatre mois d’importations) dont dépend la pérennité de l’ancrage du dobra face à l’euro.

 

Les législatives accouchent d’une nouvelle donne politique

Lors des élections législatives d’octobre 2018, l’Action démocratique indépendante (ADI), malgré sa victoire, a perdu la majorité absolue (25 sièges sur 55). Suite aux élections, le Mouvement de libération de Sao-Tomé-Et-Principe – Parti social-démocrate (MLSTP-PSD), qui a obtenu 23 sièges, s’est coalisé avec de petits partis (PCD-UDD-MDFM) ayant obtenu cinq sièges, afin d’obtenir une majorité absolue qui a permis de former un gouvernement. À sa tête, Jorge Bom Jesus succède au poste de Premier ministre à Patrice Trovoada, imposant ainsi une cohabitation au président Evaristo Carvalho, élu en 2016 et issu de l’ADI, qui pourrait ralentir l’élaboration des politiques. La stabilité de cette coalition sur l’intégralité de la législature demeurera en question.

Le déficit d’infrastructures dans l’archipel et la faiblesse de l’environnement juridique et réglementaire contraignent l’environnement opérationnel (170e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2019).

Sur le plan extérieur, la coopération restera cruciale pour l’archipel. Les relations avec les pays lusophones (Portugal, Angola, Brésil) restent notamment très importantes. Depuis la reconnaissance d’une Chine unique au détriment de Taïwan en 2016, les relations avec la Chine se renforcent. La coopération avec le Nigeria pourrait également s’intensifier, dans le cadre de la prospection pétrolière au large des côtes des deux pays sur la zone de développement commune.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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